Avec La belle saison, Catherine Corsini passe un peu à côté de la chronique du mouvement féministe, de ses luttes et de ses conquêtes, mais elle raconte une histoire d'amour sensuelle entre des personnages qui sonnent justes.



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Antigang
C'était une fois dans l'Ouest
Derrière le mur, la Californie
Dheepan, l'homme qui n'aimait pas la guerre
Hitman: Agent 47
La belle saison
Les dollars des sables
Les milles et une nuits, volume 3; L'enchanté
Les secrets des autres
Sinister 2
Une famille à louer
Ventos de Agosto
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rezo  



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Kekexili : la patrouille sauvage (Mountain patrol)


Chine / 2004

25.01.06
 



CHASSE A L'HOMME





"- Reviens vivant."

Que ceux qui ont déjà en tête des images buccoliques d'antilopes gambadant gaîment dans une nature verdoyante reviennent immédiatement sur terre. Dans Kekexili : la patrouille sauvage, tout est rude et sans concession, à l'image de la séquence d'ouverture qui montre tour à tour un massacre d'antilopes, leur dépeçage en mode express, le meurtre "gratuit" d'un garde puis la découverte d'un charnier de bêtes ensanglantées alignées à perte de vue. L'horreur cueille le spectateur à froid, lui laissant craindre une longue suite d'atrocités en gros plan. Il n'en est rien, mais cette simple éventualité permet à la tension de s'installer. En une scène, Lu Chuan transforme un film qu'on aurait pu croire écologique en thriller épuré.

Pour cela, il découpe très précisément chaque séquence, chaque scène, chaque plan, de manière à en tirer le maximum en un temps limité. L'action ne s'étire pas, elle se condense. Rien n'est souligné, tout est immédiatement perceptible dans un regard, un geste, une inflexion de voix. Les dialogues sont réduits à quelques phrases très informatives qui permettent presque toujours de faire avancer l'action. Pas de place pour les bavardages inutiles, pas de scènes futiles pour nous faire apprécier les paysages.

Combat épique

Ceux-ci, pourtant, sont omniprésents. Lu Chuan en tire le meilleur sans que l'on puisse jamais le soupçonner de rechercher le pittoresque ou le sensationnel. Kekexili n'est pas un décor, c'est le principal personnage de l'histoire. Celui qui donne (sa beauté, ses animaux, ses rivières) et celui qui prend (la vie, principalement). Les conditions extrêmes dans lesquelles évolue la patrouille sont une simple contrepartie pour ses ciels immenses dévorant la terre et sa voute céleste d'une pureté originelle. Cette hostilité des éléments (on pourrait parler d'acharnement) n'est pas là pour donner une touche de film catastrophe à une œuvre qui n'en a pas vraiment besoin. Elle est la preuve que la nature ne s'apprivoise pas et que l'on ne bat pas pour ce qui est aimable, mais uniquement pour ce qui est important.

Comment ne pas voir, dans ce combat épique, une métaphore de la lutte du peuple tibétain face à l'envahisseur chinois ? Lu Chuan a beau le nier, Kekexili… délivre plus qu'un simple message écologique. Cette ultime traque, on sait rapidement qu'elle sera sans retour. L'une après l'autre, les chances de succès s'amenuisent. Les vivres qui viennent à manquer, d'abord. Puis le carburant. Les cartouches. La nécessité de se séparer en plusieurs groupes. La neige et le froid. Et enfin le destin.

Ri tai, le très charismatique leader de la patrouille (Duo Bujie, excellent) sait qu'arrivé à ce point de sa quête, il doit faire un choix. Céder devant les contingences matérielles et les conditions atmosphériques - c'est-à-dire renoncer, vivre et avoir honte - ou tout abandonner derrière lui et tenter sa dernière chance. Poursuivre les braconniers criminels n'est pas le chemin le plus facile, ni le plus censé, c'est au contraire le pire. Le symbole est criant : au premier degré, c'est le combat magnifique d'hommes prêts à donner leur vie pour une poignée d'antilopes. Au second, il s'agit de la résistance désespérée d'un peuple pour ne pas perdre ses biens les plus précieux : sa culture, son histoire, son identité. Dans les deux cas, c'est un message d'espoir, mais aussi de défi. Plutôt mourir que de renoncer à une part de soi-même.
 
MpM

 
 
 
 

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