Avec Dark Waters, Todd Haynes s'invite dans le film engagé (côté écolo), le thriller légaliste et l'enquête d'un David contre Goliath. Le film est glaçant et dévoile une fois de plus les méfaits d'une industrialisation sans régulation et sans normes.



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Raisons d’Etat (The Good Shepherd)


USA / 2007

04.07.2007
 



NIDS D’ESPIONS





« Quoiqu’on vous dise, ne vous fiez à personne. Nous ne nous sommes que des pions. »

Remonter aux origines historiques de la création de la CIA en retraçant le parcours à la fois professionnel et intime de l’un de ses piliers, l’intention était louable et le programme alléchant. Hélas, le résultat ne se révèle pas à la hauteur des espérances. Pour sa deuxième réalisation De Niro s’est beaucoup documenté et a tenu à ce que les évènements relatés soient précis et avérés mais il aurait peut-être dû opter pour le documentaire fictionnel plutôt que pour cette fiction documentée. Plusieurs points pèchent dans ce long métrage. D’abord, la structure narrative, déclinée en flashbacks. Choix étrange autant qu’inutile qui n’a pour conséquence que de rendre la lecture particulièrement ardue et confuse. En outre, ces perpétuels allers-retours pointent un autre défaut majeur du film : aucune évolution ne transparaît dans la performance de son personnage principal. Matt Damon incarne un Edward Wilson glacial, transparent, implacable et immuable de sa jeunesse à la maturité. Soumis au seul appel du devoir patriotique, l’espion ne change pas d’un cil durant tout le film et se réduit à une machine que rien n’affecte vraiment, un mouton qui agit comme on l’attend de lui, sans état d’âme apparent. Aussi cruellement déshumanisé, il ne parvient ni à passionner ni même à rebuter, ce qui est d’autant plus paradoxal que le réalisateur a manifestement souhaité mettre en valeur son parcours personnel et psychologique et les répercussions d’un choix de vie aussi complexe que celui du contre-espionnage sur la vie familiale. Or, si le film pouvait susciter l’intérêt, cela ne pouvait être que par cet angle puisque le reste du récit (paranoïa, manipulations, dilemmes, cynisme, trahisons, sacrifice de la vie privée pour le gouvernement) ne réserve aucune véritable surprise. Il en découle que suivre ce protagoniste aussi peu attrayant pendant presque trois heures sans bailler relève de la gageure.
 
Karine

 
 
 
 

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