LOUIS DE FUNES

IL ÉTAIT UNE FOIS SERGIO LEONE




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 (c) Ecran Noir 96 - 20


Juillet 2008

HACKED BY SERKAN

 

Ceci expliquant cela, James Bond ne baise pas mais boit beaucoup. Après avoir bien tapé au tennis contre son ennemi du moment, il enchaîne une bière, du champagne, un whisky, tout cela par une chaude après midi… Le livre ne manque pas de détails sur les menus et les vêtements de chacun. Le mot sous-vêtement doit bien être répété une douzaine de fois. Si ce sont ceux d’une femme, la couleur est mentionnée. On ne saura donc toujours pas si James est plutôt slip ou plutôt caleçon, uni ou à rayures. Mais on apprendra qu’il ménage les cravates en tricot avec les chaussettes en laine.

C’est tout l’inconvénient du livre : son écriture. Tantôt très précise pour des descriptifs parfois inutiles (du remplissage ?), tantôt confus pour des séquences cruciales (la partie de tennis est horriblement rédigée, ne permettant pas au lecteur d’être captivé et tendu). Même le suspens de fin de page, grand classique de ce genre de best-sellers, appliqué avec soin et maîtrise dans le "Da Vinci Code", est brouillon. Alors, certes, nous tournons les pages, mais nous devinons rapidement les ressors de l’intrigue et finalement, juste surpris par le sadisme ambiant.

Car si Bond ne tire pas son coup, il en prend pas mal. Et pas des tendres. Un éclat de verre qui lui transperce la joue pour lui déchirer les gencives, une épaule complètement démise, un dos déchiré par de la tôle, une côte qui craque, … Son sang coule à flot. Celui des autres aussi : une décapitation par ci, quelques jeux de tortures par là, des tympans percés brutalement, des langues arrachées. Tout cela contraste avec l’esprit Harlequin de l’histoire d’amour…
On passera sur le fait que le seul agent pas net (comprendre double ou retourné) est forcément roux ET homo. Et déjà on commence à trouver ça un peu nauséabond.

Côté géopolitique, en revanche, l’histoire tient la route. Bien sûr elle sera impossible à transposer en l’état au cinéma. Il faudrait changer les méchants russes par des chinois et permettre à 007 d’utiliser ses gadgets. Et comme Faulks a manqué d’imagination, les scénaristes devront en avoir pour deux. L’accumulation de déjà vu (l’usine sur les bords de la mer Caspienne, la base souterraine dans le désert, le combat dans un train couchette et la rencontre avec le méchant autour d’un duel sportif) nuit fortement à l’intrigue.

Alors peut-être Bond est-il un « citoyen de l’éternité », selon les dires de ce brave Darius (toujours les mêmes qui…), mais le lecteur peut légitimement s’interroger : après les Jack Ryan et Jason Bourne, James Bond, vraiment plus fatigué qu'on ne le croyait, reprenant du service malgré lui comme Indiana Jones, ne serait-il pas un peu ringard ?

- aristo-fan