Sara Forestier
Sara Forestier. Elle trouve que son nom est passe-partout, alors elle emprunte celui de Bahia BenMahmoud pour Le nom des gens. Rencontre avec une actrice nature et généreuse.



Marc Webb
Danielle MacDonald
Roger Michell
Ben Young
Geremy Jasper
Andrew Steggall
Gabriele Mainetti
William Oldroyd







 (c) Ecran Noir 96 - 17



C'est lors de son passage au dernier festival de Deauville qu'on a eu le plaisir de rencontrer l'incroyable Mike Cahill. Rencontrer Mike Cahill c'est comme revoir un vieil ami de lycée. Taquin et adorable le réalisateur d'I Origins est à l'image de son film: rare et attendrissant. "Comment? Je comprends rien à ce que vous dites...non je plaisante, je plaisante vous avez un bon anglais! Si vous voulez on peut faire l'interview en français?! Je parle français vous savez...non je plaisante je connais rien au français!" Avec Mike Cahill on discute de tout, on rigole et on passe un agréable moment au point d'en oublier que c'est un interview. Rencontre...
Écran Noir: J'ai lu que la première idée de votre film vient de quelque chose que vous avez lu à propos de la reconnaissance de l'iris. Est-ce de là que votre première idée pour I Origins est arrivée?

Le livre Bye Bye Bahia


Mike Cahill: Pour être honnête, et je vous assure vous pouvez me croire, il y a douze ans environ j'ai fait un rêve. Quand je me suis réveillé j'ai cherché un calepin et un stylo et j'ai écris une seule phrase «les yeux des morts retournent aux bébés». Je ne sais vraiment pas d'où cela pouvait bien provenir. Je l'ai rêvé puis je l'ai écrite à mon réveil. Par la suite, j'ai étudié les yeux. J'ai toujours été intéressé par la science et la technologie d'ailleurs. J'ai donc appris que l'œil était unique, propre à chacun. Puis j'ai retrouvé mon papier avec cette phrase que j'ai rêvé et j'ai imaginé l'histoire de ces yeux qui revenaient. Donc tout cela est venu tout d'abord d'un rêve.

Écran Noir: Il y a une métaphore assez forte entre la religion et la science. Entre Sofi et Ian. Elle croit au destin lui croit aux faits. Comment vous avez décidé de mélangé ces deux sujets?
Mike Cahill: Je pense que ces deux différents sujets: science et spiritualité, ont une histoire commune. Lorsque que Galilée a pointé son télescope au ciel, qu'il a été prouvé que la terre n'était pas au centre de l'Univers...tout ceci était réfuté. On était même brûlé pour ce genre de chose à l'époque. Même encore maintenant dans les écoles on parle de la théorie de l'évolution et de la religion d'un autre côté. J'ai juste trouvé ça drôle, intéressant et ridicule que des hommes doués de pensée se battent alors qu'ils sont en même temps étrangement connectés. Je vois en fait un gros malentendu à propos du monde. Pour moi, la scène où Sofi parle des vers est très représentatif de cela. Cette scène montre que la science et la spiritualité peut cohabiter ensemble. Dans cette scène on voit bien qu'il y a un monde, un monde spirituel dont on a pas accès. On ne peut pas le voir, ni le sentir ou l'entendre, on y a pas accès mais ce monde influe sur le notre comme la lumière influence le monde des vers.

Écran Noir: I Origins n'est pas un film de science fiction comme les autres. Il n'y a pas de robots ni de lasers ou d'explosions. Avez-vous peur de l’accueil du public qui est habitué à un autre genre de film de science fiction américain?
Mike Cahill: Je ne suis pas vraiment inquiet pour l'audience. Vous savez, quand vous faites un film bien-sûr vous espérez que beaucoup de monde le voit mais je suis près à faire un sacrifice pour avoir une petite audience. Je ne veux pas faire des entrées massives. Je veux être connecté avec mon public. Par exemple je veux pouvoir me dire que je peux aller dîner ou sortir avec les gens qui aiment le film. Si seulement trois personnes aiment mon film et bien je me dis que je peux traîner avec eux sans problème. Et ce serait super!

