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Mai 2006

DE L'HOLOCAUSTE À HOLLYWOOD, LE TRIOMPHE DE LA VIE
Du ghetto au gotha!

Autobiographie de Gene Gutowski
« De l’Holocauste à Hollywood » ou « Le Triomphe de la Vie »
Eds. Noir sur Blanc, 2006. 297pages


Gene (en fait Eugène) Gutowski, né en 1925, est une sorte de miraculé. Mais un tel statut ne peut être attribué qu’à un homme un peu exceptionnel, voire surdoué. Car ce qui l’a sauvé fut de savoir parler, dès 12 ans, 4 langues : polonais, allemand, russe et anglais. En outre, il fut attiré (tout petit, précise-t-il) par les femmes, et toute sa vie il les « collectionna » (selon le récit on pourrait croire qu’il était parfois atteint de priapisme).
Le livre comporte deux parties. La première s’étend jusqu’en 1946 environ. D’un point de vue historique elle est très intéressante. D’abord parce que l’auteur rappelle les faits d’armes contre les Polonais non seulement par les Allemands et les Russes mais surtout par les Ukrainiens et les Ruthènes. Car tous ces braves gens faisaient preuve non seulement d’antisémitisme, mais aussi de racisme envers les Polonais. La famille de Gutowski, d’origine juive, presque mécréante, avec des aïeux ayant servi l’armée autrichienne ne fut pas épargnée. Les tribulations de l’auteur de Varsovie à Vienne, sont souvent proches d’un équilibriste sur un fil au-dessus d’un gouffre. Mais, elles furent toujours émaillées d’aventures amoureuses. Sachant l’anglais, Gutowski fut enrôlé en 1945 au « Counter Intelligence Corps » en tant qu’espion pour débusquer les SS, SA et autres charmants individus. (Ce « CIC » était aussi nommé « Gestapo américaine »). Les quelques événements décrits sont rarement relatés dans l’histoire : fallait-il cacher ces investigations ? Cependant, et l’auteur l’écrit sans complexes, ses goûts pour la bonne vie : femmes, voitures, bons repas, vins et champagne, furent une des constantes de sa vie.
La seconde partie montre comment dans les années 50-60 il devint une personnalité londonienne et producteur de films. Gutowski eut donc des problèmes avec les Sociétés de cinéma, surtout pour la diffusion des films. Si il fut floué par certains, il sut habilement obtenir l’amitié et l’amour d’hommes et de femmes fort intéressants. En-dehors du milliardaire Kashoggi, ce fut surtout sont attachement à Polanski : l’un des plus grands événements de sa « seconde » vie (Le Bal des Vampires). Leur triomphe fut Le Pianiste en 1999. Le dernier chapitre relate les conditions du tournage, et l’écriture redevient celle de la première partie (nostalgie, quand tu nous tiens).
Le monde de Gutowski était celui des femmes auxquelles il fut marié, de ses aventures amoureuses, de ses trois fils, et de ses relations. (Ce qui est frappant, c’est le nombre de Polonais évoluant dans ce milieu).
Tout au long de ce livre, le lecteur découvrira la grande Histoire et les petites histoires des cinémas anglais et américains. Seize photos illustrent les étapes de la vie de l’auteur qui a pu voir une grande partie du monde et côtoyer les plus grandes vedettes.
L’écriture est assez facile. Il faut seulement regretter les répétitions (jusqu’à 3 fois le même paragraphe) trop nombreuses.
- Harry Stote    


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