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Janvier 2005

PRINT THE LEGEND - CINEMA & JOURNALISME
Heroisme d'un métier en voie de disparition

Print the Legend – Cinéma et journalisme.
Cahiers du Cinéma / Festival Internazional del Film, Locarno (Italia), 2004.
Ouvrage Collectif conçu et dirigé par G. Gosetti et J-M Frodon. 305 p. p. , 25E.

La rétrospective de ce Festival est un livre bien documenté et soigneusement imprimé. Les textes sont accompagnés de nombreuses et très bonnes photos en noir et blanc (scènes de tournage et de films, acteurs, réalisateurs,…). Il comporte, en outre deux annexes très importantes. La première donne les caractéristiques de 300 films ou intervient le journalisme (le premier étant l’affaire Dreyfus de G. Méliès en 1899). La seconde établie, par année (depuis 1899) une liste de titres d’au moins 1600 films (dont environ 80% sont labellisés E.U.).
Pour analyser les relations du cinéma avec le journalisme 4 films ont été choisis en référence. Désignés “sous le signe de” ils permettent de retracer l’histoire (et même l’Histoire) de nombreuses situations de la fin du XIXè siècle jusqu’à nos jours. Il s’agit en l’occurrence de: -Citizen Kane; -The Front Page (Spéciale Dernière); -Profession: Reporter; -Reporters. Chacun d’eux introduit 4 Chapitres définissant les différentes évolutions du cinéma journalistique. Ils sont intitulés:
- Al’épreuve du réel;
- Les lois du genre;
- Le cinéma mène l’enquête;
- Témoignage et mise en scène.
Cependant l’historique varie selon la sensibilité des auteurs, et les différentes étapes liés aux événements mondiaux ne se correspondent pas toujours exactemernt. La seule cassure qui apparaît indéniable est l’avénement du cinéma parlant; le portrait du journaliste n’est plus le même avant et après le début des années 1930.

La Préface (2 Articles) met d’emblée le problème central en exergue: quelle est la “Vérité”? Pour ceux qui lisent (Journaux, Internet) et ceux qui voient (Cinéma, Télévision, Internet) les révélations sont-elles vraies? La recherche est-elle exacte et aboutie? Le pouvoir de révélation permet-il d’avoir une influence sur les pouvoirs?
La première partie (4 Articles) est presque une série de points d’interrogation: la vérité comment l’obtenir, la transmettre, la poursuivre? La réalité comment la construire, est-elle l’arme (la seule?) contre le mensonge et la dictature? Deux thèmes sont pris en exemple: le discrédit jeté sur O. Welles après Citizen Kane et toutes les horreurs de ce pauvre monde (les guerres, mais notons que celles-ci sont l’apanage de l’homme depuis les temps préhistoriques!).

La seconde partie (5 Articles) est presque hagiographique: les journalistes et la presse seraient-ils des saints? Le premier article décrit en détails le milieu journalistique dans les différents genre de films: comédies, guerres, westerns, horreur,…Le journaliste est caractérisé par son costume (froissé), ses outils (bloc-notes, téléphone, alcool, poker,…) et par son milieu (salle de presse (ou de rédaction) cacophonique). Ce milieu dans lequel il fait souvent sa vie est défini par ses relations avec la société, la recherche du sensationnel, ses conflits avec sa vie privée, ainsi que par les personnages qui l’entourent (ses collègues, le rédacteur en chef, les directreurs et propriétaires du journal). Le fond du problème est la possible manipulation et l’influence de la presse sur les idées de la société. Mais le journaliste, quant à lui, est souvent indépendant, méprisant sa profession, tout en la défendant. L’auteur conclu que la pérénité des films de journalisme est assurée par la recherche et le contrôle de la vérite.

Le second article traîte, au travers de 1000 films, le journaliste “made in Hollywood”. Il y a 4 types stéréotypés: les saints (très rares); les silhouettes; le saint impur; le monstre. Les défauts dépassent les qualités. L’auteur établi l’évolution en 4 étapes: la “penny press”; la “yellow press”; le premier syndicat; la génération du mouvement après 1945. Puis les images télé, la guerre du Vietnam et le Watergate ont permis aux nouveaux venus (universitaires) de devenir les maîtres du jeu. Mais depuis 1990 éditeurs et patrons ont repris le pouvoir.
Les deux articles suivants reprennent ces thèmes dans “Les infortunes de la vérité” et “Pour ceux qui gisent sous les croix de bois”. Il s’agit de concourir au triomphe du Bien et de la Vérité, et surtout de bien tout exposer au travers des films de guerre (Les forçats de la gloire). Le journaliste est-il alors en quête d’une impossible neutralité? Le dernier article est une autre vision de l’évolution de ce cinéma: d’abord la chute de la dévotion hollywoodienne avec The front page, puis le maccarthysme et enfin l’assassinat de Kennedy et le Vietnam. L’auteur conclu que le journaliste n’est plus le garant de la démocratie et de la vérité.
Note de votre serviteur: une étude devrait être faite maintenant sur la guerre en Irak

La troisième partie (4 articles) est consacrée à ce qui est “visible”. Est-on dans le réel ou l’imaginaire? Ainsi, Antonioni fait croîre à l’objectivité de l’imaginaire au travers du montage et du mouvement de caméra. De même, les images de la seule vidéo amateur de l’assassinat de Kennedy peuvent être interprétées de différentes façons.
Note de votre serviteur: comme dans la précédente critique (Colloque de Lyon) il apparaît déplorable que les Universitaires Français ne sachent pas écrire lisiblement (vocabulaire pompeux, phraséologie pédante et jargon philosophico-littéraire) pour s’adresser au grand public: second article partie III et premier article partie IV.

La derniére partie met à nouveau en exergue la possible “vraie vérité” au travers des événements de Carpentras et les rapports avec la télévision d’une part et de la Shoah d’autre part. Les images, les informations et les récits des témoins sont-ils sujet à caution? Le dernier article donne quelques éclaircissements sur la pensée de M. Moore. Il voulait la victoire de Kerry, mais il craignait la suite.
Nota: la majorité des films journalistiques soutiennent les candidats Républicains; second article, partie II.

La conclusion est intitulée “A venir”, mais elle aurait pu être désignée par “Avenir?”. Quelle sera la portée de l’information où tout va trop vite (zapping effréné) et où tout peut être fabriqué (Kosovo, Guerre du Golfe)? Alors faut-il analyser à chaud ou à froid? Ainsi, curieusement il n’y avait peu de caméscopes lors du 11 Septembre! Finalement il apparaît que le journaliste est un enquêteur qui doute et qui n’est qu’un instrument pour savoir (ou approcher?) la vérité.
Ce qui ressort de ces articles est que les journalistes télé-documentaires ou télé–infos seront peut être les seuls gagnants du futur. Mais aussi il peut se développer une nouvelle génération avec Internet. Pour finir il faut citer une toute récente affirmation de G. Goudineau (Directeur Général de France 5) dans “20 Minutes” du 13/12/2004: “La Réalité pas la Téléréalité”.

- Harry Stote