Sara Forestier
Sara Forestier. Elle trouve que son nom est passe-partout, alors elle emprunte celui de Bahia BenMahmoud pour Le nom des gens. Rencontre avec une actrice nature et généreuse.



Karim Aïnouz
Toni Servillo
Félix Dufour-Laperrière
Jayro Bustamente
Gilles Perret
Hélène Giraud
Ryusuke Hamaguchi
Rohena Gera







 (c) Ecran Noir 96 - 24



HPG. trois initiales qui riment avec X. Porno hétéro, bi, gay. Cinéma trans-courant. Sortie (pas autorisée partout) de HPG, mon vît, mes œuvres, son DVD réunissant tous ses courts-métrages.
EN : A la vision d’Hypergolique, on a l’impression que tu veux bousculer les acquis artistiques ?
HPG : Bousculer non, pas nécessairement. Dans Hypergolique par exemple j’aborde le statut de l’acteur, où j’exprime l’incapacité des ateliers d’acteurs à accueillir une prostituée alors qu’ils travailleraient des heures pour en jouer une. Moi j’avais été très mal accueilli quand j’ai voulu prendre des cours, leur animosité venait du fait que je venais du porno.

EN : Donc l’étiquette les gênait ?
HPG : Quand tu donnes des cours de théâtre, tu devrais avoir une largesse d’esprit. A l’époque ils m’avaient regardé de haut.

EN : Pourrait tu te définir comme un acteur qui voudrait sortir du porno ?
HPG : Tout le monde pense que depuis que j’ai fait un long, je devrais arrêter le porno, mais il n’y pas de raison que j’arrête, et de toute façon je n’en ai pas envie. Et puis ne serait-ce que pour des questions financières. Le premier long a été un échec commercial et le DVD est dur à sortir. Mon premier film je l’ai payé avec ma bite, pas à la sueur de mon front.

EN : Gaspard Noé ou Bertrand Bonello brisent les frontières en abordant une sexualité très crue dans leurs films. Es tu proche de cette démarche ?
HPG : C’est différent. Je suis entrain de préparer mon deuxième long, distinct du premier mais assez hard dans son histoire. Je suis plus dans l’agir et l’exubérance plutôt que dans des discussions poussées, en tout cas c’est ce que je fais de mieux donc autant travailler là-dessus.

EN : Est-ce que la distinction HPG-Hervé que l’on retrouve dans la majorité de tes films est volontaire ?
HPG : Moi je ne joue pas dessus, ce sont les autres qui font cette distinction. Je m’évertue à ce que les autres puissent penser qu’il y ait une distinction parce que j’aime bien brouiller les pistes. Je préfère susciter des interrogations que d’apporter des réponses. Ca me plait bien de penser de moi ce que je ne pense pas être vrai. En fait je laisse croire les autres. Et puis au cinéma c’est bien de créer un personnage, de cette manière on en parle. En fait moi je me contente d’être sincère face à une caméra et de ne pas enfoncer des portes ouvertes.


   Denis

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