Avec Dark Waters, Todd Haynes s'invite dans le film engagé (côté écolo), le thriller légaliste et l'enquête d'un David contre Goliath. Le film est glaçant et dévoile une fois de plus les méfaits d'une industrialisation sans régulation et sans normes.

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Wall-E


USA / 2008

30.07.2008
 



HIGH ROBOT





«- Ça ne m’intéresse pas de survivre, je veux vivre.»

Une heure trente qui nous remplit d’extase. Une historie d’A entre deux robots, terriblement humains, et nous nous faisons piéger comme des gamins. Pourtant Pixar nous avait déjà fait le coup avec deux voitures ou deux jouets.
Mais là le récit est concis et le scénario foisonnant, extrêmement bien construit. L’image n’est pas la seule reine même si l’on est abasourdi par la virtuosité des mouvements, fluides, ou la sobriété des gros plans, jouant sur des expressions a priori artificielles et pourtant si intelligentes. Entre charme et simplicité, Wall-E s’inscrit dans les dessins animés d’anthologie, vampirisant ainsi les productions de la maison mère Disney.

L'abondance
Wall-E c’est un robot isolé sur une planète abandonnée. Il n’est pas tout à fait seul puisqu’un cafard, qui n’a rien d’un animal de cartoon, l’accompagne. De plus, il a développé des sentiments au fil des années. Ce qui lui permet d’éprouver des sensations positives et négatives face à un film, une menace, un objet. Il est surtout le petit frère d’E.T., tant dans sa morphologie, que dans son lexique (limité) et ses rêves (rentrer à la maison). Son inspiration est clairement issue des années 80… Vieille mécanique un peu rouillée, Wall-E est donc une légende, qui fait des compressions à la César, compacte le monde et fabrique des scènes de dérision malgré lui. Chaque objet produit son gag et le film fourmille ainsi de petites trouvailles, du son d’un ordinateur Apple quand Wall-E redémarre son propre logiciel à l’énigme du Rubik’s Cube, qui sera résolue par Eve.
Ah, Eve… Un prénom biblique qui a la pomme pècheresse en soi tant elle ressemble au joujou d’Apple, un Ipod aux allures de Sex Toy féminin. Elle est la force, la puissance, il est la maladresse et la timidité. Il est aussi malicieux qu’elle est méfiante, il est aussi émotif qu’elle est impulsive. Entre les deux, c’est une histoire de flamme. Et comme l’amour rend intrépide… … ca va conduire le huis-clos sur la terre vers l’infini et au-delà. Car, cousin des œuvres d’Asimov, Wall-E, bien azimuté, ne néglige pas l’action, l’aventure et même une certaine morale.

La défiance
Car ces deux robots ne sont pas seuls au monde. Les humains ont déserté la Terre, fuyant leurs responsabilités, incapables de solutionner leur carnage (des tommes de détritus), préférant les loisirs, l’ignorance et l’oisiveté. Coupables mais néanmoins insouciants : le portrait est cruel mais juste. Ils sont ainsi devenus obèses, fainéants, ennuyeux. Et d’ailleurs ils s’ennuient. Paralysés, prisonniers du temps, de l’espace, leur cerveau est assisté, et, par conséquent, ils vivent déconnectés du réel, ne dialoguant que virtuellement. Quand par inadvertance, un bug surviendra dans leur ronron, ils vont découvrir, en un regard, un toucher, un sourire, toute une palette d’émotions. En quelques séquences très courtes, l’être humain se réapproprie sa vitalité. Mais cette terrifiante vision d’une humanité peu cosmopolite mais très consumériste, matérialiste et fumiste, ingurgitant ses aliments avec des pailles, n’a rien d’une science-fiction. Et c’est là que Wall-E dépasse son statut de petit robot divertissant. Cette vieille carcasse va être le héros d’un film aux fibres, subversives, écologiques et pédagogiques.

La différence
Le décor dit tout. Un monde post moderne, industriel, rongé par le métal, sans végétal. Des gratte-ciels de matériaux recyclés comme des monuments d’un monde perdu, inutile, désolé. Désolé d’êtres vivants. Désolé que les humains l’ait rendu ainsi. Mais contrairement au sujet du film, ici n’y a rien à jeter. Pixar approfondit ses thèmes « macro » avec constance et rigueur. On est loin des contes de fée. L'aliénation de la société de consommation, le droit à la différence, celui à dépasser sa condition pour s'épanouir, tout y passe. Du coups ce sont les fous qui font de la résistance. Tous les robots ont leur importance. Même le plus simplet, le plus petit a un rôle à jouer. Le nettoyeur voit son obsession maniaque être enfin utile à autre chose que d’enlever les saletés environnantes. De même chez les humains, le Capitaine, bien endormi, va se réveiller et se révéler. Il va apprendre ! Pour lui, aucun doute, les pizzas poussent dans le pré, et sa maison est en Afrique… Etrange lapsus inconscient de la part des auteurs...

L'hypersens
Ces derniers vont en profiter pour glisser des petits hommages au Sputnik ou à Johnny 5 (Short Circuit), à Rencontres du Troisième type ou Vol au dessus d’un nid de coucou (avec cet insolite asile pour robots). On retiendra évidemment l’immense référence à Kubrick et son 2001 : HAL a enfin une sœur, tout aussi machiavélique, dont la voix est celle de Sigourney Weaver (sans ses Aliens). Clin d’œil référencé, cinéphile et donc jouissif.
Avec panache et style, le film alterne suspens, course poursuite, délires et moments emplis de sensibilité. On pourra s’interroger sur le mélange de séquences réelles (le Président), cette blatte presque réaliste, l’hyper-réalisme des décors terrestres, et même l’extrait de comédie musicale (en l'occurrence Hello Dolly). Il n’y a rien de « cartoonesque » dans ces moments là. Mais ils sont infimes et l’ensemble de la direction artistique, rondouillard, pastellisé, coloré, excessif nous faire très vite revenir à une animation plus « classique ». Comme si tout ce qui avait survécu de l’ancien monde (l’insecte, les bandes vidéos, la magie du cinéma et de la musique) faisait écho à la nostalgie d’une civilisation qui, pourtant, vantait les racines du mal, soit le progrès égoïste et le consumérisme.

Pixar, la référence
Cette maestria dans la narration, la technique, la créativité artistique fait de Wall-E un film magistral. Il y a de l’excellence dans ce divertissement émouvant, bouleversant, touchant, amusant, ludique. Une fable qui ose être muette pendant une demi heure et qui rend hommage aux comédies socio-romantiques des Buster Keaton et Charlie Chaplin. Pourtant, Pixar ne recycle rien, ne reproduise pas, n’emprunte pas tant que ça. Ils créent des films dont le qualificatif « animation » n’est qu’une technique. Ils ont réussi là où Disney puis DreamWorks ont échoué. Leur indépendance créative est source de films haut de gamme, jamais décevant, toujours attendus. Sans doute grâce à l’esprit collégial de leurs talents.
Toujours est-il qu’ils électrisent le spectateur, comme Wall-E et Eve frissonnent après s’être flirté. Une étincelle qui reste allumée longtemps dans nos neurones...
 
vincy (& PETSSSsss)

 
 
 
 

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