LE VOYAGE DE G. MASTORNA

HARRY POTTER - L'EXPOSITION

PASOLINI ROMA

CARO/JEUNET

LES PIXELS DE PAUL CEZANNE

GOSCINNY ET LE CINÉMA




  A-C  D-K  L-O  P-Z







 (c) Ecran Noir 96 - 17


Novembre 2004

SUR LA ROUTE DE LA GRANDE VADROUILLE
Carnets de voyage

Sur la Route de la Grande Vadrouille. Les coulisses du tournage.
de Vincent Chapeau - Eds. Hors Collection 2004- 118 pages

Alors que la télévision vient de nous rediffuser pour la nième fois ce film franco-français, V. Chapeau nous présente un livre très détaillé sur la grande et les petites histoires du tournage. De Vézelay jusqu’au Studios de Billancourt il restitue toutes les péripéties qui ont émaillées la mise en scène. En outre, le tout est illustré par de nombreuses photos montrant les conditions picaresques où se trouvaient acteurs, producteurs et administratifs.
Le lecteur se retrouve au sein des décors, des montages et des trucages. Mais, plus encore, il est plongé dans l’atmosphère étonnante qui régnait sur les lieux (et parfois en dehors) du tournage. Le trio De Funès- Bourvil- Terry-Thomas ne pensant qu’à améliorer le scénario par de nouvelles blagues et/ou de nouveaux gags. On apprend que toute la troupe aimait faire honneur au bien boire et bien manger de chaque région.
Il faut surtout retenir comment G. Oury et ses techniciens ont pu réaliser les trucages et comment la mise en scène finale a été construite. Il en est ainsi du vol des planeurs et surtout des partitions à l’Opéra. Ces dernières ont été réalisées aussi bien dans la salle de l’Opéra Comique que dans les égoûts avec une maîtrise digne du cinéma américain. La relation de ces épisodes est peut être la plus pertinente du livre.
Il ne faut pas oublier que ce film est resté premier au Box-Office jusqu’en 1998 (sortie de Titanic) avec plus de 17 millions de spectateurs (sans compter depuis 1976 les diffusions télévisuelles). De plus, ironiquement (comme dans le cas des Tontons Flingueurs) les esthètes du cinéma ont matraqué ce film avec férocité (Cahiers du Cinéma, n° 186, Janvier1967: “Le film le plus fauché (?) et le plus minable de l’année”). Mais le Canard Enchaîné l’avait encensé, c’est tout dire.
En dépit de quelques maladresses d’écriture (des répétitions) et de présentation (des détails parfois inutiles, des allers et retours dans le temps difficiles à cerner), les amoureux du cinéma et des grands comiques seront à même de posséder ce livre. Ils sauront comment la méthode de construction du film, “a priori” anachronique, fut, en fait, aussi précise.

- harry stote