Et puis nous danserons était l'un de coups de cœur cannois. Enivrant, exaltant, brillant! La répression des homosexuels et l'élan romantique qui prend tous les risques, la danse comme lien sensuel et la musique euphorisante. A voir! A découvrir!



Countdown
Graines de ronds-points
J'accuse
J'aimerais qu'il reste quelque chose
Koko-di Koko-da
L'âme du vin
Le bel été
Le Mans 66
Le roi d'ici
Little Joe
Noura rêve
Océan
Pères et impairs
Prendre soin
Rendre la justice
Zibilla ou la vie zébrée



Ne croyez surtout pas que je hurle
Alice et le Maire
Les mondes imaginaires de Jean-François Laguionie
Chambre 212
Joker
Pour Sama
Shaun le mouton le film : la ferme contre-attaque
La cordillère des songes
Et puis nous danserons
J'ai perdu mon corps
La belle époque
Le monde animé de Grimault



Once Upon a Time... in Hollywood
La vie scolaire
Ad Astra
Portrait de la jeune fille en feu
Au nom de la terre
Downton Abbey
Port Authority
Atlantique
Gemini Man
Donne-moi des ailes
Jacob et les chiens qui parlent
La fameuse invasion des ours en Sicile
Nos défaites
Papicha
La bonne réputation
Maléfique 2: le pouvoir du mal
Martin Eden
Matthias & Maxime
Queens
Abominable
5 est le numéro parfait
Hors normes
Au bout du monde
Sorry We Missed You
Le Traître
Retour à Zombieland
Mon chien stupide
The Laundromat
Un monde plus grand
Une Colonie
Adults in the Room






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Les acteurs


France / 2000

05.04.00
 



DADDY NOSTALGIE





"- Je suis Maria Schneider et ça m'a fait du bien de faire cette scène."

Tout le film s'axe sur sa fin. A travers ses choix (que des acteurs de plus de 50 ans, aucune passerelle vers le nouveau cinéma et la jeune génération) et avec un ton si dramatique, Bertrand Blier ne fait que rendre hommage à celui qui lui manque : son père. Profession : acteur. Cet exhibitionnisme, ce nombrilisme exacerbé (au point de se filmer lui-même), d'ailleurs plutôt habile, montre un désespoir total qui nous désemparerait presque.
Aussi Les Acteurs est un film qui laisse perplexe, qui laissera de nombreux spectateurs hors du film. Il y a, reconnaissons-le, des faiblesses : le duo Serrault-Belmondo passe mal, certains temps morts rendent le film inégal, et le rythme s'en ressent...
Bertrand Blier n' a pourtant rien perdu de sa mise en scène talentueuse, de sa direction d'acteur magnifique, ni même de sons sens du cadre, lisse et précis. Il s'agit d'un film techniquement peu reprochable (la musique jazzy nostalgie en agacera certains) et parfois d'une belle leçon de cinéma; Blier prend son temps, filme longuement ses monstres sacrés, les met en valeur... Il réussit même des scènes gonflées (la vie de Maria Schneider et la séparation Brialy/Arditi; Piccoli en mari trompé ; Samy Frey en handicapé sur les Champs ; Delon en mémoire vivante, tel qu'il est ...). Il n'oublie pas son surréalisme visuel, verbal, ses non-sens qui forment un sens : des pots d'eau chaude dans Paris, un retour aux années 40 et à la délation, Balasko en doublure de Dussolier... Blier nous manipule en jouant avec ce que l'on sait des stars et ce qu'il sait des acteurs, comme ce Depardieu accidenté en moto.
Mais au delà de ces "sketches" et de ce script non-linéaire, de cette galerie de gueules connues, Blier signe un portrait acide, noir, cruel sur le métier futile de saltimbanque narcissique. En un mot, Les Acteurs est un film triste. Allant chercher l'émotion dans la vérité et la réalité (à se demander ce qui est vrai et ce qui ne l'est pas), et à psychanalyser une profession en mal d'être aimée, désirée. Le déclin des grands acteurs ("40 ans qu'on voit notre gueule") s'accompagne de leur nécessaire mythification. Une sorte de mémorial... Mais Blier pousse le bouchon plus loin; il leur tend un miroir, réfléchissant leur image et leur visage, un miroir sur leur vie, leurs peurs, leurs fantasmes, leur inconscience. Il décortique leur savoir et découpe leur motivation, pour mieux comprendre d'où vient ce talent, cette magie, cette fragilité permanente... On s'en rend compte notamment avec les scènes de Brialy : ce film est d'une violence morale inouïe! Les Acteurs sont écorchés à vif...
Rendons à Bertrand ce qui était à Bernard. Blier, avec un vrai style et une écriture singulière, poursuit sa recherche sur les rapports humains, délaissant un peu l'amour, "le grand mystère" du film. Son culot et son inspiration l'emêche de se répéter et d'ennuyer, contrairement à certains caciques du cinéma français. Si l'on est surpris que ce cinéaste d'habitude si moderne, soit ici si passéïste, si l'on est déçu de ne plus rire autant, de ne plus se régaler comme avant, Blier demeure ce qu'il a étoujours été : audacieux. Un film de Blier ne ressemble à rien de "déjà vu" : et, à notre époque, c'est déjà beaucoup.
 
vincy

 
 
 
 

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