Avec Dark Waters, Todd Haynes s'invite dans le film engagé (côté écolo), le thriller légaliste et l'enquête d'un David contre Goliath. Le film est glaçant et dévoile une fois de plus les méfaits d'une industrialisation sans régulation et sans normes.



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Lucky Luke


France / 2009

21.10.2009
 



MA MERE S'APPELLE MORRIS





Cela devait arriver un jour ou l'autre. Il ne pouvait y échapper. Alors que Le petit Nicolas occupe la tête du box-office, un autre héros "littéraire" français se voit porter à l'écran avec, bien entendu, le pataquès publicitaire qu'il convient à l'évènement.

Et il faut avouer que chacun a tremblé en entendant l'annonce que Lucky Luke serait en chair et en os dans nos salles obscures. Tout d'abord, il y a eu la question habituelle: qui aura la chance (ou malchance) de l'incarner ? Puis d'autres questions, tout aussi légitimes : n'est-ce pas un peu trop casse gueule lorsque l'on sait que le cinéma de "genre" n'est vraiment pas le fort des français ? Va t-on avoir le droit à une bouffonnerie dans la lignée des Daltons ou à un film plus étoffé, jouant sur l'humour de la BD et le charisme que peuvent inspirer le personnage et le cadre de l'action ?

Et bien Lucky Luke est à la fois une sorte de prolongement de Brice de Nice et à la fois un film qui suit le chemin tracé par les autres adaptations « grand public » de ce type (Astérix et compagnie).
Un prolongement de Brice de Nice car la complicité entre le réalisateur James Huth et Jean Dujardin est évidente. Ou plutôt, devrait-on dire, l'amour que Huth porte à Dujardin et sa volonté de toujours le sacraliser.

Car en effet, en allant voir Lucky Luke, il faut bien avoir en tête que c'est Jean Dujardin en Lucky Luke que vous verrez et non Lucky Luke interprété par Jean Dujardin. L'acteur dépasse ici son personnage, et de loin. Et ce, malgré la volonté même de l'acteur qui a effectué un admirable travail sur sa voix.

Le travail de Huth, lui, est admirable sur les décors et les paysages. Enfin, pour les paysages, il se contente de filmer de temps en temps en plan d'ensemble les beautés de l'Argentine. Mais il traite d'une assez jolie façon la lumière du film pour créer une atmosphère solide de western.
Pas de doute là-dessus, l'Ouest américain est bien là et on ne tombe pas dans la caricature (enfin, pas trop).

La caricature par contre se trouve dans le scénario et surtout, surtout, surtout ! dans la mise en scène. Combien de gros plans, de ralentis sur les regards perçants des acteurs, sur leurs bottes foulant le sol poussiéreux, sur les sabots de leurs destriers, sur leurs colts dont le métal brille au soleil, sur leurs poings se refermant sur leurs gâchettes. L'influence de Sergio Leone est ici trop grande ! James Huth ne fait que du copier-coller. Un copier-coller bien fait, certes, mais l'originalité n'est pas au rendez-vous.

Elle ne l'est pas non plus dans l'histoire, qui est celle de toutes les adaptations de ce genre. Le héros est quelqu'un de profondément bien, mais il a ses démons intérieurs. Il doit les combattre pour avancer, faire sa quête initiatique, sonder le fond de son âme pour au final, se relever. Renaître tel un phénix et aller mettre sa pâté aux méchants.
On retiendra les acteurs, tous "appréciables", le duo Mickaël Youn-Melvil Poupaud en tête. Les deux s'éclatant dans leurs rôles.

Il ne faut pas voir en Lucky Luke un mauvais film. C'est un bon divertissement porté par la seule gueule de Jean Dujardin. Le voyage dans cet univers est sympathique mais au bout du compte, on rangera ce film pas loin d'Astérix aux J.O mais assez loin d'un OSS par exemple...
 
benjamin

 
 
 
 

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