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 (c) Ecran Noir 96 - 17


Décembre 2004

LES RUSTRES
Gare au Galabru

Théatre Saint Georges, Paris 9ème

Sortir Goldoni aujourd'hui, c'est un peu comme rejouer du Feydeau. C'est un tantinet daté, et toujours aussi divertissant. Les Rustres est un hit bon chic bon genre pour un théâtre qui refuse la facilité d'un mauvais vaudeville et qui ne veut pas s'embarrasser d'un intellectualisme rébarbatif.
De fait tout est plaisant, agréable. Peu de place pour l'émotion, le rire doit être roi. L'outrance est tolérée. L'émancipation des femmes mérite bien travestisme, machisme et autres truismes sur les relations maritales. Excepté le deuxième acte, très mal mis en scène, peu convaincant, et presque ennuyeux, l'ensemble plaît aux jeunes comme aux vieux, aux mecs comme à leurs copines. Populaire et bien écrite, voilà déjà un bon début. Il faut dire que les remarques acerbes et les répliques acides visent juste. Mordante, la pièce n'épargne pas les hommes, ces fameux rustres. Ceci dit, les femmes ne sont pas mieux loties entre superficialisme et soumission non assumée.
En fait, la pièce repose sur un triptyque hélas un peu déséquilibré qui lui donne toutes ses couleurs : un jeune homme sensible et féministe (à qui il manque une scène de tendresse pour installer définitivement son personnage), une femme dominatrice et cérébrale (qui bouffe toute l'histoire en fausse Mme de Merteuil) et le Rustre suprême, ici, incarné par Galabru. Dès sont entrée en scène, il en devient le centre. Il calme les agités de la corbeille et séduit les snobs de l'orchestre. Il est rond et maître de sa faconde, rugissant et idéal dans la mauvaise foi. Galabru super-star et surtout grand comédien, amenant le personnage à sa nature, nous offrant en spectacle tout son savoir-faire, modernisant telle réplique ou recevant avec délectation telle improvisation. Il est le coeur de la troupe. Pas dupe pour deux sous des manigances qui l'entourent. Complètement conscient de son triomphe personnel.

- vincy    


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