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 (c) Ecran Noir 96 - 17


Octobre 2007

STEICHEN, UNE EPOPEE PHOTOGRAPHIQUE
Camera Works

Exposition photographique Steichen, une épopée photographique
Du 9 octobre au 30 décembre 2007
Musée du jeu de paume (Paris)

Le photographe Edward Steichen (1879-1973) aura été insatiable. Résidant en alternance entre l’Europe et les Etats-Unis, en perpétuel apprentissage, prêt à prendre le temps de créer des fleurs, ou boulimique de commandes pour payer la pension alimentaire de sa femme, l’artiste touchera à tous les genres, transgressant toutes les frontières : de l’art au pictorialisme, du portrait à la photo aérienne militaire, de la publicité aux natures mortes, des peintres et sculpteurs de l’impressionnisme aux vedettes du cinéma. Photographe en chef de Vogue et Vanity Fair, conservateur du département photo du MoMA, il était à la fois novateur, avant-gardiste même, et populaire. Il savait utiliser les bons supports pour propager son talent, mais aussi pour transmettre l’idée qu’une photo avait toujours un rôle à jouer dans la société. L’art pour l’art n’avait pas d’intérêt. Et le temps passant, les événements « aidant », il évoluera, souvent avec flair, au gré des avancées de la société, devançant ainsi les besoins stratégiques des armées ou encore le consumérisme naissant. Sans oublier la mode, où il fonda les bases des premières poses sur papier glacé.

Le parcours est riche et prend deux heures à suivre, de ses premiers essais à sa maturité. Un arisant perfectionniste où le bon goût se confondait avec les nouvelles technologies, permettant de repousser plus loin les limites du simple portrait ou de l’objet figé. Dans toutes ces œuvres, il y a l’ombre qui se dispute avec la lumière, la tristesse du temps arrêté, mais aussi le mouvement d’une posture qui nous semble à la fois naturelle et suspendue. Ainsi Isadora Duncan statufiée au Parthénon ou Teresa Duncan enflammée par le vent. De Rodin à Colette, de H.G. Welles à F.D.Roosevelt, il fut celui qui mit en boîte les plus grands.

Il s’intéressa évidemment au cinéma. Et l’on peut ainsi admirer des clichés plus que célèbres de Katharine Hepburn, Ginger Rogers, Fred Astaire, Charlie Chaplin, Anna May Wong, Maurice Chevalier, Irving Thalberg, Joan Crawford, Marlène Dietrich, Ernst Lubitsch, ... et surtout Greta Garbo. Pleine face, cheveux tirés, tête emprisonnée dans ses mains, prête à nous parler. Cliché repris, parodié, copié. Pourtant, la plus belle image de la Garbo est placée sur un autre mur de l’exposition. La coiffure est presque désordonnée, au saut du lit, la bouche ironique, le regard scrutant ailleurs, pas dupe. On devine chez la Divine une insolence, un naturel, une pose qui lui a été volée. Une femme de comédie romantique, défiant son chevalier, parée à lui succomber au moindre acte audacieux. C’est ce que Steichen sait capter : des sentiments, un caractère, souvent trempé. Il glorifie l’architecture avec des jeux de lumière subtils et insidieux. Il mythifie les stars avec un art de la mise en scène, souvent oblique ou de profil, où la prestance de chacun se révèle à l’état brut et sans fioritures. Ce qui n’empêche pas d’avoir de la classe, éternellement.

- aristo-fan    


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