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Juin 2002

OPERA CELESTE : REQUIEM DE VERDI
Contact distant

Opéra Céleste (Requiem de Verdi) ; Stade de France / 22 juin 2002

Le requiem de Verdi n'est ni celui de Mozart ni celui de Fauré. Libérateur, passionnel, grandiloquent, il alterne la symphonie et l'opéra, les grands airs tonitruants et les petites musiques apaisantes. Il s'adapte parfaitement à un grand espace, à une communion solennelle de masse. Les 50 000 spectateurs présents, acteurs d'une culture en voie de démocratisation, écoutaient religieusement ces 80 minutes de défiance. Car il s'agit bien d'un défi. Un requiem affronte la mort. Mais pas seulement. Ici, il fallait aussi se confronter à l'espace et au lieu, et bien évidemment au vent et au bruit.
Sortir la musique classique de ces décors d'Opéra et la sacrer dans un stade peut paraître une gageure. Il n'en est rien. Il s'agit là de l'illustration parfaite d'un rituel universel où le plus grand nombre partage le même langage. Profane ou mélomane, le spectateur ne percevait plus la musique comme un art intouchable mais bien comme un air familier.
L'orchestre réussit son pari sonore. Dommage que la présence toute proche de l'autoroute créé un bruit de fond nuisible. Regrettable aussi que la mise en scène " céleste " soit aussi distante. L'orchestre était situé au centre de cette immense arène, loin des premiers spectateurs. Le tapis blanc servant de supports à des images trop clichées (cosmos, cyclone, labyrinthe) et mystiques (catégorie croyances populaires) produisait un effet désastreux, à la fois pompier et froid. Aucune animation, aucune humanité ne permettait de provoquer l'émotion. Il fallait mieux fermer les yeux, écouter, et à défaut regarder la lune qui pointait son nez pour se pencher sur ces trois ellipses très semblables à la machine de Contact (de Robert Zemeckis).

- vincy