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LES PIXELS DE PAUL CEZANNE

GOSCINNY ET LE CINÉMA




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 (c) Ecran Noir 96 - 17


Septembre 2008

RENTREE THEATRALE 2008
Le théâtre ne se porte pas si bien… Même si toutes les chaînes de télévision se mettent à diffuser des spectacles, souvent issus du théâtre privé d’ailleurs, l’économie est fragile. Les stars sont de plus en plus chères. D’ailleurs la pièce tant attendue réunissant Alain Delon et Line Renaud a été annulée à cause des exigences salariales du comédien. Ils sont bien loin les discours affectueux et enflammés sur sa « marraine », avec qui il rêvait de jouer ce « Bâteau de Lipaïa »…
Mais ne nous désolons pas. Il y a des choses à voir.

Du poids lourd.
Deux monstres sacrés. Michel Bouquet en « Malade imaginaire » ou Myriam Boyer avec « La vie devant soi ». Du solide, du classique, du charismatique.
Parmi les pièces attendues, notons celles mises en scène par Denis Podalydès, « Fantasio » à la Comédie Française ou Francis Perrin (« La véranda »). Ou encore celle de Zabou Breitman, « Des gens », adaptation des deux documentaires cinématographiques de Raymond Depardon, Urgences et Faits divers. Le politique sera aussi d’actualité sur les planches avec la pièce de Jacques Attali (« Du cristal à la fumée »), huis-clos fascinant remémorant la réunion des dirigeants nazis mettant au point la Shoah. L’avocat Jacques Vergés (« Serial Plaideur », « Manipulations » sera à l’affiche de deux pièces.
Cela permettra d’oublier Michel Sardou en tête d’affiche (« Secret de famille »), Jean-Marie Bigard en tête de gondole (« Clérambard ») ou Jean Roucas en tête à claques (« Ma femme est parfaite »).

Des vedettes de la télé aux stars des magazines people.
Pour séduire la génération télé-people, il y a quelques vedettes derrière le rideau. Clotilde Courau abandonne son habit de Princesse pour jouer avec Pierre Arditi dans « Faisons un rêve », pièce de Sacha Guitry. Florian Zeller parviendra-t-il à la même cruauté, la même qualité d’écriture avec « Elle t’attend », où Laetitia Casta aime Bruno Todeschini. Autre comédienne de cette génération, Irène Jacob qui évoquera ses « Rêves d’automne ». On patientera surtout quelques semaines pour voir le retour de Karin Viard sur scène, aux côtés de Marina Foïs, dans une mise en scène, toujours inspirée de Marcial Di Fonzo Bo, « La estupidez ».
Claude Rich incarne « Le Diable rouge ». Charles Berling joue une « Fin de partie », du réputé Beckett. Marie Laforêt reprend la « Master Class » de Maria Class, rôle créé en France par Fanny Ardant. Isabelle Nanty et Yvan Le Bolloc’h seront « Les deux canards », mécanique de précision signée Tristan Bernard. Autre duo a priori incongru, Michel Leeb et Caroline Sihol dans le face à face de Philippe Claudel, « Parle-moi d’amour ». Et Catherine Jacob clame du David Foenkinos, le romancier romantique, dans « Célibataires ».

Le cinéma en version "musical".
Mais l’événement de cette rentrée thétrale est la profusion de comédies musicales. Qui parviendra à rivaliser contre « Le Roi Lion » qui rugit de plaisir depuis un an à Mogador avec un demi million de spectateurs? « Kirikou », certes plus artisanal, s’y est déjà mordu les doigts. Alors ? Le Châtelet mise sur une version scénique du film Edward aux mains d’argent. Après Kusturica et Cronenberg (aucun n’avait convaincu réellement), c’est au tour de Tim Burton d’être confronté à une version «enchantée » de son conte désenchanté. Le même théâtre, suite au phénomène "West Side Story" l’an dernier (sans aucun doute le meilleur spectacle musical de la saison précédente), mise sur un autre classique de Broadway, transposé lui aussi à Hollywood, « On the Town ». Pour les amateurs fassbinderiens et demyesques de jolis marins. Plus vintage, et plus pop, "Grease" revient en France. Les années 70 semblent passionnés les directeurs de théâtre puisque "Les aventures de Rabbi Jacob" seront ressuscitées, avec Patrick Timsit à la mise en scène, et Mariane James en cadeau bonus. On craint le pire évidemment.

Finalement des années 70, on préfèrera retenir « Equus », pièce de Peter Schaffer où un psychiatre soigne un jeune homme ayant une fascination sexuelle et mystique avec les chevaux. A Londres, en 2007, le jeune homme avait été récemment interprété par Harry Potter (alias Daniel Radcliffe). Un film de Sidney Lumet avait été adapté en 1977, avec Richard Burton et Eileen Atkins. Ici, Bruno Wolkowitch partage l’affiche avec Julien Alluguette, mis à poil au sens propre du terme.
Et ça, ça ne passera pas sur France 2 en "prime time".

- aristo-fan