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Octobre 2014

LE BAL DES VAMPIRES
Crocs mignons

Le bal des vampires, le musical
Théâtre Mogador, Paris 9ème
A partir du 16 octobre 2014
Mise en scène de Roman Polanski
Musique : Jim Steinman ; Livret : Michael Kunze
Avec David Alexis, Sinan Bertrand, Moniel Boersma, Daniele Carta Mantiglia, Rafaëlle Cohen, Stéphane Métro, Guillaume Geoffroy, Solange ilhaud et Piette Samuel

Créée 30 ans après le film, en 1997, à Vienne (Autriche), la comédie musicale Le Bal des Vampires a triomphé auprès de 7 millions de spectateurs en Europe et au Japon. Paris aura du attendre 2014 pour voir débarquer ce pastiche de Dracula sur scène. Transposer un film culte en comédie musicale est tendance : Sister Act et La Belle et la bête (par les mêmes producteurs Stage Entertainment), Flashdance et Dirty Dancing (qui se joueront à Paris cette saison)… Mais contrairement à ces exemples, le film de Roman Polanski n’était pas musical. Il a fallu créer les musiques, les paroles et les chorégraphies.

Pour le Théâtre Mogador, Roman Polanski a vu grand et a décidé de reprendre la mise en scène. Le résultat est spectaculaire. On reste ébahis devant les imposants décors, à commencer par cette auberge bicéphale, qui tourne sur la scène selon ce qu’elle veut montrer d’elle. De même les tombeaux d’où vont sortir les vampires, accrochés à un mur qui pivote du vertical vers l’horizontal, impressionnent. On peut aussi ajouter le solo de Sarah, avec les Vampires éclairés derrière leur miroir. A ceux qui sont toujours circonspects devant les tarifs des billets, ce Bal en met plein la vue. Pas pingre pour un sou. Costumes et maquillages sont autant de signes extérieurs de cette richesse. Des effets visuels (l’absence de reflets dans les glaces ou les traversées de la forêt sous la neige) donnent un peu de réalisme à l’ensemble glamour. Le travail des lumières est plus classique et rappelle les shows de Broadway.

Polanski a le sens du placement et du mouvement. Mais surtout il maîtrise le rythme : tout va très vite (parfois un peu trop, peut-être), sans perte de temps, usant des techniques modernes de la scénographie pour passer d’un tableau à un autre, sans répit. Notre regard est toujours posé là où il faut. Et l’histoire, fidèle au film (même s’il manque une ou deux séquences fortes purement cinématographiques), se déroule en deux actes ne manquant pas de punch.

Bien sûr le regard fixé vers une scène ne peut pas remplacer une caméra en plongée ou un champ/contre-champ burlesque. Mais si l’on compare avec d’autres comédies musicales récentes, ce Bal des Vampires est assurément efficace et haut-de-gamme.
Cependant, si Polanski a revu sa mise en scène et remis au goût du jour les possibilités qu’offrent un théâtre moderne, le livret (paroles et musiques) n’a pas su se réactualiser parfaitement.

Côté paroles, les textes sont inégaux. Certaines chansons sonnent trop mièvres. L’humour est parfois plat, voulant sans doute séduire petits et grands, bref trop large. C’est souvent dans les textes porteurs d’émotion (« C’est drôle d’être mort ») ou ceux franchement parodiques (« De l’ail ! ») que l’inspiration se fait le mieux sentir. Mais il manque l’ironie du film, l’humour pince-sans-rire et parfois la subtilité (le personnage du fils du Comte passe complètement à côté de sa dimension bisexuelle). Les comédiens vont sans doute roder leur rôle pour compenser un livret qui hésite entre le romantisme de Twilight (voire de La Belle et la bête quand le Vampire descend de son escalier) et la farce d’un Mel Brooks.

Côté musique, les mélodies sont inspirées. Et parfois même entraînantes. « Ethernité » est la parfaite illustration où la mise en scène, la musique et la chorégraphie (avec ces morts-vivants qui rappellent un peu Thriller de Michael Jackson) donnent un tableau mémorable. L’air entêtant de Total Eclipse of the Heart sert de fil conducteur et de repère connu pour un public qui découvre des chansons toutes inédites. Pourtant, on reste un peu perplexe à l’écoute de ce son pop-rock des années 80, parfois pesant. A croire que tout a été remis à neuf sauf les arrangements sonores. Le Bal des Vampires se maquille alors d’une couche de kitsch, qui peut-être appréciée au second degré. Même si l’orchestre joue « live » (ce qui n’est pas le moindre des exploits), on peut regretter que la partition ne soit pas un peu plus « up to date ». On aurait alors été complètement mordu par cette bouffonerie assumée et drôlatique, à l’image du personnage du Professeur Abronsius, excellement joué par David Alexis.

- vincy    


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