LE VOYAGE DE G. MASTORNA

HARRY POTTER - L'EXPOSITION

PASOLINI ROMA

CARO/JEUNET

LES PIXELS DE PAUL CEZANNE

GOSCINNY ET LE CINÉMA




  A-C  D-K  L-O  P-Z







 (c) Ecran Noir 96 - 17


Juin 2007

Persépolis, tomes 1 à 4
In this world : le tableau et noir (et blanc)

Persépolis, de Marjane Satrapi,
Tome 1 publié en 200, tome 4 en 2004, intégrale parue le 19 mai 2007
Editeur L'Association, Collection Ciboulette

Il est frappant de remarquer en lisant les quatre tomes à la suite, sans discontinuer, que l’adaptation cinématographique détonne. La musique, les voix, le mouvement, la narration légèrement différente, font du film une histoire de cinéma.
Lorsque nous sommes entraînés dans les quatre tomes, eux-mêmes subdivisés en chapitres aux titres incongrus (mais cohérents), le burlesque musical, le charme vocal, et même la finalité de l’histoire disparaissent. Par conséquent, cette BD littéraire semble plus noire, teintée de tristesse, assombrie par une réalité où l’écrit ne peut rien faire pour nous en évader. Là où le cinéma sait nous divertir.
Pourtant l’esprit frondeur, le charme insidieux, ce mélange inhabituel entre conte et histoire, atrocités réelles et désirs d’évasion persiste et signe dans les deux œuvres. Il y a du Amélie Nothomb pour cette vue intérieur de l’enfance (cruelle) et de l’adolescence (ingrate). Mais, de par son regard persan, et perçant, sur le monde qui l’entoure, qui l’imprègne, qui la construit, cet Iran où le Chah n’est jamais vraiment mort, où les intégristes ont du mal à intégrer les non intégristes. Les dessins sont souvent allégoriques ou simplistes. Pourtant l’émotion nous happe lorsque des flammes et des âmes se fondent en une seule page de purgatoire. Ironique, impertinent, souvenirs et songes fluctuent au gré des personnages croisés. Si la famille est le socle inaliénable, les autres passent pour transmettre, témoigner, avant, souvent, de se faire torturer ou tuer. Cauchemar émerveillé ou rêve angoissant, Persépolis, sur papier, est une ode à l’initiation de soi, l’adhésion au moi, l’acceptation d’un destin forcément contrarié par les autres. Cet enfer.

- aristo-fan    


la boutique Persépolis  - le film Persépolis