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Octobre 2006

DOISNEAU, PARIS EN LIBERTE
Reflets dans un oeil d'or

Exposition Paris en liberté, Doisneau
19 octobre / 17 février 2007
Hôtel de Ville de Paris, salle Saint-Jean, gratuit
Catalgue édité chez Flammarion

Le Paris de Doisneau est en noir et blanc. Cela confère une forme de nostalgie, mais aussi de respect. Le cliché devient art. La promenade se fait en murmures de recueillements. Une heure en s'arrêtant à chaque cliché. Moyen métrage bien mis en scène. Le beau livre de Flammarion compensera presque la frustration d'avoir trouvé le temps court.
Que retient-on de ces impressions photographiques? L'instinct furtif d'un artiste. Les instants volés à des passants, des situations. De vraies gueules de Tontons flingueurs et autres films de Carné. Des scènes de 7ème Art, comme ces visages et ces moues devant un tableau. Un cul qu'on voit en peinture, qui suscite des réactions différentes.
La destruction des Halles, les embouteillages de la rue de Rivoli (bien pires qu'aujourd'hui), les affreuses tours de Beaugrenelle, Paris mue sous ses yeux. Le baiser de l'Hôtel de Ville parait presque anecdotique... La vie est rugueuse, Les 400 coups de Truffaut semblent à deux pas. Même les pûtes avaient de la classe.
Reporter et témoin, humain et citadin, le regard de Doisneau mélange un zeste de dérision amusée et une volonté didactique de ne pas manquer la seconde essentielle. Il sait trouver le sens d'une image, cherche toujours à donner du sens à son image. Mais il s'adapte surtout. "Je n'ai pas le droit au palmier je vais m'arranger avec le platane."
Cela le changera des cactus autour de Cendrars.
L'expo n'oublie pas qu'il était photographe "people". Faut bien plaire au peuple. Bonnaire, Azéma, Bunuel, Gréco, Duras, Queneau, Gaulthier, YSL, ... et surtout Binoche courant vers le Pont Neuf, sans amant. Et Welles, hilare, dans un bistro. Classe.
Ces flâneries immobiles parisiennes nous transportent dans un décor de cinéma. Certains regretterons ce temps fantasmé. D'autres prendront leur numérique et s'essaieront à regarder les autres, autrement.

- aristo-fan    


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