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Octobre 2007

AMOUREUX (ATELIER CINEMA)
Gentlemen & Demoiselles

Amoureux (collection ateleier cinéma)
de Charlotte Garson, édition Actes Sud Junior, La cinémathèque française
paru le 2 octobre 2007, dès 15 ans
88 pages

Sur la couverture, Françoise Dorléac et Gene Kelly dans Les demoiselles de Rochefort. Atout charme et lumineux, pas de deux, entrelacés, où la légèreté des mouvements, figés en un cliché, s’arrime au baiser suspendu. Charlotte Garson, consoeur des Cahiers du cinéma, est l’auteure d’un sixième volume de la collection Atelier cinéma (co-édition d’Actes Sud Junior et de La Cinémathèque française) dont nous vous annoncions la création l’an dernier. Amoureux, « enfin les 15-18 ans ont le droit à l’amour », tandis que les moins de 12 ans découvre le zizi sexuel avec Titeuf à la Cité des Sciences et de l’Industrie. 6 chapitres et un Arrêt sur séquence (Bonnie and Clyde) pour passer de la naissance de l’amour à l’extase d’un baiser. Ou comment le cinéma nous fait vivre par procuration des sentiments amoureux, et nous donne envie de l’être. De nombreuses photos illustrent un texte fourmillant d’exemples filmographiques. Le coup de foudre entre Leigh et Gable dans Autant en emporte le vent à la fascination de Di Caprio pour Winslet dans Titanic démontrent qu’il y a toujours une distance, un regard toisé par le haut ou une apparition divine. Chaque arrivée est détaillée, chaque instant est analysé. La caméra qui se concentre sur les lèvres d’une jeune fille ou la mise en scène de l’entrée d’une femme fatale. Le champ devient le terrain du je. Le livre passe ainsi allègrement de L’esquive à Stromboli, du comique au mélo, des Petites amoureuses d’Eustache à Tigre et Dragon de Lee. La comédie musicale n’est pas oubliée.
Mais l’amour cinématographique n’est pas que séduction, préliminaires ou approche. Il faut voir les héros et les héroïnes dans les bras de l’autre. Il faut sentir ces lèvres qui se collent, ces corps qui s’étreignent. The Kiss, de William Heise, est le premier film (47 secondes) où le baiser devient une scène(1896). On se souvient aujourd’hui de ceux imaginés par Hitchcock (Les enchaînés avec le blanc de poulet entre Bergman et Grant, La main au collet avec le feu d’artifice entre Kelly et Grant). La durée du baiser entre Ingrid Bergman et Cary Grant avec le poulet froid qui s’intercale est expliquée minutieusement. Il fallait un artifice pour contourner la durée autorisée : 3 secondes.
L’amour ne finit pas forcément bien en général, parfois il s’offre une seconde chance. Pourtant « ce que traque l’art des motion pictures, des images en mouvement, c’est moins un happy end qu’une naissance : dans le regard de son partenaire, puis dans l’étreinte qui le chavire, l’amoureux se découvre autre. » Une invitation à embrasser. Dans le noir des salles de cinéma…

- vincy    


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