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 (c) Ecran Noir 96 - 17


Juillet 2008

RICHARD AVEDON - PHOTOGRAPHIES 1946-2004
Factory & Family

Richard Avedon, photographies 1946-2004
Musée du Jeu de Paume, site Concorde
Publications : deux beaux livres
Projections :le film Funny Face avec Audrey Hepburn et Fred Astaire
documentaire Richard Avedon, Darkness and Light, de Helen Whitney
1er juillet / 28 septembre 2008

Le Jeu de Paume présente la première grand e rétrospective autour des photographies de Richard Avedon, de 1946 à 2004. Avec 250 clichés, il ne s’agit pas d’une intégrale puisqu’il y manque de nombreux clichés célèbres (Dietrich, Noureiev…). Mais assurément, l’exposition reflète fidèlement l’ensemble de son travail, de ses inspirations : de la mode, chic et futile, à la réalité, brute et actuelle. « Toutes les photos sont exactes, aucune d’elles n’est la vérité» confessait le photographe américain, séduisant et reconnu.

Ce traducteur d’émotion, qui osait le mouvement et ancrait les corps et les visages dans un noir et blanc presque sali et poisseux, nous renvoie l’image de « gueules », figées ou floues, farouches et sauvages, stars ou anonymes. Ils sont parfois joyeux, souvent mélancoliques, apitoyés sur leur sort, ou abattus par leur fatalité. Mais il ya toujours un feu intérieur, une énergie impalpable qui les rendent terriblement vivants, humains et même animaux. Les regards sont perçants. Il est fasciné par les yeux clairs, mais c’est souvent le contraste avec les mines bronzées ou charbonnées qui rendent n’importe quel iris lumineux.

Avedon a photographié tous les sexes, tous les âges. Dans la mode, il a « icônographié »la femme, la plaçant au centre de la lumière, faisant jouer aux hommes le rôle de figurants ou d’objets dérivés. Il y a une mise en scène, aucun hasard. Il cherchait juste à capter l’émotion, celle d’une rencontre entre le modèle et lui, son fantasme et sa pellicule. Une étincelle…

Toujours est-il que le bilan de tous ces gens, cols bleus et dirigeants, artistes et famille, laisse un goût étrange, où le bonheur ne semble pas exister tant que ça.
La photo la plus emblématique à cet égard est celle de Marilyn Monroe, le regard perdu et triste, sublime en robe de soirée, décolleté plongeant et pourtant ailleurs… Il happe ainsi Katherine Hepburn en oiseau grimaçant, Anna Magnani en sorcière souffrante, Buster Keaton tout sérieux remettant méticuleusement son cannotier, Audrey Hepburn dans une photo de groupe, coquine et surprise. Au printemps 1972, il s’intéresse aux vétérans. Dans l’ordre chronologique : Groucho Marx, sans chapeau ni cigare, un peu amer, ou résigné, puis John Ford et Jean Renoir. On croise aussi les fantômes de Ronald Reagan pas encore Président ou de Stravinsky dans un triptyque exemplaire. Les ploucs du Texas, les décideurs de 1976, ou les cicatrices d’Andy Wahrol nous font voyager dans l’histoire et l’intime. Jusqu’à cette grande fresque trash, rock, cuir où La factory de Warhol s’exhibe, entre éphèbes à poils (et sans tablettes de chocolats), trans et marginaux (Paul Morrissey, Joe Dallessandro, Candy Darling…). Quasiment en taille réelle, la photographie n’est pas sans rappeler la publicité de CK One.

Il avait ce talent de pouvoir oser. De laisser Chaplin s’amuser devant son appareil, à jouer les diablotins alors qu’il s’exile d’Amérique.

- aristo-fan    


Site de l'exposition