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GOSCINNY ET LE CINÉMA




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 (c) Ecran Noir 96 - 17


Octobre 2005

OPENING NIGHT
La Barrault ivre

Difficile de reprendre un personnage incarné par Gena Rowlands, dans un film culte de Cassavetes, qui a tant inspiré Almodovar (Tout sur ma mère). Gageure même. Ratage total à l'arrivée. Marie-Christine Barrault ne parvient jamais à nous faire croire à son personnage de star déchue en mal d'ivresse. La pièce dure une heure mais ne fonctionne jamais. En se concentrant sur l'heure précédant l'entrée en scène, avec uniquement deux personnages, il aurait fallut des dialogues ciselés, une mise en scène punchy, une dramaturgie tendue. Au lieu de cela c'est mou, plat, flottant. Une scénographie rebutante n'ajoute rien à l'entreprise de séduction; le jeu grossier, vaguement provocateur, rend la mégère apprivoisée au lieu de la déchaîner; un second rôle, cliché jusqu'au bout du fan pédé et soumis à sa star, qui n'a rien dire de pertinent, de percutant.
On assiste donc à cette chute sans chute, cette fausse ascension maintes fois vues, ce Sunset Boulevard sans panache - car sans crime - avec un brin de compassion et un zest d'agacement. La pitié nous gagne de voir un texte a priori mal traduit, si mal emballé, si peu emballant. Il faudra attendre le rideau et les "bravos" de cette Générale pour que Barrault nous émeuve enfin. Une actrice face à son public, c'était le final qui manquait peut-être, rencontre attendue mais à chaque soir improvisée. Après s'être tant maltraitrée (déshabillée, vulgarisée), la vedette moins que sexy, redevient belle, à récolter les applaudissements de circonstances. Sans mots et sans décor, au moins ce spectacle d'ovations est vivant.
- vincy