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 (c) Ecran Noir 96 - 17


Novembre 2007

L'AUTRE
SI TU M'AIMAIS...

L'Autre, de Florian Zeller
mise en scène Florian Zeller
avec Sara Forestier, Stanislas Mehrar, Aurélien Wii
Studio des Champs Elysées (Théâtre des Champs Elysées, Paris 8e)
Du mardi au samedi à 21h , Matinée le dimanche à 16h30
à partir du 2 octobre
Réservation par tél. : 01 53 23 99 19

L'autre c'est à la fois celui qui devient son alter ego mais aussi celui qui peut déséquilibrer un couple. L'autre est toujours étranger, grain de sable, fantôme menaçant l'harmonie espérée. Florian Zeller s'interroge sur cette utopie du couple, ce bonheur perpétuellement contrarié par les désirs moteurs et les jalousies freinantes, les amours cavaleurs et la possession prison. Clairement il ne croit pas aux sentiments - ils sont absents. Ses interrogations, existentielles ou sensorielles, ne dépassent pas le niveau d'une sitcom. Le même vide intellectuel absolu, la même inculture, cette fausse candeur qui conduit ces jeunes gens à ne croire en rien, à ne plus s'ancrer dans des valeurs permettant un épanouissement au delà de la jeunesse. Désespérant, L'autre finit d'ailleurs mal. En toute logique. ce portrait d'une jeunesse à la Dorian Gray trahit son auteur, qui se voudrait Wilde et qui se révèle Rastignac.

Si la mise en scène n'a rien d'extraordinaire, elle profite de quelques tableaux où le texte et les comédiens envahissent l'espace. Comme cette partie de ping-pong verbale entre non dits et faux mensonges ... Parfois brillant, toujours sobre, L'autre essaie de ne pas se perdre dans son dédale relationnel où le temps s'entremêle les époques. Il doit beaucoup à ses deux hommes. Aurélien Wiik installe doucement et progressivement une puissance chaleureuse. Il a pris du poids, sa voix s'est enrouée. Il a oublié sa belle gueule tout en connaissant les vertus de son charme. Au fur et à mesure de la pièce, il impose ses personnages pour n'en faire qu'un seul : le diable tentateur, celui qui incite à tuer l'amour, ou à humer la mort. <^p> Mais L'autre ne bouleverserait pas, au final, sans le magnétisme et le charisme de Stanislas Merhar. Animal fragile, vulnérable, homme sur le fil, près du précipice de la folie, il incarne magnifiquement l'homme blessé, celui qui voudrait se protéger de tout et ne parvient même à se sauver lui-même. Son jeu subtil parvient à illuminer et briser le décor obscur et glacial. Sa rage, sa souffrance sont perceptibles. Ses yeux embués, ses mains tremblantes, cette fièvre qui l'habite écrasent chaque scène un peu plus. Si bien que Sara Forestier a du mal à résister entre ces deux mâles. Pimpante dans les répliques de vaudeville, elle est moins crédible dans le genre dramatique. Sa blondeur la rend un peu cruche, sa jeunesse l'empêche d'exister pleinement dans cette histoire où l'on aurait davantage vu une jeune trentenaires, avec quelques rides, un peu de bouteille. Son personnage marche très bien pour les débuts d'une relation, cette adolescence prolongée, cet âge de tous les possibles avant les choix impossibles. Mais dès qu'il s'agit de maturité, Forestier, sans rien pouvoir y faire, démontre qu'elle n'est pas encore assez vieille pour jouer une relation adultère due à la lassitude du couple plus qu'à la fougue d'une aventure sans enjeu. Jolie créature, elle a encore le temps pour se muer en femme fatale...

- aristo-fan    


La comédie des Champs-Elysées  - Fiche du spectacle  - Florian Zeller sur Ecran Noir