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 (c) Ecran Noir 96 - 17


Juillet 2006

AGNES VARDA L'ÎLE EN ELLE
LE BARDA DE VARDA

Exposition du 18 juin au 1er octobre 2006
Fondation Cartier pour l'art contemporain (Paris 14e)
Catalogue édité par Actes Sud

La fondation Cartier a cédé aux sirènes du cinéma. Désormais tout lieu culturel, institutionnel et incontournable se doit d'exposer le 7ème Art d'une manière ou d'une autre. Le cinéma entre au musée par toutes les fenêtres.
En choisissant Sainte-Agnès, documentariste intégriste du réalisme (on lui doit la deuxième Palme d'or des frères Dardenne), le choix pouvait s'avérer intriguant, judicieux, humaniste. En une demi heure, le tour est fait. Décevant. Prétentieux. Misérabiliste.
Si elle ne s'appelait pas Varda, qui aurait exposer ça? Une maison en pellicules de films au coeur d'un espace vide, c'est un peu léger et affreusement insipide. Au rez-de-chaussée, sinon, il y a une sorte de fresque murale ludique atrocement laide.
Il faudra donc descendre au sous sol pour découvrir les "ptites" gens de Noirmoutier. La (seule) bonne idée de cette exposition / expérimentation tient dans ce pont à traverser. Le passage ne peut se faire qu'à marée basse. Une barrière vous empêche d'y accéder à marée haute. un film, en accéléré, nous fait passer du flux au reflux de l'océan. Alors nous pouvons traverser la toile... belle métaphore.
Hélas, derrière, plus rien. Sorte de néant visuel et d'insignifiance thématique. Un tas de sable (tombe d'un chat) ou des portraits d'habitants : la proposition artistique est digne d'un beau livre vendu en souvenirs sur les bords de plage.
La frustration est d'autant plus grande que la Fondation Cartier nous avait presque habitué à un sans fautes depuis quelques années. Immense désillusion aussi car Varda démontre comment son talent s'est asséché, à quel point son regard s'est émoussé. Cette fumisterie ne peut que nous interpeller sur ce qu'elle révèle : la génération de la nouvelle vague a fait son temps. Il n'en reste que l'écume.

- V.    


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