Avec Tolkien n'est pas seulement le récit de la jeunesse du célèbre écrivain, incarné par Nicholas Hoult. C'est aussi un assemblage des influences et inspirations qui ont conduit l'auteur à écrire la saga culte du Seigneur des anneaux.



Anna, un jour
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Bunuel après l'âge d'or
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Contre ton cœur
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Le choc du futur
Le Daim
Les Frenchmen
Little
Nevada
Noureev
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Tolkien



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The Highwaymen
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 (c) Ecran Noir 96 - 19


© Walt Disney Pictures  



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Cars (Quatres Roues)


USA / 2006

14.06.06
 








TACOT TACTE

"- J'ai connu une fille, Doreen... Je l'emboutissais juste pour pouvoir lui parler."

Pixar confirme l’indéniable maîtrise de son art : sa virtuosité graphique (les reflets sur les carrosseries, les effets de lumières, la fluidité des mouvements), sa profondeur narrative (tant psychologique que symbolique) et son talent cinétique certain (particulièrement remarquable dans les courses automobiles). Cars, pari gonflé, réussit surtout à ne pas être une simple histoire de jouets (tendance miniatures Majorette) ou une fantaisie indestructible. Dans ce monde sans bipèdes ou insectes, les machines s’y substituent avec une humanisation si crédible, si évidente que nous en oublions leur carrosserie pour n’y voir que des personnages, sur quatre roues.
Il faut signaler que l’histoire est digne des grands drames romantiques du 7ème Art. Plusieurs couches se superposent, chacune ajoutant une nuance à la palette des caractéristiques des bagnoles. Options toutes inclues. Le scénario bien huilé ne sort jamais des rails, et aucun détour n’est inutile. Plus encore que la critique d’une Amérique ultralibérale et qu’une civilisation qui privilégie la course en avant plutôt que le coup d’œil dans le rétro. La finesse du propos sur ce mythe américain oublié, et, de manière éphémère comme illusoire, ressuscitée s’accompagne d’une absence de démagogie. La route 66 n’est ici invoquée qu’en tant que légende fanée, mais la précarité (et la solidarité) de ces p’tites gentes est bien réelle et renvoie à une Amérique de laissés pour comptes, d’exclus de la prospérité. La puissance sous le capot provient de cette essence hybride d’émotions fédératrices (sensibleries, drôleries, conneries) et de morale optimiste. Loin de nous faire croire au sempiternel « c’était mieux avant », il s’agit surtout de savoir comment rebondir, se remettre en question, chercher une nouvelle voie, sans trop dévier de sa destination. La victoire n’est, par exemple, pas toujours le plus beau des triomphes. Mais dans ce monde commercial (le marketing est omniprésent, voir influent sur la plupart des décisions existentielles de nos protagonistes), il s’agit surtout de trouver un équilibre avec la dimension sentimentale, relationnelle. Plutôt que de courir après le « toujours plus » (de dollars), Lasseter cherche à nous indiquer la voie d’un « encore mieux » (avec de l’amour).
Aussi l’American Dream est davantage l’histoire d’un groupe (comme dans tous les Pixar) prêts à tout pour sauver le « soldat » perdu que celle d’une coupe à gagner (quitte à mettre les autres dans le fossé). En orientant Cars vers un sujet adulte et même un cinéma assez loin des préoccupations des enfants, les auteurs pourront dérouter. Même si Flash McQueen a tout pour plaire aux garçons, même si Martin peut avoir le QI d’un CE1, les rares séquences d’action et autres scènes spectaculaires et gags burlesques ne sont là que pour enrichir un script essentiellement dramatique.

Grâce à un génie de la mise en scène, une débauche de moyens visuels, une envie de pousser la 3D au-delà de la sixième vitesse, Cars nous fait vibrer comme il le faut, sans tenter l'esbrouffe trop attendue. Ainsi Pixar ne néglige pas pour autant la suggestion, s'autorisant les fantaisies expérimentales. On sera ammené à nous mettre dans la « tête » d’un bolide de course avant le top départ avec quelques écrans noirs. Ce minimalisme expressioniste se retrouve dans la séquence où McQueen se paume en terra incognita, loin des circuits et des autoroutes. Avant de se déchaîner dans une série de catastrophes en série, le film d’animation efface les frontières et nous immerge dans un cadre qui est simplement du ressors intime, avec une noirceur minimaliste. Même la plus sophistiquée des machines (informatisée) ne peut rien faire quand elle est perdue au milieu de nulle part, en pleine nature. S’il n’y a pas de régression infantile dans Cars, il y a ces peurs primales (et ces jouissances primitives) du retour aux sources, de la grande évasion de notre civilisation matérialiste.
En mettant leurs avancées technologiques au service du plaisir du spectateur, Pixar gagne sur tous les tableaux, à chaque plan. Ce n’est plus un gadget. C’est une réinvention de l’animation traditionnelle, comme dans les premiers Disney où les personnages étaient confrontés à des situations de paniques malgré les couleurs enchanteresses – de Blanche Neige à Bambi… Ce qui était une prouesse il y a quelques années est devenu une banalité. Pourtant il faut une somme de talents pour parvenir à un résultat si parfait, sans dévier de la mission : le divertissement. Même les vitres / yeux et leurs pupilles azur (plutôt que les classiques phares) ajoutent ce supplément d’âme et d’identification nécessaire pour les rendre expressives –le débat reste ouvert sur ces regards « vitreux » (dignes de Mattel) ou « éclaireurs » (la référence étant le grandiose taxi gouailleur de Roger Rabbit). Entre le cadre suggestif et la caméra subjective, Pixar trouve son juste milieu pour illustrer au plus précis les sensations d’un vroum vroum sur l’asphalte comme ceux d’un cœur qui palpite face aux vastes paysages de Western.
Car ces bagnoles ne sont jamais que nos répliques sur pneus. Avec une touche de désuet (on devine la petite vieille veuve, le juge débonnaire, le shérif moustachu), un soupçon d’exotique (l’Européen est une Ferrari), un flash back rappelant les utopiques trente glorieuses capitalistes. Mais en insérant des histoires dans l’histoire, Lasseter parvient à nous captiver dans un beau récit initiatique où l’apprentissage prend toute sa valeur. Mais pas seulement : le travail a son importance, tout comme la sincérité des intentions. Là où Disney a échoué ces derniers temps, c’est justement dans cette capacité à nous séduire à travers ses messages. Trop caricaturaux chez l’Oncle Walt, ils sont, a contrario, emplis de générosité chez les surdoués du 3D, et ce malgré l’apparente détresse et la réelle tendresse de Cars. Le film qui circule entre fantasme d’une époque et oraison funèbre d’un modèle, choisit plutôt de ne pas choisir. Ni vieilles limo ni tacots, ni Mustang ni Porsche, juste la cohabitation habile, et sans trop de second degré, entre l’amour des uns et la quête des autres. Perfectionnisme qui ne mène jamais au crash, même lorsque les paysages « s’automobilisent ».

La voiture comme incarnation unique de cette Amérique ? Ce serait alors un vrai requiem à une civilisation basée sur le pétrole. À moins que cette fascination pour la machine ne soit qu’une illusion : Lasseter en revenant à des « basiques » artistiques et scénaristiques, en se penchant sur les sources de son Amérique, démontre à quel point la seule chose qui compte c’est de rester humain, de ne pas oublier d’où on vient. Dans Cars la ligne d’arrivée est moquée, ridiculisée, méprisée. C’est le parcours qui intéresse. Et les chemins de traverse que l’on s’autorise à découvrir…
 
V. & PETSSSsss

 
 
 
 

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