Écran Noir: Ça a été dure de trouver le financement pour votre film?
Mike Cahill: Non ce n'était pas si difficile.

Écran Noir: Another Earth les a influencé sans doute...
Mike Cahill: Oui c'est ça ils se sont dit "ah c'est le mec d'Another earth il va nous rapporter des millions (Rires)". En faite, je suis chanceux d'avoir été entouré par des personnes qui ont cru en moi, qui m'ont soutenu et qui ont payé pour ce film.

Écran Noir: Comment avez-vous trouvé l'actrice Astrid Berges-Frisbey? Vous la connaissiez d'avant...?
Mike Cahill: En fait, c'est Michael Pitt qui l'a rencontrée à un événement. Michael est le premier a avoir participé au projet. C'est le premier acteur que j'ai auditionné d'ailleurs. Je l'ai rencontré à Brooklyn, on a pris un café ensemble et on est devenu des amis très proches. A cette époque je n'avais même pas encore le scénario ou même l'histoire d'I Origins. Pourtant je savais que je voulais travailler avec lui. Il est tellement talentueux je pense qu'il est l'un des meilleurs acteurs de sa génération. Donc quand j'ai eu l'histoire et le scénario, je lui ai proposé et il s'est directement impliqué au projet.
Dans le scénario, le personnage de Sofi est une européenne. Elle n'est pas forcément une française mais en tout cas elle n'est pas une américaine ou une asiatique ou que sais-je encore. Je voulais absolument une européenne, je les trouves plus mystérieuses et il me fallait une femme pleine de mystères. L'actrice devait donc être européenne et avoir cette particularité avec ses yeux. Vous savez des yeux qui n'ont pas une couleur unique. Et c'est à ce moment là que Michael Pitt m'a dit qu'il a rencontré une actrice française avec de très beaux yeux. Il m'a conseillé de la contacter. Je lui ai donc envoyé le scénario, elle m'a répondu puis nous nous sommes parlé pendant des heures sur Skype. J'avais auditionné de nombreuses actrices avant elle, mais elle a su se démarquer.
Louboutin has already made a spot for himself among the footwear greats, and after checking out this collection in person a few months ago, I'm happy to report he's also taking a giant step in the right direction when it comes to shoes. The brand is debuting many new bag styles, and they're both more detailed and more functional than past louboutin deutschland designs. Earlier this year, we took a close look at the Paloma Tote, and at the time, the shoe was only available in large and mini sizes and solid-colored leathers. This season, you can shop for the Louboutin Deutschland shop in a new medium size, as well as well a variety of textures and materials like python, fish scales and quirky patchwork.

Écran Noir:> Quelle serait votre réaction si vous vous rencontrez un jour?
Mike Cahill: Que ferais-je si je rencontrais une autre version de moi? Et bien il faut savoir que ce soit dans Another Earth ou dans I Origins, j'éprouve une certaine curiosité à propos de l'identité personnelle. La vraie question serait donc si vous rencontrez une personne qui a les mêmes yeux que vous est-ce qu'elle aurait les mêmes goûts, les mêmes peurs, les mêmes envies et désirs, la même histoire que vous?
Au début du film Ian fait une reconnaissance rétinienne, cela se passe très vite mais en faite si vous regardez bien, vous verrez qu'il laisse un message pour une personne dans le futur qui aurait les mêmes yeux que lui. Je serai prêt à le faire!

Écran Noir: J'ai lu que vous connaissiez Britt Marling bien avant le film?
Mike Cahill: Oui on était à la fac ensemble avec Zal [Batmanglij]. Nous étions des amis très proches à la fac. On étudiait le marketing, rien à voir avec le cinéma et pourtant on avait qu'une seule envie faire du cinéma. Alors un jour on s'est dit «Et si on faisait du cinéma?!»


   cynthia