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1917 est une prouesse visuelle épatante avec ce faux plan séquence permanent qui suit deux jeunes soldats sur le front entre tranchées et snipers. Succès inattendu, le film de Sam Mendès est aussi parmi les favoris aux Oscars depuis son Golden Globe.



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gebeka  



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Kirikou et les bêtes sauvages


France / 2005

07.12.05
 



LE PETIT HOMME EN PETITS TOMES





"- C'est une très mauvaise idée d'être nu quand on est avec des abeilles."

Etait-il légitime de faire une suite à Kirikou, sans aucun doute le personnage le plus marquant de l'animation française? La question se pose mais ne mérite finalement aucune réponse. Après tout, même Le Livre de la Jungle et Peter Pan ont eu le droit à un deuxième tour. Mais là Michel Ocelot a préféré bousculer nos habitudes de spectateurs. Kirikou et les bêtes sauvages n'est ni une "sequel" (épisode qui suit le premier film) ni une "prequel" (épisode qui précède le premier film). Les histoires qui nous sont racontées s'ajoutent aux aventures du premier Kirikou, elles s'intègrent dans la lutte entre Kirikou et la vilaine Sorcière. Ce sont comme des bonus, des chapitres coupés, qui, fusionnés, donneraient une épopée de plus de deux heures et demi! Film "hypertexte", on "clique" d'un conte à l'autre, en se fichant du but puisque nous le connaissons déjà. La narration est classique - une série de fables - et pourtant l'ensemble devient un opus abstrait et résolument tourné vers l'émotion et la poésie. exercice qui nous rapproche alors plus de Fantasia que du dessin animé traditionnel.
Ocelot en a profité pour montrer une autre Afrique, pour améliorer sa technique et progresser du côté artistique. A l'image des plantes, les effets de lumière sont plus maîtrisés. Toujours très habile dans les couleurs de la flore, il innove en variant les paysages (savane, désert, montagnes). Le film s'intitule Les bêtes sauvages (hyène, girafe, buffle...) mais ça aurait pu être Les Voyages extraordinaires. Ce Kirikou riquiqui, petit, qui réfléchit, s'en va jusqu'en Afrique de l'Est, aux chûtes Victoria et au Kilimandjaro ("Quel est ce blanc en haut?"). A l'instar de notre Xixo qui partait du Kalahari pour jeter une bouteille de Coca malfaisante dans l'Océan, les voyages de Kirikou formeront sa jeunesse. Enquêteur Kirikou donc qui va traverser un continent qui travaille : poterie, agriculture, marchand, artisanat... Une société matriarcale, entre seins fermes et poitrines flétries, où les enfants, de façon ultime, sont les sauveurs d'un monde déraisonnable, empoisonné. Que les adultes sont peu sages. Que le mal est puissant et sait s'insinuer par où il faut. Que les humains n'ont rien compris, préférant toujours la facilité aux Cassandre prudents. La morale est simple et surtout nous réjouira : pas de polygamie ou de racaille, juste une mère et son fils qui sont solidaires et attentifs l'un à l'autre ("J'ai eu du plaisir à faire ce travail et tu me tenais compagnie"). Kirikou, impertinent, déterminé, harangueur, est d'ailleurs une icône positiviste qui réchauffera nos mentalités glacées par tant de déshumanisation contemporaine. Un modèle d'assurance et de critique, bref de dialectique à lui tout seul ("Que je suis bête parfois!"). La seule star black du cinéma français finalement...
Le film plus affiné graphiquement, plus riche dans ses références visuelles (jusqu'à ce clin d'oeil à Princes et Princesses, en ombres chinoises) perd de sa fluidité avec cette narration morcelée. Les mouvements sont plus réussis et donnent une allure plus cinématographique et un angle moins africain à la réalisation. Plaisant. Sans se trahir et sans ennuyer, Ocelot est parvenu à son objectif ("Et mes histoires sont racontées") et peut-être son but inavoué : rivaliser avec la 3D aseptisée.
Nous, spectateurs, resterons avec cette belle idée où le bien ne lutte pas contre le mal, où le bien est fasciné par le mal, cette image de Kirikou qui voulait juste regarder la sorcière parce qu'elle était belle. Pax Kirikana!
 
vincy

 
 
 
 

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