LE VOYAGE DE G. MASTORNA

HARRY POTTER - L'EXPOSITION

PASOLINI ROMA

CARO/JEUNET

LES PIXELS DE PAUL CEZANNE

GOSCINNY ET LE CINÉMA




  A-C  D-K  L-O  P-Z







 (c) Ecran Noir 96 - 17


Novembre 2004

S'AGITE ET SE PAVANE
Beacuoup de bruit pour rien

Théâtre Comédia à Paris
24 sept / 21 nov 2004 - mise en scène de Roger Planchon

Le théâtre était vide. D'ailleurs la pièce ne sera plus jouée avant la date butoir. Malgré la présence de Berroyer et Borotra, le texte de Bergman 'naura séduit que peu d'aficionados. loin de moi de vouloir, une fois de plus, tirer sur le corbillard : mais force est de constater que le théâtre privé parisien ne se porte pas très bien. La saison, d'Ondine aux Montagnes Russes, de Casta à Delon donc, en passant par Ardant-Depardieu ou autres têtes d'affiches coûteuses, ne compensent pas le peu d'intérêt des pièces (qui ne sont plus en phase avec les attentes du public) ni la désuétude des spectacles (qui n'innovent plus et ne séduisent plus un public potentiel).
S'agite et se pavane est une pièce symptôme : beau casting, grand auteur, metteur en scène renommé, et décors impressionnants. Salle vide. Ce ne sont pas les acteurs qui sont en cause. Planchon, alors? Certainement : les comédiens s'agitent, se pavanent, mais font nombre de mouvements inutiles, de traversées de scènes fatiguantes, de moulinets exaspérants. Cette grandiloquence épuise. Il aurait fallu mieux maîtriser l'espace, et ainsi le rythme aurait été plus soutenu. Car pendant qu'ils bougent, ils ne jouent pas. Et le texte est long à se dérouler du début (captivant) à la fin (ennuyeuse). Il aurait fallu couper pour ne pas nous endormir. Il aurait fallu densifier pour ne pas nous étourdir. La pièce a les défauts des récents téléfilms de Bergman : statique, bavarde, vaine. Que de vide à remplir! Le huis-clos peut-être objet de suspens ou de tragédie, ici, il n'est que brassage d'air et de superficialités. C'est regrettable car Berroyer est formidable, et mérite nos louanges.
Pour le reste, cette ode au cinéma par l'un de ses maîtres aurait peut-être eu davantage sa place sur pellicule que sur scène. Ou alors avec un regard plus critique et moins vaniteux que celui de Planchon.

- vincy