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 (c) Ecran Noir 96 - 17


Avril 2010

RETROSPECTIVE YVES SAINT-LAURENT
Le Grand YSL en son Petit Palais

Yves Saint-Laurent
Petit Palais, Paris
Jusqu'au 29 août 2010

"J'ai toujours placé au-dessus de tout le respect de ce métier, qui n'est pas tout à fait un art mais qui a besoin d'un artiste pour exister."

Enfin une grande rétrospective Yves Saint-Laurent à Paris ! Deux ans après le décès du célèbre couturier, l’exposition organisée conjointement par la Fondation Pierre Bergé-Yves Saint Laurent et le Petit Palais, Musée des Beaux-Arts de la Ville de Paris, permet en effet de (re)découvrir 40 ans de créations signées par le grand couturier français. En une quinzaine de salles, ce sont ainsi plus de trois cents modèles de haute couture et de prêt-à-porter qui sont présentés, accompagnés d’un florilège de photographies, dessins et extraits de films.

Le parcours, qui propose de remonter le temps au gré des grands thèmes présents dans l’œuvre d’Yves Saint-Laurent, met en lumière les moments-phare de sa carrière. On commence ainsi avec la fameuse collection de robes "trapèze" pour Christian Dior et l’on finit avec le "choc des couleurs" où les robes de mousseline drapées de son dernier défilé (2002) côtoient des milliers d’échantillons de tissus formant un magnifique orgue chromatique.
Entre les deux, toutes les facettes de son talent sont réunies : la révolution des genres avec l’apparition dans la garde-robe féminine d’attributs traditionnellement masculins (tailleur- pantalon, saharienne, smoking, caban…) ; la relation privilégiée avec Catherine Deneuve, qu’il habilla à partir de Belle de jour ; la "collection 40" qui, avec son manteau de renard vert et son inspiration volontairement populaire, choqua beaucoup la presse ; les pièces inspirées par d’autres cultures (Afrique, Russie, Japon, Espagne, Maroc…) ; l’influence de l’art (robe de mariée Colombes en hommage à George Braque, robe de jersey écru incrustée noir, rouge, jaune et bleu en hommage à Mondrian, veste aux iris bleus en hommage à Van Gogh…), et ainsi de suite.

La scénographie, particulièrement inventive et ludique, donne à l’ensemble un aspect cinématographique que le maître n’aurait pas renié. On le retrouve d’ailleurs exposé lui-même dans la pose suggestive (entière nu) immortalisée par Jean-Louis Sieff pour le lancement de son premier parfum pour homme… et qui fit le tour de la planète. Et puis, bien sûr, il y a cette scène de bal tout droit tirée du Guépard de Visconti, où se pressent 68 modèles du soir témoins d’une haute société qui n’est plus. Taffetas, satin, dentelle, pierreries, broderies d’or, lamé, plumes d’autruche, diamants… on est véritablement dans l’une des ces soirées étincelantes que le cinéma a rendu familières. Comme un feu d’artifice de beauté et de grâce, d’élégance et de luxe.

Au-delà du plaisir purement esthétique, on est fasciné par la manière dont l’exposition retrace l’évolution de la société depuis la fin des années 50. L’émancipation de la femme à travers des vêtements qui libèrent le corps, son accession au pouvoir tout en réaffirmant sa féminité, l’ouverture aux influences venues du monde entier, l’omniprésence de l’art dans la vie de tous les jours, le déclin d’une Haute-société envoûtée par sa propre prestance… On perçoit au fil des salles l’influence majeure qu’un créateur tel qu’Yves Saint-laurent a pu avoir sur son époque, ainsi que l’héritage qu’il laisse à ses successeurs.

Pour compléter l'exposition, l'auditorium du petit Palais propose par ailleurs un cycle de six séances autour des "fantômes esthétiques" et des créations d'Yves Saint-Laurent pour le cinéma. Au programme, Les dames du Bois de Boulogne de Robert Bresson, Le Guépard de Luchino Visconti, La panthère rose de Blake Edwards, Belle de jour de Luis Bunuel et La dame de Shanghai d'Orson Welles, ainsi que le dessin animé La vilaine Lulu et divers documentaires.

Et comme on ne se lasse pas de la richesse, de la variété et de l’éclectisme de l'œuvre et de l'univers du créateur, on se réjouit secrètement en pensant que la Fondation Pierre Bergé-Yves Saint Laurent a encore en sa possession près de 5000 pièces à nous faire redécouvrir au gré d'expositions que l'on espère régulières… Celui qui voulait donner aux femmes une plus grande confiance en elles-mêmes n’est pas près de les décevoir.


- MpM    


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