Les combattants, quatre fois primé à Cannes, est l'un de ces films sensationnels, porté par une mise en scène impeccable et des comédiens remarquables. Souvent drôle, le film est un portrait qui sonne juste autour du mal-être d'une génération.



Catacombes
Des lendemains qui chantent
Expandables 3
Le temps qu'il fait
Les combattants
Ma fleur maladive
Me damne que Dieu me damne
Nos étoiles contraires
Prendre l'air
Reaching for the Moon
Sils Maria
SMS



Adieu au langage
Bird People
Les poings contre les murs
Palo Alto
Con la pata quebrada
Under the skin
Coldwater
Sunhi
Boyhood
Maestro
The Raid 2: Berandal



Qu'est-ce qu'on a fait au bon Dieu?
Deux jours, une nuit
Maléfique
Sous les jupes des filles
Black coal
Xenia
Le conte de la princesse Kaguya
L’ex de ma vie
On a failli être amies
Transcendance
Zero Theorem
Les ponts de Sarajevo
Jimmy's Hall
Dragons 2
Albert à l'ouest
Circles
Everyone's going to die
Les hommes ! De quoi parlent-ils ?
Les vacances du Petit Nicolas
Fastlife
L'homme qu'on aimait trop
Tanta agua
Transformers : L'âge de l'extinction
Palma Real motel
Planes 2
La Planète des singes : l'affrontement
Kumbh Mela, sur les rives du fleuve sacré
New York Melody
Detective Dee II : La légende du dragon des mers
Lucy
Nos pires voisins
Winter Sleep
Black Storm
La dune
Le beau monde
Les Gardiens de la Galaxie






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rezo  



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Kekexili : la patrouille sauvage (Mountain patrol)


Chine / 2004

25.01.06
 



CHASSE A L'HOMME





"- Reviens vivant."

Que ceux qui ont déjà en tête des images buccoliques d'antilopes gambadant gaîment dans une nature verdoyante reviennent immédiatement sur terre. Dans Kekexili : la patrouille sauvage, tout est rude et sans concession, à l'image de la séquence d'ouverture qui montre tour à tour un massacre d'antilopes, leur dépeçage en mode express, le meurtre "gratuit" d'un garde puis la découverte d'un charnier de bêtes ensanglantées alignées à perte de vue. L'horreur cueille le spectateur à froid, lui laissant craindre une longue suite d'atrocités en gros plan. Il n'en est rien, mais cette simple éventualité permet à la tension de s'installer. En une scène, Lu Chuan transforme un film qu'on aurait pu croire écologique en thriller épuré.

Pour cela, il découpe très précisément chaque séquence, chaque scène, chaque plan, de manière à en tirer le maximum en un temps limité. L'action ne s'étire pas, elle se condense. Rien n'est souligné, tout est immédiatement perceptible dans un regard, un geste, une inflexion de voix. Les dialogues sont réduits à quelques phrases très informatives qui permettent presque toujours de faire avancer l'action. Pas de place pour les bavardages inutiles, pas de scènes futiles pour nous faire apprécier les paysages.

Combat épique

Ceux-ci, pourtant, sont omniprésents. Lu Chuan en tire le meilleur sans que l'on puisse jamais le soupçonner de rechercher le pittoresque ou le sensationnel. Kekexili n'est pas un décor, c'est le principal personnage de l'histoire. Celui qui donne (sa beauté, ses animaux, ses rivières) et celui qui prend (la vie, principalement). Les conditions extrêmes dans lesquelles évolue la patrouille sont une simple contrepartie pour ses ciels immenses dévorant la terre et sa voute céleste d'une pureté originelle. Cette hostilité des éléments (on pourrait parler d'acharnement) n'est pas là pour donner une touche de film catastrophe à une œuvre qui n'en a pas vraiment besoin. Elle est la preuve que la nature ne s'apprivoise pas et que l'on ne bat pas pour ce qui est aimable, mais uniquement pour ce qui est important.

Comment ne pas voir, dans ce combat épique, une métaphore de la lutte du peuple tibétain face à l'envahisseur chinois ? Lu Chuan a beau le nier, Kekexili… délivre plus qu'un simple message écologique. Cette ultime traque, on sait rapidement qu'elle sera sans retour. L'une après l'autre, les chances de succès s'amenuisent. Les vivres qui viennent à manquer, d'abord. Puis le carburant. Les cartouches. La nécessité de se séparer en plusieurs groupes. La neige et le froid. Et enfin le destin.

Ri tai, le très charismatique leader de la patrouille (Duo Bujie, excellent) sait qu'arrivé à ce point de sa quête, il doit faire un choix. Céder devant les contingences matérielles et les conditions atmosphériques - c'est-à-dire renoncer, vivre et avoir honte - ou tout abandonner derrière lui et tenter sa dernière chance. Poursuivre les braconniers criminels n'est pas le chemin le plus facile, ni le plus censé, c'est au contraire le pire. Le symbole est criant : au premier degré, c'est le combat magnifique d'hommes prêts à donner leur vie pour une poignée d'antilopes. Au second, il s'agit de la résistance désespérée d'un peuple pour ne pas perdre ses biens les plus précieux : sa culture, son histoire, son identité. Dans les deux cas, c'est un message d'espoir, mais aussi de défi. Plutôt mourir que de renoncer à une part de soi-même.
 
MpM

 
 
 
 

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