Production : 20th Century Fox, Davis Entertainment, Laurence Mark Productions, Canlaws Productions et Overbrook Entertainement
Distribution : UFD
Réalisation : Alex Proyas
Scénario : Jeff Vintar, Akiva Goldsman, d'après le livre et l'oeuvre d'Isaac Asimov Montage : William Hoy, Richard Learoyd et Armen Minasian
Photo : Simon Duggan
Décors : Patrick Tatopoulos
Musique : Marco Beltrami
Effets spéciaux : Digital Domain, Patrick Tatopoulos Design Inc.
Durée : 120 mn

Casting :

Will Smith :Del Spooner
Bridget Moynahan : Susan Calvin
Alan Tudyk : Sonny
Bruce Greenwood : Lawrence Robertson
James Cromwell : Dr. Alfred Lanning

 

 
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  (c) Ecran Noir 96-04
I, Robot 
USA / 2004 / Sortie France le 28 juillet 2004 
 
 
Chicago. 2035. Les robots font partie du quotidien et chaque famille en possède au moins un. Ils font le ménage, passent l’aspirateur, livrent nos envois, promènent le chien╔ Après avoir bâti une immense fortune sur quatre générations successives, la firme U.S. Robotics est à 24 heures de lancer sur le marché un modèle révolutionnaire d’Assistant Domestique Automatisé : le NS-5, capable de tout faire. La distribution massive de ce super gadget fera d’USR, la société la plus puissante de tout les temps. Alors que le créateur, le Dr. Alfred Lanning est retrouvé mort, la police conclue à un suicide. Mais ce n’est pas l’avis de l’inspecteur Spooner qui suspecte un NS-5, qui se nomme lui-même Sonny, et espère faire éclater la vérité sur leur dangerosité. Mais les robots n’ont pas l’intention de le laisser agir.
 
   I, Robot le film, s’inspire très librement du scénario éponyme, paru en 1978, de Harlan Ellison (l’auteur de " Dangereuses visions") et d’Isaac Asimov, qui utilisait les nouvelles du cycle des robots de ce dernier (l’autre étant " Fondation" sur le premier empire galactique jamais crée). Auteur prolifique de nombreux ouvrages de vulgarisation scientifique, décédé en 1992, Asimov a littéralement transformé la science-fiction en remettant les robots à leur place, celle de machines contraintes d’obéir à leur programmation. Ce n’est pas la première fois que le cinéma adapte son univers complexe et imaginatif : Le voyage fantastique de Richard Fleischer (1966), Gandahar de René Laloux et Harvey Weinstein (1988) et L’homme bicentenaire (1999) de Chris Columbus avec Robin Williams.

Ancien enseignant et chauffeur de bus, aujourd’hui scénariste accompli à Hollywood, Jeff Vintar imagine dans les années 90, un script policier intitulé "Hardwired" mettant en scène un robot soupçonné du meurtre d’un humain. Le producteur Laurence Mark (Jerry Maguire, A la rencontre de Forrester) vend le projet à la Twentieh Century Fox qui confie la réalisation à Alex Proyas. C’est Will Smith, producteur exécutif du film, qui impose le scénariste Akiva Goldsman, auteur de Batman Forever et de The Client pour Altman.

I, Robot a permis une collaboration inédite entre la Twentieh Century Fox et Audi. La futuriste Audi RSQ a été élaboré en collaboration avec le réalisateur Alex Proyas, qui lui a même suggéré quelques innovations au véhicule pour permettre une meilleure intégration à l’univers ultramoderne de son Chicago version 2035. La participation du constructeur allemand à I, Robot découle évidemment d’une opération marketing visant à fidéliser un certain public à la marque et le conduire si possible jusqu’à la nouvelle Audi A6 (dont la RSQ s’inspire beaucoup). Audi n’a prévue qu’une seule présentation mondiale de l’Audi RSQ à Berlin en mars dernier. I, Robot se chargeant de vendre le bolide un peu partout ailleurs dans le monde.

