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L'Adieu de Lulu Wang est à la fois un portrait de famille et un portrait de la Chine contemporaine qui refuse de reconnaître ses faiblesses. Un voyage initiatique sensible et touchant, porté par une mise en scène qui oscille entre le burlesque et le documentaire.



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 (c) Ecran Noir 96 - 20


  



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Charlie's Angels II : Full Throttle (Drôles de dames : les anges se déchaînent)


USA / 2003

16.07.03
 



LES ANGES ONT UN SEXE





"- Je ne reçois plus d’ordre d’un haut-parleur."

Paraît-il que les anges se déchaînent dans ce nouveau volet. Pourtant, ce n’est pas la première impression qui nous vient à l’esprit. Si cet épisode s’avère plus jouissif (sans que ça nous rende très endurant face à la débauche d’effets spéciaux et de cascades dignes du Kama-sutra), c’est davantage pour son retour aux sources que pour ses choix artistiques.
Ces anges années 2000 continuent de se vautrer dans la vulgarité kitsch, façon vintage recyclé, avec moult références seventies et pop culture ­ à commencer par la voiture de "Starsky & Hutch", totalement hors-sujet. Cette allure de calendrier Sports Illustrated - les demoiselles font du surf à Malibu, conduisent des voitures de sport rouge vermillon, utilisent lance-flammes phalliques ou motos de garçons manqués - contrastent fortement avec la série TV. Deux douloureux rappels nous remettent les neurones en place, malgré l’assourdissante cacophonie du film. D’abord un nouveau Bosley benêt, immature, castré par sa maman, sans aucune classe. Ratage intégral, heureusement compensé par d’autres personnages neufs, ce Bosley ne fonctionne pas et ne génère aucune hilarité en solo ni aucune harmonie avec ses anges. Et puis le coup de grâce tombe lorsque un ange "historique" apparaît. Dans une belle lumière divine, au fin fond d’un bar mexicain sordide, telle une icône ressuscitée (ce qu’elle est), Jaclyn Smith, interprète historique de la belle Kelly Garrett, tombe du ciel. Face à Drew Barrymore, y a pas photo. Drew s’offre un brin de légende. Mais la quinquagénaire héroïne de la série TV, toujours superbe, dévore l’écran, vole la vedette, et impose une élégance chic et éternelle. Rhabillez-vous les Pom Pom girls !

Cette différence avec les anciens est encore plus palpable avec John Cleese, en papa dépassé mais flegmatique, et surtout Demi Moore, en dirty angel. La quadra au corps de déesse, au regard incendiaire, à l’arrogance des revenantes, pleine de cette certitude qui habite les vraies grandes stars déchues, Demi n’est fait pas les choses à moitié. Elle flingue à tout va (à son époque, on s’en servait), elle n’est pas soumise à Charlie, et se paye un final infernal. Bonus : elle commandite le premier meurtre du film, dont la victime n’est autre que son ex-mari, Bruce Willis. Un régal par procuration.
Demi Moore a surtout des scènes en solitaire ou face à face avec la star hollywoodienne Cameron Diaz. L’ordre hiérarchique est très bien calculé : pour Diaz, l’ex actrice la mieux payée des années 90-95 (la blonde versus la brune), pour Barrymore la productrice, l’ex Charlie’s Angels de la série, pour Liu, les deux monstres de la comédie : un ex Monty Python et un camarade de Friends. Même l’ordre d’arrivée est réglementé : Diaz arrive, telle la star attendue, en dernière, en bimbo helvétique kitschissime. En l’occurrence, les trois anges se font dévorés crûment par leurs partenaires. Aussi, Diaz, Barrymore et Liu ne sont cohérentes et efficaces qu’ensemble ou en solo. Particulièrement dans les scènes de combat, bien plus captivantes et crédibles que les pseudos "james bonderies" ayant recours à des effets spéciaux invraisemblables les transformant en poupées pixelisées. Cela ne compense vraiment un script tout aussi tiré par les cheveux.

"Que fait un ange si loin du ciel ?". Dieu n’y reconnaîtrait pas leurs seins. Car, derrière ce manque de crédibilité, et malgré un montage peu subtil (le bêtisier final montre qu’il y a eu de découpage sauvage), ces personnages manquent d’épaisseur. Les seuls doutes et dilemmes sont réservés à l’ange exterminateur (Moore) et à Dylan (Barrymore). Cette dernière ouvre la voie à un remplacement de Cameron Diaz, devenue sans doute trop chère pour la productrice qu’elle est.
Par contre, elle se défonce (enfin si je peux me permettre) côté direction artistique. "On va se dégueulasser" clament-elles ! Nous ne sommes pas déçus. Tous les fantasmes du porno chic et du vulgos lolita sont mis à contribution. Ce film de filles est fait pour les mâles. Ceux qui aiment Lui, Max, FHM et Playboy. Des filles qui font des sports extrêmes de mecs. On imagine ce que cela donne au lit. Justement, elles sont plutôt sages, romantiques, et prudes. Typically US. On assouvit les fantasmes les plus éculés en vitrine, et une fois à la maison, elles sont aussi cruches et fades qu’une participante à "C’est mon Choix". On se strip-tease dans un cabaret sur la musique de la Panthère Rose et côté mecs, mieux vaut les baffer, les bouler, les brutaliser que les baiser ! Curieuse conception du couple. Nous en apprenons bien plus sur leur tempérament et sur leurs m¦urs en les voyant au combat qu’avec leur copain.

Ce film n’est qu’un assemblage décomposé et composite. Un produit, un peu mieux foutu que le premier, en tout cas plus intéressant. Son extravagance facilite la vision au énième degré, une dérision assumée, une vulgarité pardonnée. Ce grand huit de parc d’attractions n’est à voir que pour ce qu’il vaut : un divertissement vite consommé, vite oublié. Nous sommes dans un film qui mélange les genres sans traits d’union. Tantôt comédie sentimental, tantôt comédie musicale, outrageusement il plagie les grands, de John Woo à Steven Spielberg. Mais McG, venant du clip vidéo, nous bassine avec un immense film chorégraphié et une BOF envahissante (parfois à côté de la plaque). Ça frôle l’overdose. Et ça épuise le spectateur.
McG n’est qu’un faiseur, avec une vision étroite du monde et sans aucune originalité à insuffler. Génération MTV, post-eighties. Si bien, que le film gagne en intérêt lorsque les quelques notes de musique de la série TV raisonne, quand le générique reprend l’idée de celui d’origine (avec leurs vies racontées en images), bref quand il fouille dans la mémoire collective, quand il réaménage de manière "moderne" la recette traditionnelle. C’est ce qu’a compris Demi Moore en insufflant un peu de folie, un peu de décadence, et beaucoup de noirceur, en saccageant le mythe et en se transformant en "Hell’s angels", loin de l’innocence chaste et docile des " dames " de Charlie. Le choix est toujours le même : "Eclate toi au Paradis" ou "Va en Enfer". La réponse n’est pas si évidente : on s’éclaterait sûrement plus avec la méchante...
 
vincy

 
 
 
 

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