La passion Van Gogh est une époustouflante réussite esthétique, qui donne littéralement vie à la peinture de l'artiste. Tant pis pour le scénario plutôt raté et le récit lourdingue, il ne faut pas passer à côté de cette féerie.



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Le Roi et le clown (Wang-ui namja)


Corée du sud / 2005

23.01.2008
 



L’EMPRISE DES SENS





Le sujet comme la forme pourraient nous faire croire à une énième épopée historico-théâtrale asiatique. Illusion, parmi d’autres. Les masques tombent au fur et à mesure de ce film aérien et léger en apparence, tourmenté et tragique au final. Derrière ce classicisme, Lee Jun-ik peint le portrait d’une Corée torturée par la corruption, la tyrannie et la luxure de ses notables, tout en étudiant minutieusement les désirs refoulées et les remords, les envies inassouvies et les regrets de ses personnages, tantôt audacieux et stupides, tantôt sincères et lucides. Cette trame complexe dessine par petites touches une fresque romanesque de grande ampleur.

Cette vision politique d’un Roi aux limites de la folie et clairement paranoïaque se double d’un éloge de la satire, et même de la dialectique par la farce. Le discours burlesque où l’on se moque des puissants devient même une manière d’énoncer des vérités et d’éclairer la réalité sous une lumière plus cruelle. L’art se mue ainsi en (contre) pouvoir. Les excès du Roi, les complots politiques de la cour, le sang dans lequel baigne la dynastie intronisée sont adoucis par les créations imaginatives et acrobatiques de cette troupe qui dévoile, tel Le Canard Enchainé le mercredi, tous les secrets inavouables du Palais. La reconstitution historique et artistique sublime l’ensemble, puisqu’ici masques et costumes, gestes et gags ont vocation à traduire les pensées intimes des uns et des autres.

Si le divertissement est complet, c’est bien grâce à sa dimension romantique et épique. Entre Michel Strogoff pour son calvaire et Adieu ma concubine pour son danger, le film s’offre suffisamment de rebondissements et de retournements de situation pour nous faire palpiter du début à la fin. Le récit tel un conte s’imprime en nous grâce à des diversions plus rocambolesques ou dramatiques, jusqu’à fusionner en une représentation théâtrale somptueuse le flash back pour le Roi et le jeu pour ses clowns. Les bouffons transforment le spectacle en tableaux d’histoire et deviennent alors le lieu de mémoire. Pourtant jamais, cela ne vire dans le mélo ou le factice. La tonalité de cette ballade trouve ses plus beaux instants dans l’ambivalence des protagonistes. En traitant avec autant de tact et de pudeur la question d’une homosexualité forcément dérangeante pour l’époque, et plus généralement en révélant avec justesse le trouble à exprimer ses sentiments, Lee Jun-ik approfondit son drame en faisant son Jules et Jim singulier et purement masculin. Il faut passer par des épreuves cathartiques, généralement liées au sang, à la violence, à la mort, pour que les jeux du je s’estompent au bénéfice d’un moi sûr de lui. Deux hommes amoureux d’un androgyne, et voilà comment Le Roi et le clown s’affrontent pour le plus gracieux des hommes. Comment leurs destins vont se croiser et s’entrechoquer. Comment la sexualité, le sexe même d’un individu n’a rien à voir avec l’attirance et l’amour. Mais si le roi y voit encore un jeu d’enfant qui va le faire sombrer dans ses névroses, le clown en chef y voit l’accession à la raison et va le mener à sa liberté.  
v.

 
 
 
 

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