Avec Dark Waters, Todd Haynes s'invite dans le film engagé (côté écolo), le thriller légaliste et l'enquête d'un David contre Goliath. Le film est glaçant et dévoile une fois de plus les méfaits d'une industrialisation sans régulation et sans normes.



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Brave Story


Japon / 2006

06.02.2008
 



HEROS MALGRE LUI





«- Le destin…on ne peut s’y soustraire »

Conte tout droit sorti de l’imaginaire de l’heroic fantasy, Brave Story plonge son héros, ainsi que le spectateur, au cœur de Vision, un monde merveilleux et dangereux à la fois, où les destins peuvent prendre une autre voie.
Wataru, jeune apprenti-héros pour l’occasion, souhaite justement changer le Destin afin de rendre à sa famille sa vie d’avant…avant que son père ne quitte la maison et que sa mère ne se retrouve plongée dans le coma, à l’hôpital.

Mais le chemin du Destin est parsemé d’embûches. Wataru l’apprendra peu à peu, à ses dépens. Notre héros se lance alors dans une aventure aux allures de quête initiatique dont la première étape consiste à franchir la porte mystérieuse qui relie les deux mondes, celui de Reflet (le sien) et celui de Vision. Ce passage est une sorte de rite représentant son premier pas dans l’autre monde, au sens propre comme au figuré. Le jeune voyageur, à travers ses nombreuses missions, devra en accomplir une encore plus grande : passer de l’enfance à l’adolescence pour enfin se réveiller adulte.

Courage, sagesse, force, bonheur, justice…tracent son chemin. Tout se joue sur la balance du bien et du mal, sur le concept du ying et du yang. Le réalisateur, loin du manichéisme traditionnel de certains films d’animation, traduit ce combat autant par une opposition que par une complémentarité, donnant ainsi toute sa complexité et sa force au récit.
Wataru affronte divers démons du mal (on retrouve à travers eux la griffe Miyazaki) qu’il croise sur son chemin. Mais ici, rien n’est tout blanc ou tout noir et une grande palette de gris vient s’ajouter à ces deux nuances. Les méchants ne sont alors pas toujours ceux que l’on croit. Et finalement, le combat le plus délicat que devra mener Wataru n’est-il pas celui qui l’opposera à lui-même ?

Le réalisateur a aussi eu de très belles idées concernant les lieux dans lesquels évolue le petit Wataru. L’univers de rêve qu’il a réussi à créer est absolument fantastique. Tout comme Alice dans le terrier du lapin (le thème de la quête initiatique n’est jamais bien loin), Wataru se laisse aspirer par un tourbillon qui le projette au sein de Vision. Certains clins d’œil amusent tandis que d’autres références font appel à nos souvenirs. Les univers qui se succèdent ont chacun leurs particularités. Quand le jeune voyageur ne se perd pas au milieu des canaux d’une ville qui ressemble étrangement à Venise, c’est dans les dédales d’une autre ville tout droit sortie du grand froid moscovite qu’il se trouve. Quant au monde de l’eau, il nous rappelle le petit village des Hobbits de Tolkien, tandis qu’un marché truffé de gens nous ramène dans l’imaginaire du Voyage de Chihiro. Les univers se mélangent, s’emmêlent et s’enchaînent, permettant à tous les personnages de se croiser puis de se rencontrer.

Brave Story a le mérite de créer son univers même si certaines références font appel au monde du studio Ghibli. On sent ici la marque de Miyazaki, un brin de poésie en moins. Cependant, de nombreuses idées originales sont bel et bien présentes, notamment dans l’affrontement entre Wataru et son ami Mitsuru, devenu un mage noir dans le monde de Vision. Là encore, le réalisateur évite le piège du manichéisme. Mitsuru n’est jamais présenté comme le méchant de l’histoire. Il ne se définit pas uniquement par ses actes et l’on comprend vite que le mal qui le ronge est très lourd, trop lourd pour lui. La frontière entre le Bien et le Mal est alors mince pour chacun et la ligne facilement franchissable…même pour les enfants. Leur monde est loin d’être aussi rose que dans les contes de fées.

Grâce à Brave Story, cette nouvelle alliance (studio Ghonzo, Fuji TV et Warner Bros) fait désormais partie du paysage de l’animation japonaise. Son but avoué est d’offrir une autre alternative au studio Ghibli. Pari réussi ? L’avenir le dira. Mais ce premier long métrage promet déjà beaucoup...
 
Morgane

 
 
 
 

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