Avec Tolkien n'est pas seulement le récit de la jeunesse du célèbre écrivain, incarné par Nicholas Hoult. C'est aussi un assemblage des influences et inspirations qui ont conduit l'auteur à écrire la saga culte du Seigneur des anneaux.



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La Môme


France / 2007

14.02.2007
 



LÀ, MA LEGENDE EST TERMINÉE...





"- Je ne suis pas qu'une ombre de la rue."

La Môme est à opposer à son antithèse, Dreamgirls. Le premier est un "biopic" où le drame l'emporte sur la musique, l'imitation et l'interprétation dominent largement l'inspiration. Le second se veut spectacle et reflet d'une réalité, entraînant et intriguant.
La Môme aurait pu être le grand film sur Piaf. Un écrin pour cette légende de la chanson française (mais pas seulement : elle découvrit Aznavour, Montand, Moustaki...). La promenade aurait pu être musicale, passionnée. L'itinéraire d'un oiseau de malheur. De musique, il ne restera que quelques airs. Les refrains de la dame en noir ne feraient même pas une compilation en rayons. En effet, pour qu'elle soit jolie, la chanson, on en passe des ritournelles en fond sonore, de manière anachronique. Rares sont les moments où elle les incarne, où la Piaf en impose en bête de scène, en chanteuse à flair. On reconnaître les morceaux les plus connus. Mais cela n'intéresse pas Dahan. Il préfère le populo et le pathos, les pûtes et les pitances. Le freudien se dispute la place avec l'esthétique. Même la misère semble factice tellement le cinéma la rend propre. Elle voudrait qu'on la regarde toujours comme ça?
Si encore cette surdose de pathos nous guidait vers une abondance d'émotion... Mais La Môme souffre d'un découpage incohérent. Les allers et retours dans le temps, entre misère, déchéances, déchirures et ascension n'ont aucun lien, aucun renvoi logique,casse l'élan. Puzzle désordonné, le film se permet surtout de révéler des pans entiers (et a priori essentiels) de la vie intime de l'artiste dans les dix dernières minutes ! 40 minutes pour arriver à 1935, Cotillard et Montmartre. 130 minutes pour découvrir l'existence et la mort prématurée de son unique enfant, toujours en 1935.

Morceaux de vies éclatés
Ces non sens et les nombreux non dits (les amants, les amis, les emmerdes notamment à la Libération) démontrent que le "biopic" annoncé n'est en fait qu'une vision très subjective et presque délirante d'un mythe démystifié. Dahan nous aurait-il offert une hallucination auteurisante en nous plongeant dans le destin d'une Piaf revoyant sa vie à rebours lors de son ultime nuit? Il aurait fallu ouvrir le film sur son lit de mort, alors, et non pas sur une tension artificielle qui nous la fait croire mourir sur scène. Tout en rupture et cassure, le film ne rend pas hommage à cette dame qui plie mais ne rompt pas, qui se brise de l'intérieur mais reste forte en apparence. A trop se complaire dans la décrépitude et les larmes, le cinéaste oublie la lumière qu'elle renvoyait...
Où est l'univers intime de cette figure marquante du siècle dernier? Le siècle est absent. Déstructuré. Apolitique. Juste glamour, sensationnel, scandaleux. Des étapes comme autant de ponctuation dans une respiration. Rien qui nous emballe vraiment. La vie de Piaf façon Paris Match. Une bonne enquête.

Quelques éclats de cinéma
Ces manipulations absurdes gâchent le plaisir. Celui de voir Cotillard se débrouiller plutôt bien. Elle est même extrêmement convaincante dès qu'elle passe à la Piaf vieillissante d'après Cerdan. D'ailleurs, les portraits des femmes, satellites qui gravitent autour de l'astre, sont tout aussi passionnants. A l'inverse les personnages masculins sont souvent anecdotiques, de passages, flous. Plaisir, tout de même, de suivre ces individus qu'on lui arrache, qu'elle aime. Cette tragédie permanente. Celui aussi d'admirer un plan séquence dans l'appartement, plan complètement incongru dans la mise en scène mais particulièrement réussi. Celui enfin d'être saisi par une scène forte où l'artiste se donne, en totale souffrance, en complet sacrifice, à Dreux.
Il restera surtout ce beau moment de cinéma qui renverra Lelouch à ses cordes : le match de boxe de Cerdan et le soutien de la midinette amoureuse transie qu'elle est. Un vrai show. Cependant, ne confondons pas ampleur et grandeur. La Môme ambitionne d'avoir l'une mais seule Piaf a l'autre.

Dreamgirl
Elle s'éteint la veille du départ de Cocteau. En 63. A la même époque, à Detroit, la musique sort elle aussi de la rue. Ce sera l'histoire de Dreamgirls aussi étincelant et superficiel que le film de Dahan est pessimiste et tordu. Les Américains ont un véritable savoir faire dans le genre musical. il faut croire que les Français ne savent que compliquer des drames avec du bavardage.
 
v.

 
 
 
 

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