Avec Dark Waters, Todd Haynes s'invite dans le film engagé (côté écolo), le thriller légaliste et l'enquête d'un David contre Goliath. Le film est glaçant et dévoile une fois de plus les méfaits d'une industrialisation sans régulation et sans normes.



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Mia et le Migou


France / 2007

10.12.2008
 



MIGOU ET GRIS-GRIS COLORES





« - Il y a des êtres qui méritent de trouver ce qu’ils cherchent. »

Le nouveau film de Jacques-Rémy Girerd est une fable poétique qui nous plonge au cœur d’une toile aux couleurs flamboyantes de Raoul Dufy. Mia et le Migou s’appuie sur une véritable recherche picturale et met en scène les couleurs chaudes et envoutantes de la nature sud-américaine jouant de contrastes avec la froideur des grandes villes et de ceux qui les peuplent.

Mia vit dans un petit village d’Amérique Latine. Après un cauchemar elle décide, du haut de ses 10 ans, de partir retrouver son père qui travaille sur un chantier de complexe touristique à l’autre bout du pays. Aldrin (dont la voix appartient au fils du réalisateur), lui, vit dans un tout autre univers, perdu entre une mère qui l’aime mais vit au pôle nord pour des recherches scientifiques et un père, grand promoteur immobilier qui ne pense qu’au fric et aux profits.
Ces deux histoires se déroulant en parallèle vont peu à peu se rejoindre pour n’en former plus qu’une, rassemblées sous plusieurs thèmes fédérateurs. Ceux-ci sont alors divers et variés, d’une grande modernité. Jacques-Rémy Girerd aborde ici des sujets tels que l’exploitation de la main d’œuvre des pays « pauvres », l’amour paternel et son expression, l’éclatement du noyau familial dans les sociétés occidentales mais aussi l’espoir d’un monde meilleur que portent en eux les enfants.

Miyazaki en référence
Mais ce que le réalisateur semble vouloir mettre principalement en avant relève du domaine de la nature, car il faut bien le dire, Mia et le Migou est une fable aussi bien poétique qu’écologique. A l’image de Hayao Miyazaki dans Nausicaä de la vallée du vent ou bien encore Princesse Mononoké, Jacques-Rémy Girerd ne se place pas en donneur de leçon mais plutôt en observateur quasiment impuissant face à la folie de l’Homme. « Impuissant » car c’est notre génération qui détruit la planète mais « quasiment » car Jacques-Rémy Girerd croit en la génération suivante, celle des plus jeunes qui réussiront à inverser la machine et dont les rêves sont encore grands.

Pour mettre en place cette fable écologique, le réalisateur a créé le Migou. Figure poétique et métaphorique représentant le gardien de la forêt, sa nature est indéterminée et il peut changer de forme à la guise de son créateur, Jacques-Rémy Girerd, qui l’utilise telle une pâte vierge, à modeler. Tour à tour géant ou petit être, le Migou oscille entre les règnes animal, végétal et minéral, représentant ainsi tout ce que renferme la forêt tropicale dont il est le protecteur. Mais l’image la plus forte du film est sans doute celle de l’arbre à l’envers. Ses racines poussent sur terre tandis que son feuillage, lui, vit sous terre comme si toute la nature tentait ainsi de se protéger de l’Homme et des catastrophes que ce dernier ne cesse d’engendrer.
Jacques-Rémy Girerd, à travers ses personnages justes et attachants, porte ainsi un regard critique sur la société actuelle tout en laissant une jolie porte ouverte…en espérant que son espoir ne soit pas vain.
 
Morgane

 
 
 
 

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