Avec Dark Waters, Todd Haynes s'invite dans le film engagé (côté écolo), le thriller légaliste et l'enquête d'un David contre Goliath. Le film est glaçant et dévoile une fois de plus les méfaits d'une industrialisation sans régulation et sans normes.



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Belphégor, le fantôme du Louvre


France / 2001

04.04.01
 



MEME PAS PEUR !





Bon, surtout ne rien oublier : un bon morceau de série culte à remanier au fouet, une pincée d’acteurs connus et appréciés, un zeste de frissons, quelques cuillerées d’humour, on saupoudre le tout d’effets spéciaux impressionnants et on fait mariner l’ensemble une bonne heure et demie. Voilà, tous les ingrédients sont réunis pour obtenir un plat savoureux à la sortie du four...
Ben non, il est pas vraiment savoureux le plat, sauf si on aime le gratin de navets !
Quitte à démolir les efforts ( évidemment hypocrites) des acteurs en pleine campagne de promotion, cette renaissance du fantôme du Louvre défigure allègrement le mythe de Belphégor, celui-là même qui éclipsa les élections municipales de 1965 et tenait la France en haleine devant l’insoutenable suspense de la série télé en noir et blanc.
Bien sûr, les temps ont changé, le spectateur est devenu moins impressionnable, et puis Jean Pierre Salomé s’est davantage inspiré du roman original d’Arthur Bernède, et moins du feuilleton de Claude Barma. Reste que Belphégor nouvelle formule n’en demeure pas un moins un film fade, frisant le ridicule en permanence, ennuyeux et pas inquiétant pour un sous. L’histoire souffre en parallèle d’un fouillis narratif qui part dans toutes les directions en évitant soigneusement l’essentiel, avec en prime la bonne idée d’expliquer la présence de Michel Serrault grâce à un lien idiot (bravo le noir et blanc) censé jumeler le film avec la série des années 60. Les personnages, trop nombreux, demeurent superficiels et vides, et force est de reconnaître que le joli minois de notre Sophie Marceau nationale ne parvient pas à faire oublier le regard sombre et troublant de Juliette Gréco (même avec les lentilles pour soirée techno).
Reste une série d’effets spéciaux plutôt efficaces, une jolie visite nocturne du plus beau musée du monde, et un panel d’acteurs sympathiques, comme Frédéric Diefenthal, Michel Serrault ou Lionel Abélanski, malheureusement tous bien mal exploités. Mais comme tout navet qui se respecte, on ne peut s’empêcher d’être partagé entre une impression d’agacement et une forme d’attachement toute naïve pour un film tellement raté qu’il en devient réjouissant. C’est aussi pour cette raison, et malgré les apprioris négatifs que vous aurez à la lecture de ces quelques lignes, qu’il est impossible de détester Belphégor, de la même façon qu’il est impossible de haïr la fresque superbement grotesque qu’est Vercingétorix.
Pour audacieux que le ridicule n’effraie pas, un seul remède après la projection : Louez vite La Momie, et vous vous direz alors après réflexion que ce film n’est pas si mauvais.
Un conseil néanmoins, empruntez plutôt l’intégrale de la série originale de Belphégor, rentrez vous mettre au chaud, et revivez les grands moments de cette aventure qui, si elle ne vous fera sans doute plus trembler, n’a rien perdu de sa force ni de son mystère.
 
romain

 
 
 
 

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