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 (c) Ecran Noir 96 - 17


Février 2005

LES CHAMPS D'AMOUR
Passion violentes

Les Champs d'Amour
Par le Theâtre de la Mezzanine
Au Café de la Danse - 5 passage Louis Philippe - Paris 11e - M° Bastille
jusqu'au 26 février 2005 (sauf dimanche) - Réservations :01 60 60 41 30

"Les Champs d'Amour", de Denis Chabroullet évoque avec une intensité extraordinaire les tourments des passions amoureuses. La pièce commence par deux femmes voilées enfermées dans une prison imaginaire représentée par l'ombre d'une grille. On passe, subitement, de ce silence inquiétant à une salsa endiablée et sensuelle. La pièce réunit sur scène 9 comédiens qui incarnent des personnages extrêmes. La subtilité du jeu des comédiens est qu'ils ne tombent jamais dans la singerie primaire ou la pâle caricature. Hommes et femmes fantastiques, les personnaages symbolisent les pulsions élémentaires - sauvages - de l'être humain : la séduction, l'amour, le désir physique, la brutalité, le meurtre, l'avidité,...

Comme l'écrit Pierre Notte, qui a vu ce spectacle "n'en ressort pas indemme..." Danse et musique s'accompagnent dans ce spectacle entre théâtre de geste et chorégraphie. La danse est utilisée pour sa capacité à évoquer une sensualité, de l'érostime et du désir. Les corps sur scène s'animent et suggèrent ces rondes de la séduction et de la passion... jusqu'à la violence radicale (qui rappelle Orange Mécanique). Le rythme s'acélère et le spectateur est transporté d'une ballade merveilleuse à une scène d'horreur. Lorsque les femmes se préparent et se font belles pour la fête, c'est l'enfer qui les attend.
"Quand sonne l'hallali, la mise à mort des rêves d'amour sucrés et les désirs d'enfance, la brume aurorale recouvre les restes encore fumants des "champs d'amour"" explique Roselyne Bonnet des Tuves, la compositrice de la compagnie Le Théâtre de la Mezzanine.

Malgré la représentation d'une violente terrible, "Les Champs d'Amour" ne tombe pas dans le discours pessimiste stérile. C'est du théâtre et, donc, un peu de magie. Derrière ces images qui défilent sur scène sans temps mort, il y a, en fait, des évocations poétiques de toutes ces choses horribles et abominables que l'on refoule au plus profond de nous.
- serge