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1917 est une prouesse visuelle épatante avec ce faux plan séquence permanent qui suit deux jeunes soldats sur le front entre tranchées et snipers. Succès inattendu, le film de Sam Mendès est aussi parmi les favoris aux Oscars depuis son Golden Globe.



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 (c) Ecran Noir 96 - 20


  



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Matador


Espagne / 1986


 



LES AMANTS CRIMINELS





"- Les nuages me donnent le vertige."

Il est toujours intéressant de revisiter une oeuvre d'un cinéaste qui, en trente ans, est passé d'un univers foutraque à un cinéma très maîtrisé. A regarder Matador aujourd'hui, on y voit les prémices de ce qui fera l'essentiel des ingrédients des meilleurs Almodovar. Les moyens n'y étaient pas, et le cinéaste, à l'aise dans sa marginalité cinématographique d'alors, essayait, tentait, expérimentait. Avec maladresse, évidemment. C'est d'ailleurs de cela qu'il s'agit. De maladresse. Matador, dans son entreprise de chaos et d'auto-destruction, fait songer à Kika, de loin le moins bon film du cinéaste.
Cependant, cette oeuvre primitive et relativement primaire, trouve son pardon dans le contexte de l'époque (on est ici plus proche de John Waters que de Douglas Sirk), et dans une volonté de provoquer, d'affirmer un style, bien avant de le rendre académique. Almodovar cherchait encore à manipuler ses références et des désirs, tandis qu'aujourd'hui il a conscience d'être le référent et s'est affranchit de ses pulsions.
Aussi, Matador n'est en rien parfait et souffre même d'un déséquilibre narratif bien plus contrariant que sa mise en scène encore un peu brouillon. A la moitié du film, l'histoire passe de l'allégorique et de l'initiatique, du réalisme et de l'onirisme à quelque chose de beaucoup trop fantastique et lourdement explicatif. Jusqu'à cette éclipse mystique et hallucinante, engrangeant les pressentiments d'un candide, et nous laissant perplexe devant tant d'approximation et d'incohérence. Almodovar massacre ses personnages les plus intéressants (les deux mères notamment), ne fouille pas assez le protagoniste pivot (le flic), abandonne son héros candide (Banderas, lisse), transforme une nymphette en femme fatale (bof) et ne parvient pas à faire exister Carmen Maura, arrivée trop tard. Il faut donc se rabattre sur le duo principal, mente religieuse et torréador, le sexe et le sang dans la peau. Psychoses dans toutes les pellicules, Almodovar dévore avec délectation tous nos vils instincts. Dès le générique, armes blanches, hémoglobine et corps de femmes se mélangent devant les yeux d'un homme qui se masturbe.
Jouissance et violence, orgasme et pulsion assassine. Le film ne fait que mettre en parallèle ce tango entre le sexe et la mort. Métaphore de Matador : le taureau, celui qui peut encorner, celui qu'on pénètre de sa dague. D'ailleurs boiter ici révèle avant tout un trouble sexuel, une incomplétude. Rohmer disait que seul l'amour pouvait nous permettre de vivre pleinement. La preuve par la fin, où seul deux êtres dépassent leurs frontières, transgressent les tabous, se donnent à l'autre, sans limites, et finalement s'accomplissent, s'épanouissent dans un acte fou, suicidaire, fusionnant le 7ème ciel avec les enfers, ou l'inverse. Mise à mort du mâle, mi amor par le mal. "Jamais je n'ai vu de morts plus heureux." Draguer c'est porter l'estocade. Tel est le motto.
Tout cela peut paraître de la psychanalyse simpliste. "Les filles, c'est comme le taureau, il faut les surprendre et le tour est joué." Evidemment, avec un plaisir non dissimulé, le cinéaste ne rend pas les choses si faciles. Notamment parce qu'entre une mère qui vit par procuration (celle de la jeune fille fatale et future bourge au foyer) et une autre qui se complaît dans les rites de l'Opus Dei (le sang ici est purifié et lavé de tous les péchés grâce à une foi radicale), les enfants ont toutes les bonnes excuses pour devenir mythos ou pervers. Le poids de la mauvaise éducation... Angel est bien sûr innocent, mais il s'accuse lui-même. Tout comme Eva n'a rien d'une séductrice, mais se déguise en prédatrice. Ca lui va comme à une guigne. Matador aime aller à contre emploi. Un viol n'a rien de tragique (on ne porte pas plainte, on clame même que "certaines ont de la chance"), un flic est élégant, et homo refoulé. Du fétichisme au voyeurisme, aucune "déviance" ne nous est épargnée. Même celle d'avoir Jean Paul II (ou Ava Gardner, selon) en photo chez soi.
Morale de l'histoire, puisque tout est éminemment moral chez Almodovar, La frustration est le matériau parfait pour un film noir. Tout en symbolisme, parfois grossier, ce film, éminemment espagnol dans ses codes, vide les églises et refuse justement la justice divine, les préceptes religieux. C'est le premier règlement de compte du cinéaste avec le catholicisme. Un duel au soleil. Film qui révèle qu'on peut mourir d'amour, comme dans Matador. Passion idéale. Entre possession diabolique et félicité recherchée, entre masochisme infantile et quête d'autorité paternelle, le romantisme a du mal à se frayer un chemin. le scénario ne le laisse pas respirer, s'épuisant à vouloir suivre une mécanique trop logique, s'évertuant de nous faire comprendre tous les motifs chacun. Résolvant chacun des conflits. Après tout chaque scène est une guerre ou une opposition entre rivaux. C'est bien le style qui compense les erreurs de jeunesse. Un rouge omniprésent, des femmes puissantes, des effets d'optique à travers des fenêtres ou des miroirs. On y reconnaît les actrices de films ultérieurs ou antérieurs. une filiation indéniable. Jusque dans la relation entre Maura et Banderas qui fait écho à Femmes au bord de la crise de nerfs, chef d'oeuvre du genre, 2 ans plus tard.
La dernière demi heure de Matador ne permet pas de deviner à quel point Almodovar va progresser en deux ans et deux films (La loi du désir et Femmes...). "Certaines choses échappent à la logique." De 1986 à 1988, le cinéaste aura gagné mystérieusement en maturité. Pour notre plus grande joie. Olé.
 
vincy

 
 
 
 

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