Avec Dark Waters, Todd Haynes s'invite dans le film engagé (côté écolo), le thriller légaliste et l'enquête d'un David contre Goliath. Le film est glaçant et dévoile une fois de plus les méfaits d'une industrialisation sans régulation et sans normes.



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 (c) Ecran Noir 96 - 24


  



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300 (trois cent)


USA / 2006

21.03.2007
 



SHOOT THEM ALL





"Seuls les durs et les forts peuvent se dire Spartiates"

Pas facile de se confronter à un mastodonte cinématographique tiré d'un roman graphique best-seller, construit à grands coups de rumeurs habilement distillées sur le net et attendu comme le messie par les fans de Franck Miller et de Zack Snyder, sans compter tout ce que la planète compte d'amateurs de péplums virils.

Bonne nouvelle, le film tient au moins deux de ses promesses : nous en mettre plein la vue avec une image surtravaillée aux rouges flamboyants et aux contrastes sublimes et exhaler la testostérone. Mauvaise nouvelle, la beauté visuelle et l'ultraviolence des scènes de combat est au service d'un pitch à peu près aussi épais que celui d'un shoot them all de base : tenir sa position et tuer tous ceux qui essayent de passer. Sans l'interactivité et sans le plaisir simple que l'on éprouve à manier soi-même l'épée virtuelle.

Parce qu'autant le dire tout de suite, le coup du monde libre qui s'élève envers et contre tout face à la tyrannie barbare, on nous l'a déjà fait, et il faut bien avouer que l'on est un peu échaudé. Surtout quand en guise de monde libre, on se retrouve avec une troupe de guerriers rigides, champions de l'eugénisme et de la brutalité, dont le seul but dans la vie est de se battre. En face, le cosmopolitisme décadent et sensuel de l'armée perse attirerait presque la sympathie.

Mais soit. Puisqu'on est là, laissez-nous aller au trip spartiate du "pas de pitié, pas de prisonnier" et admirons l'ultra-violence tant vantée par les fans : les têtes décapitées qui volent dans les airs, les corps qui s'effondrent, les geysers de sang, les boyaux joyeusement sortis des ventres, les membres tranchés, les blessés achevés dans de grands râles, les murs de cadavres tout suintant de sang. Chic, de l'hémoglobine et de la baston !!! Hélas, Zack Snyder arrive un peu tard. De la violence ultra-stylisée, brutale et saignante, on en a déjà vu, et de la mieux filmée, ne serait-ce que par Park Chan-Wook, Quentin Tarantino ou Kim Jee-Woon… pour ne citer que les plus récents.

Vent de ridicule

Hormis l'aspect visuel, 300 n'apporte donc pas grand chose de nouveau. Lorsqu'elles sont filmés en plan large, les scènes de combat sont truffées de ralentis maniérés et de mouvements sporadiques. Dès que la caméra se rapproche, le montage est si haché que plus rien n'est vraiment identifiable à l'écran. On voit des fragments de corps, des gestes désordonnés, des mouvements épars, sans bien comprendre de quoi il s'agit. Comble du grotesque, cette joyeuse boucherie est plombée par une musique tonitruante et pompeuse, quand ce n'est pas par la voix-off grandiloquente du narrateur. En guise de souffle épique, il souffle surtout sur le champ de bataille un vent de ridicule.

Faire cohabiter l'extrême virilité avec un certain lyrisme aurait pu apporter au film un second degré salvateur, comme une bouffée d'air frais, mais le scénario est sur ce plan inégal. Il se prend parfois tellement au sérieux (ode à l'honneur et au courage, dialogues boursoufflés, guerriers aux pectoraux si saillants qu'on les croirait en plastique…) que les rares touches d'humour semblent des accidents. Du coup, lorsqu'arrivent le dénouement et son lot de héros sacrificiels et d'imagerie christique, l'émotion a du mal à être au rendez-vous. Les gros muscles et les flots d'hémoglobine, c'est chouette, ça fait viril, mais parfois, un peu d'esprit ne fait pas de mal non plus.
 
MpM

 
 
 
 

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