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Mai 2008

HOLLYWOOD, CINEMA ET IDEOLOGIE

« Hollywood cinéma et idéologie »
de Régis Dubois
Eds. Sulliver, 2008, éditions@sulliver.com

Le cinéma « made in Hollywood » est-il politiquement et socialement neutre? Ou bien, est-il « subtilement » manipulateur? Les « belles histoires » sont-elles le camouflage d’idées et de stéréotypes impérialistes? Ces questions empruntées à Peter Watkins (Média crisis, ed. Homnisphère, 2007) forment l’ossature de ce livre.
Régis Dubois ajoute cependant un élément qui apparaît plus sous-jacent, mais essentiel. La visualisation de « l’Autre »dans les belles histoires finissant en « happy end ». Cet «Autre» est celui qui va tenter de ravir le « Jardin d’Eden » tel qu’il fut conçu par les immigrants du « Mayflower ». Il reflète la lutte entre le WASP (White Anglo-Saxon Protestant) qui incarne le Bien, et le Mal qui ne peut être que laid, dépravé, méchant, sans foi ni loi… Cette idéologie, selon l’auteur, est restée ancrée dans la mémoire étasunienne: il faut restaurer la Loi et l’Ordre du Père. Alors, cet « Autre » est caractérisé par les Noirs, les Peaux-Rouges, les Latinos, les Viets, les communistes (mis aussi sous forme de Martiens), les homosexuels, et depuis 2001 par les islamistes (le panel est vraiment très large!). Pour mettre en valeur cette idéologie (liée intimement à l’armée et à la finance) la censure fut rigoureuse. Ce fut abord le point de vue moral (code Hays) puis le politique (maccarthysme), la classification des genres (« rating system ») et aujourd’hui la réussite commerciale.

Pour illustrer ses propos l’auteur analyse quelques séries de films marquants: Tarzan, Rocky, Rambo et les films sur la boxe. Ainsi,Tarzan et Rambo incarnent le retour à la nature (le rousseauisme en quelque sorte). Ils matérialisent le « mythe du paradis retrouvé » (l’Eden) et repoussent plus loin les limites séparant le monde civilisé et le monde sauvage. Rocky et les boxeurs valorisent la force du « Blanc » face à l’ «Autre » (Noir ou communiste). Rocky l’anti-héros devient héros par la magie du « self made man ». Nous sommes à l’époque reaganienne, c’est le début du cinéma néo-classique et conservateur. Auparavant, dans les années 70 l’ascendant des vedettes Afro-Américaines avaient été regardé sous l’angle des « violeurs, eunuques et étalons blacks ». Le thème étant repris à partir du film: Birth of a Nation de 1915, montrant la naissance du Ku-Klux-Klan. Les producteurs feront des Noirs des êtres asexués ou trop sexués.

L’analyse des films de guerre est faite en comparant Le jour le plus long et Il faut sauver le soldat Ryan. C’est-à-dire entre l’héroïsme et l’humanisme. Mais, les deux films n’étaient-ils que propagande militaire pour justifier la politique extérieure des Etats-Unis? Pour finir l’auteur dissèque le film 300 de Zack Snyder (2007). Il pose la question de base: « Etait-il juste un divertissement? ». Snyder retrace la bataille des Thermopyles ou 300 Spartiates et le roi Léonidas (mourant, ici, les bras en croix!) affrontèrent 100000(?) Perses du roi Xerxès. Les premiers sont blancs, beaux et « bodybuildés », les « Autres » sont affreux, sales, méchants et surtout très basanés. On y décèlerait le symbolisme de la nation propre (E. U.) faisant une sorte de guerre sainte contre l’«Axe du Mal » islamiste. Le lecteur se rapportera aux messages des Internautes et aux critiques des journalistes pour se faire une opinion.

En conclusion, on pourrait presque dire que depuis le « Mayflower » rien n’aurait changé dans la vision du monde étasunienne. Quand on se réfère aux films, aux séries TV et aux politiques quatre grands principes sont en vigueur: Dieu et la Bible, la finance, les armes et (quoique qu’ils en disent hypocritement) le sexe. Enfin, en ce qui concerne les conflits mondiaux, où les E. U. sont impliqués depuis environ 50 ans, et pour comprendre la conjoncture actuelle, votre serviteur vous invite à vous procurer le livre: « Orients-Occidents- 25 siècles de guerre » de Thierry Camous (PUF, 2007). L’auteur reprend les mêmes déclarations politiques que Dubois et montre le fossé entre l’Occident riche et conquérant et l’Orient encore majoritairement pauvre (sauf les maîtres tout-puissants asservissant les peuples sans éducation).

- Harry Stote    


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