Avec Etre vivant et le savoir, Alain Cavalier montre que l'art rend hommage à l'art, que le cinéma peut être un hommage grâce à l'image. Dialogue incessant entre le réel des vivants et les souvenirs d'une morte, le film est d'une poésie sublime.



11 fois Fatima
Amazing Grace
Charlotte a 17 ans
Cyrano et la petite valise
Etre vivant et le savoir
Face au vent
Greta
L'autre continent
L'enseignante
Le chant de la couleuvre
Les Particules
Lucie, après moi le déluge
Lune de miel
Ma
Men in Black International
Palmyre
Parasite
Permaculture
Roxane
Salauds de pauvres
Sillages
Un havre de paix
X-Men: Dark Phoenix
Zombi Child



90's
Coming Out
Tremblements
Dieu existe, son nom est Petrunya
Drôles de cigognes
Les météorites
Petra
Douleur et Gloire
Tous les Dieux du ciel



Le garçon qui dompta le vent
Triple frontière
Dumbo
Blanche comme Neige
Le vent de la liberté
Les oiseaux de passage
Ray & Liz
The Highwaymen
Alpha - The Right to Kill
After : Chapitre 1
El Reino
Raoul Taburin
Liz et l'oiseau bleu
The Highwaymen
Avengers: Endgame
L'Adieu à la nuit
Gloria Bell
Coeurs ennemis
Jessica Forever
Hellboy
Les Crevettes pailletées
Le jeune Ahmed
Les plus belles années d’une vie
Rocketman
Sibyl
The Dead don't Die






 (c) Ecran Noir 96 - 19


  



Donnez votre avis...


Nombre de votes : 16

 
Le Roi et le clown (Wang-ui namja)


Corée du sud / 2005

23.01.2008
 



L’EMPRISE DES SENS





Le sujet comme la forme pourraient nous faire croire à une énième épopée historico-théâtrale asiatique. Illusion, parmi d’autres. Les masques tombent au fur et à mesure de ce film aérien et léger en apparence, tourmenté et tragique au final. Derrière ce classicisme, Lee Jun-ik peint le portrait d’une Corée torturée par la corruption, la tyrannie et la luxure de ses notables, tout en étudiant minutieusement les désirs refoulées et les remords, les envies inassouvies et les regrets de ses personnages, tantôt audacieux et stupides, tantôt sincères et lucides. Cette trame complexe dessine par petites touches une fresque romanesque de grande ampleur.

Cette vision politique d’un Roi aux limites de la folie et clairement paranoïaque se double d’un éloge de la satire, et même de la dialectique par la farce. Le discours burlesque où l’on se moque des puissants devient même une manière d’énoncer des vérités et d’éclairer la réalité sous une lumière plus cruelle. L’art se mue ainsi en (contre) pouvoir. Les excès du Roi, les complots politiques de la cour, le sang dans lequel baigne la dynastie intronisée sont adoucis par les créations imaginatives et acrobatiques de cette troupe qui dévoile, tel Le Canard Enchainé le mercredi, tous les secrets inavouables du Palais. La reconstitution historique et artistique sublime l’ensemble, puisqu’ici masques et costumes, gestes et gags ont vocation à traduire les pensées intimes des uns et des autres.

Si le divertissement est complet, c’est bien grâce à sa dimension romantique et épique. Entre Michel Strogoff pour son calvaire et Adieu ma concubine pour son danger, le film s’offre suffisamment de rebondissements et de retournements de situation pour nous faire palpiter du début à la fin. Le récit tel un conte s’imprime en nous grâce à des diversions plus rocambolesques ou dramatiques, jusqu’à fusionner en une représentation théâtrale somptueuse le flash back pour le Roi et le jeu pour ses clowns. Les bouffons transforment le spectacle en tableaux d’histoire et deviennent alors le lieu de mémoire. Pourtant jamais, cela ne vire dans le mélo ou le factice. La tonalité de cette ballade trouve ses plus beaux instants dans l’ambivalence des protagonistes. En traitant avec autant de tact et de pudeur la question d’une homosexualité forcément dérangeante pour l’époque, et plus généralement en révélant avec justesse le trouble à exprimer ses sentiments, Lee Jun-ik approfondit son drame en faisant son Jules et Jim singulier et purement masculin. Il faut passer par des épreuves cathartiques, généralement liées au sang, à la violence, à la mort, pour que les jeux du je s’estompent au bénéfice d’un moi sûr de lui. Deux hommes amoureux d’un androgyne, et voilà comment Le Roi et le clown s’affrontent pour le plus gracieux des hommes. Comment leurs destins vont se croiser et s’entrechoquer. Comment la sexualité, le sexe même d’un individu n’a rien à voir avec l’attirance et l’amour. Mais si le roi y voit encore un jeu d’enfant qui va le faire sombrer dans ses névroses, le clown en chef y voit l’accession à la raison et va le mener à sa liberté.  
v.

 
 
 
 

haut