Sorti le 16 juillet dernier aux USA, le film totalise à ce jour plus de 52 millions de dollars de recettes. Il s’agit là du meilleur démarrage pour un film avec Will Smith. Les mordus de l’acteur le retrouveront prochainement aux côtés de De Niro, Renée Zellweger, Jack Black et Angelina Jolie pour les voix du nouveau Dreamworks, Shark Tale. Sortie le 20 octobre 2004.
 

 
SONNY EST CHER

« - Tu est un chat, je suis Noir et je ne veux plus souffrir »

Existe-t-il dans ce triste monde, plus pernicieux encore que la bombe H, les OGM, les cerises sans gâteaux, le camembert Président allégé et les Bleus sans Zizou ? A en croire Alex Proyas, tout ceci n’est rien en comparaison du sort réservé à l’Homme par d'ignobles boîtes de conserves robotisées et mal embouchées. Trop accrocs à leur nouveau joujou, comme la ménagère de moins de 50 ans à Jean-Pierre Pernault, les humains vaquent à leurs petites occupations sans jamais prendre gare aux gnomes métallisés qui envahissent les villes modernes. Parce que trop classe, trop puissant et pas assez couillon pour tomber dans un guêpier aussi prévisible, Will Smith redouble d’efforts virils pour botter du bout de ses "Converse" modèle 2004, l’arrière train généreux de "nos ennemis les robots". Ne manquent à tout cela que les moments de bravoure obligatoires (sans moto, le héros n’est rien), la belle héroïne crédule et le rebondissement plus ou moins inattendu qui font de I, Robot, l’un des blockbuster habituels de l’été.

Dans I, Robot, le mastodonte hollywoodien écrabouille tout sur son passage, y compris un script original qui méritait sans aucun doute meilleur traitement. L’opposition entre des humains cloisonnés dans une société de consommation avilissante et des robots aussi perfectionnés que dominateurs, ne dépasse jamais le stade de la simple représentation. Pire encore, la rébellion des machines contre leurs dominateurs ressemble une stupide guéguerre improvisée. Aussitôt lancée, aussitôt mâtée. La filiation à Isaac Asimov laissait entrevoir une approche quasi métaphorique de la veine provocatrice et visionnaire du pape de la littérature SF : la découverte par des robots façonnés par l’Homme, des "bienfaits" des instincts meurtriers et primitifs au service d’une politique génocidaire (le remplacement et la destruction des NS-4 par leurs héritiers). Les hangars glauques et abandonnés des faubourgs de Chicago où s’entassent les robots de seconde catégorie, pouvaient difficilement ne pas rappeler certains camps d’internement et de mort tristement célèbres. Une manière comme une autre de concilier spectacle et réflexion sans pour autant nuire au caractère divertissant du film. Proyas et ses scénaristes, n’y attachent aucune importance et le No man’s land n’est qu’un prétexte pour admirer l’aisance athlétique du héros. Plus occupé à jouer des effets spéciaux top modernes, Alex Proyas paraît incapable de renouer avec le génie visuel qui illuminait The Crow et Dark City đ certaines séquences restent néanmoins assez spectaculaires.

En dépit de ses biscottos XXL (où est donc passé le gringalet du Prince de Bel Air ?), Will Smith paraît comme étouffé par une production lassante qui repose entièrement sur son nom. Un comble pour l’une des stars les plus sympathiques et les plus talentueuses (voire les mieux payées) de Hollywood, et qui se fait sans cesse piquer la vedette par le robot Sonny, plus expressif et infiniment plus crédible que bon nombre des interprètes (même technique que celle utilisée pour Gollum). Les fans les plus courageux de l’acteur se consoleront sûrement avec la coolatitude communicative de l’acteur. Et considéreront au final, I, Robot, ni meilleur ni plus mauvais qu’Independence Day ou Bad Boys II. Les aficionados de SF eux, chasseront leurs mauvais démons en s’évadant une fois encore avec les écrits de Philip K. Dick et Herbert George Wells. Sans omettre de jeter un ¤il inquiet mais avisé à leur grille-pain dernier cri.

- jean françois