Ne croyez pas que je hurle est le joyau tant attendu de l'année. Film expérimental et sentimental, audace narrative et visuelle, cette expérience signée Frank Beauvais est aussi délicate que mélancolique, curieuse que hypnotique.



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L'heure d'été


France / 2008

05.03.2008
 



UN TOUT PETIT MONDE





L’histoire du nouveau film d’Assayas se situe loin du spectre de la mondialisation qui irriguait les précédents films du réalisateur. Elle se concentre même sur un noyau dur, une typologie bien définie, celle de la famille, de la transmission des savoirs, des souvenirs, des héritages. Donc de la mort. Une mort qui danse entre les enfants obligés de satisfaire à leurs obligations familiales et professionnelles tout en respectant la mémoire de leur mère. Un film intimiste, construit dans ses moments de vie nimbés de soleil, mais aussi dans tous ses autres instants.

Avec L’heure d’été Assayas revient à ses premières amours, celles qui enveloppent des êtres humains pétris de fragilité et qui cherchent à comprendre l’inéluctabilité de l’existence. En construisant son film selon le cycle des saisons, il essaye de suivre une famille sur plusieurs générations, avec son jardin verdoyant et une vie de famille réunie le temps d’un anniversaire. Puis le temps passe, l’on meurt, le soleil disparaît, chacun s’isole. Vient le temps de la réflexion chez les adultes qui appose au film sa tristesse, voire sa mélancolie. Et c’est de celle-ci qu’Assayas essaye de défaire son personnage principal, le frère aîné interprété par Charles Berling, seul des trois enfants à rester attaché à la maison familiale. Comment se défaire de ses souvenirs, peut-on y échapper, doit-on les sauvegarder ? Et l’ultime question : est-ce que tout cela est bien utile ? sont les interrogations égrenés par les trois enfants d’Hélène qui savait par avance, l’avantage de l’âge étant son impitoyable lucidité, que le patrimoine familial ne résisterait pas lors du partage.

La force du film tient à son potentiel émotionnel dont il est difficile de ne pas se sentir affecté. Tout le monde a connu ou peut connaître les difficultés auxquelles font face les personnages du film. Le passé, le présent et le futur sont des notions si fragiles qu’il est difficile de se mettre à la place de l’autre. En cela Assayas vise juste et analyse avec délicatesse les liens unissant les trois enfants, filmant avec pudeur les affres du fils aîné, la nonchalance de Juliette Binoche et la relative froideur du cadet. Mais, loin de ses plans sophistiqués et en trompe l’œil comme dans Demonlover ou Boarding Gate, c’est par sa mise en scène classique voire académique qu’Assayas empêche son film de plonger dans une ambiance à la Tchekhov dont le réalisateur faisait référence lors du tournage. Sa caméra, par trop statique, ne donne pas à voir les failles des personnages et donne au film son côté « chronique d’une petite déception ». Souhaitant à tout prix que son histoire reste dans la lumière, il en oublie une part d’ombre inhérente à toute famille, et par là même en occulte sa profondeur. S’il n’est en aucun cas question de tragédie humaine, il manque à cette Heure d’été une certaine idée du sacrifice. Mais on ne peut pas tout abandonner pour sa famille.
 
Denis

 
 
 
 

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