Ne croyez pas que je hurle est le joyau tant attendu de l'année. Film expérimental et sentimental, audace narrative et visuelle, cette expérience signée Frank Beauvais est aussi délicate que mélancolique, curieuse que hypnotique.



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 (c) Ecran Noir 96 - 19


  



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Chicken Run


Royaume Uni / 2000

13.12.00
 



VAS-Y MA POULE!





"- Bonjour Ginger, revenue de vacances?
- Je n'étais pas en vacances, babs. J'étais en cabane d'isolement...
- Ouah... c'est bon d'avoir du temps pour soi... n'est-ce pas?
"

On s'y attendait un peu : avec leur sens inné du suspens et du "storytelling", avec leur don pour nous éblouir en terme d'animation, et avec leurs multiples références cinématographiques, on ne pouvait passer qu'un bon moment. De là à s'émerveiller devant un petit bijou de cinéma, pour un premier long métrage, Lord et Park ont frappé très fort. Tout est dans le détail et le perfectionnisme. D'abord le scénario, très bien écrit, simple, mais rempli de clins d'oeil : It's a mad mad mad mad world et ses vieux coucous, Star Wars et Star Trek, Indiana Jones, The Simpsons, Walalce et Grommit, BraveHeart, Babe, La Grande évasion, Air Force One, ... et même des parodies tels que "Stalag 17" (comme leur poulailler numéro 17), ,True Lies, Papillon, Memphis Belle, Mad Max III ou encore Les 101 Dalmatiens... et sûrement d'autres.
En écrivant une histoire flirtant avec les camps de prisonniers (et la Shoah) de la seconde guerre mondiale, le duo infernal de Aardman a su divertir le public, capter l'attention des enfants comem des plus grands, et surtout maintenir le suspens jusqu'au bout. Belle étude psychologique de groupe (que les piles sont bêtes!), beaux portraits de personnages principaux comme secondaires, Chicken Run est un éloge à la volonté individuelle et à la liberté collective. Les prisons ne sont pas celles que l'on croit,e lles sont avant tout dans la tête. Avant que ces poulets ne tournent vinaigre, cette bande poules mouillées s'offrent des évasions minables, des frayeurs incroyables, des paniques insurmontables, des moments inoubliables. La séance d'entraînement est antholgique. Et la scène musicale est loin d'être loopée. Sans parler de ce looping en avion de fortune, qui en quelques minutes survolent la plupart des films d'action de notre époque, de James Bond à Harrison Ford.
Evidemment, il faut ajouter à cela l'attachement du spectateurs à ces tendres poulets. On ne résistera pas au frimeur Rocky (avec la voix de Gibson en VO et celle du doubleur de Willis en VF), à la féministe Ginger ou au Colonel un peu gâteux. Quant aux méchants humains, leur cupidité est filmée avec ironie et désespoir... Hormis certaines caractéristiques propres aux poules (les oeufs, la bêtise, le maïs), les héroïnes sont avant tout des "femelles" qui s'entraident ou se chamaillent. Le sentiment de fatalité est très bien rendu grâce à des expressions plus vraies que nature.
Mais soulignons-le, Chicken Run est avant tout un chef d'oeuvre du genre, qui plus est en pâte à modeler. La direction artistique, les plans imaginés, et surtout la technique d'animation (mélangeant objets réels et personnages 3D) frôlent l'excellence. Une réjouissance qui nous comble d'autant plus qu'un style aussi singulier et accompli nous permet encore d'espérer un cinéma d'animation (y compris pour enfants) autre que celui de Disney. Basé sur un script aussi intelligent et bien cousu, le film ne perd rien avec sa réalisation brillante et son savoir-faire hérité de courts métrages désormais légendaires. Quand Disney saura faire ça, les poules auront des dents!
Chicken Run - qui cumule humour, action, film noir et romantisme avec un brio unique - est un grand moment de cinéma, avec une technique rarement maîtrisée. Les dialogues fourmillent de jeux de mots, et on aura même le droit à l'enigme sur l'oeuf et la poule (restez jusqu'à la fin du générique!). Au final, on ne peut qu'applaudir, patienter jusqu'aux prochains délires aardmaniens et trouver ces poules bien cool.
 
vincy

 
 
 
 

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