Sara Forestier
Sara Forestier. Elle trouve que son nom est passe-partout, alors elle emprunte celui de Bahia BenMahmoud pour Le nom des gens. Rencontre avec une actrice nature et généreuse.



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 (c) Ecran Noir 96 - 20



Everyone's going to die, premier film fauché mais bourré d'énergie, met en scène deux personnages à la dérive, qu'une rencontre va lancer dans un soudain processus de remise en questions. Une comédie souvent décalée qui porte sur la Grande Bretagne contemporaine un regard auquel on n'est pas tellement habitué.

Signé "Jones", le film est réalisé par un duo de réalisateurs londoniens qui a auparavant fait ses armes dans la publicité. Mais qui est vraiment Jones ?

Ecran Noir : Vous vous cachez derrière le nom « Jones », mais qui êtes vous vraiment ? Et pourquoi avez-vous choisi d'utiliser ce pseudonyme ?





Jones : Vous décrivez ça comme l'action de se cacher. Il y a une part de vérité là-dedans. Nous sommes en réalité un fantôme qui vit dans les sous-sol d'un studio de cinéma et qui en sort pour faire des films. Le titre de celui-ci est autobiographique.

En effet, nous avons un seul nom car bien que nous soyons plus d'un, nous essayons de parler d'une seule voix, et un seul nom aide les gens à nous considérer de cette façon. La raison du choix du nom Jones lui-même est un secret connu uniquement de nous et de Jones.

EN : Quelle est la genèse du film Everyone's going to die ?

Jones : Tant de choses ! Et parmi toutes ces choses, l’envie d'essayer de faire un film que nous aimerions regarder n’est pas la moins importante. Nous voulions essayer de raconter une histoire qui était drôle mais aussi sérieuse, traitant des problématiques dont nous nous sentions proches à ce moment-là. A certaines périodes de votre vie, vous réalisez vraiment que, si vous ne prenez pas le contrôle de votre destin, vous pouvez finir quelque part où vous ne voulez pas être. Le film est à propos de ça, et a été aussi notre manière de le faire.

EN : Quelles références avez-vous utilisé pour décider du style de ce film ? Plus généralement, quel genre de films/réalisateurs aimez-vous ?

Jones : Nos références pour ce film viennent de partout, depuis un vieux documentaire de Lindsay Anderson sur la côte britannique jusqu'à la cinématographie de Harris Savides. Nous avons vraiment essayé de seulement faire quelque chose qui nous plaisait, plutôt que d'atteindre une référence stylistique. Nous avions fait réalisé quelques publicités et clips vidéo avant de faire ce film, et c’est une manière de découvrir quel style on aime visuellement. Ensuite, il faut l’appliquer aux personnages et à l’histoire.

Les réalisateurs et les films que nous aimons : c'est ici que nous sommes supposés arriver avec quelque chef-d’œuvre coréen perdu des années 1950, mais en réalité c'est plutôt Noah Baumbach, Mike Mills, Sofia Coppola, Paolo Sorrentino, Spike ‘Pas de relation’ Jonze, Roy Andersson, les premiers films de Woody Allen. Il y en a beaucoup, beaucoup d'autres, mais vous voyez le genre...

EN : En regardant votre film, j'ai souvent pensé à Frances Ha de Noah Baumbach, peut-être à cause du mélange d'humour et de mélancolie. Les deux héroïnes ont aussi en commun une sorte de malchance. Êtes-vous en accord avec ce parallèle entre vos deux films ?

Jones : Ouais, bien vu. Il y a une sorte d’attitude défaitiste chez les deux héroïnes. Elles sont toutes les deux piégées à l'intérieur de leur propre intelligence.

En termes de films, il est un grand réalisateur et nous ne voudrions revendiquer aucun parallèle. Cependant nous voudrions faire remarquer que nous avons fait le nôtre en premier, donc faire un film indépendant « lo-fi » à propos d'une fille paumée qui a la vingtaine est notre idée. A ton service, Baumbach.
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