Avec Dark Waters, Todd Haynes s'invite dans le film engagé (côté écolo), le thriller légaliste et l'enquête d'un David contre Goliath. Le film est glaçant et dévoile une fois de plus les méfaits d'une industrialisation sans régulation et sans normes.



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New York, I Love You


/ 2009

14.04.2010
 



NEW YORK DANS TOUS SES ÉTATS





« - God, I love New York ! »

Second volet, après Paris, je t’aime, de la série des Cities of love conçue par Emmanuel Benbihy, New York, I love you nous plonge aux quatre coins de la ville mythique et de ses histoires d’amour. Pour cette deuxième série, Emmanuel Benbihy s’est tourné vers une réalisation qu’il a souhaité plus collective. Les fondus noirs séparant les 18 courts métrages de Paris, je t’aime ont laissé leur place à des transitions réalisées par Randy Balsmeyer dans lesquelles on retrouve des personnages présents dans les différents segments ainsi qu’un personnage récurrent permettant de lier le tout. Ces transitions transportent ainsi le spectateur d’un endroit à l’autre, d’une histoire d’amour à l’autre. Les histoires sont alors interconnectées et le film ressemble plus à un long métrage qu’à une série de courts. En théorie tout du moins car même si cette idée de transitions est très intéressante et donne une certaine unité au film que le spectateur saura apprécié, New York, I love you reste un film collectif dans lequel onze réalisateurs se partagent le travail et les inégalités de ce type d’exercice perdurent malgré ces efforts de transition.

Certains réalisateurs restent dans le conventionnel, filmant de manière très classique cette ville si exubérante où tout va à une vitesse folle et semblent alors parfois en décalage avec l’âme de la Big Apple. D’autres, en revanche, brillent par l’originalité de leur scenario et leur mise en scène sublime. Difficile alors de donner un avis global sur ce film regroupant tant d’histoires différentes. Malgré ce souci d’unité on ne peut que traiter ces courts métrages indépendamment les uns des autres. Cependant les disparités sont moins fortes que dans Paris, je t’aime et l’oeuvre dans son ensemble est plutôt réussie, même si l'on notera le côté très traditionnel des couples que chaque réalisateur s'est plu à former (assez peu d'interculturalité, uniquement des couples hétérosexuels...)

Dans New York, I love you, tout comme les courts métrages, les histoires d’amour sont multiples, tantôt charnelles comme dans le sublime segment d’Allen Hughes, tantôt platoniques comme dans celui de Fatih Akin unissant un peintre et sa muse récalcitrante (très belle Shu Qi). Mais ces histoires peuvent également être une simple rencontre (Shunji Iwai, Brett Ratner, Shekhar Kapur), un jeu (Yvan Attal, Jiang Wen), un amour générationnel (Natalie Portman), un échange culturel (Mira Nair) ou bien encore l’histoire de toute une vie (Joshua Marton).
Mais certains marquent moins que d’autres. Sans être ratés, les segments de Mira Nair et de Brett Ratner sont peu touchants. Tout comme celui de Shekhar Kapur qui, malgré une très belle image, semble traîner en longueur, ce qui est assez déconcertant pour un court métrage. Dommage car son scénario plongeant le spectateur et ses personnages entre réalité et surréalisme laissait présager une bonne surprise mais le film s’étire et perd de vue son idée principale.
Pour son premier passage derrière la caméra, Natalie Portman surprend. Son histoire d’amour se passe au sein du poumon de New York, en plein coeur de Central Park et unit une petite fille et un homme (nounou? papa?). Natalie Portman se penche alors sur les différentes manières de voir cette ville, de la vivre et le fait à travers Teya qui, comme tout un chacun petit, s’amuse à regarder d’un oeil puis de l’autre et réalise que sa vision en est différente. Touchant, le film n’en est pas pour autant bouleversant.
C’est également le cas des réalisations de Jiang Wen, Fatih Akin et Joshua Marston qui, sans nous décevoir vraiment, ne brillent pas non plus complètement, même s’il faut tout de même noter la très belle photographie du court de Jiang Wen.

En revanche, on remarquera trois perles dans ces dix courts métrages : Allen Hughes à Greenwich Village, Shunji Iwai dans l’Upper West Side et Yvan Attal à SoHo.
Le premier réunit deux amants qui, après une nuit torride à priori sans lendemain, se rendent à leur premier vrai rendez-vous tout en se demandant si leur histoire à une quelconque chance de voir le jour. L’un venant à pied l’autre par le métro, le réalisateur Allen Hughes traduit admirablement l’effervescence de cette ville. Tout va très vite, tout parait urbain à l’extrême à un moment où les personnages essaient de réfléchir à leurs sentiments. Ce décalage éprouvé donne une grande force au film et le propulse immédiatement en plein coeur de l’imaginaire new-yorkais.
Celui de Shunji Iwai réunit deux stars du cinéma américain, Orlando Bloom et Christina Ricci. Mêlant univers enfermé à travers le personnage d’Orlando Bloom qui, compositeur de musiques de films, vit reclus dans son appartement et ouverture totale au monde via le téléphone, les mails et les sms, Shunji Iwai évoque une histoire d’amour très actuelle. Une de celles qui nait sans que l’on est jamais vu l’autre et qui pourtant se révèle des plus sincères.
Mais mon véritable petit coup de coeur revient au segment d’Yvan Attal, (et ce n'est pas du chauvinisme mal placé), qui, en réalité, a réalisé deux courts métrages sur la même idée initiale : deux personnes se rencontrent sur le trottoir devant un restaurant de SoHo pour fumer une cigarette. Yvan Attal unit admirablement un scenario original, à la fois drôle et pensé, et une mise en scène sublime aux couleurs chaudes en plein coeur de la nuit new-yorkaise. Yvan Attal a profité de ces deux petits segments pour former deux couples qui s’harmonisent : Maggi Q-Ethan Hawke et Robin Wright Penn-Chris Cooper. Deux rencontres autour d’un moment volé, celui de la cigarette que l’on fume rapidement sur le coin d’un trottoir emmitouflé dans son manteau mais celui aussi de ce moment où tout semble possible, où la rencontre se fait, où le lien se tisse et où chacun peut jouer le personnage qu’il souhaite, avant de révéler son secret... « -Vous savez ce que j’ai toujours aimé à New York ? Ces petits moments que l’on passe sur le trottoir à fumer en réfléchissant à sa vie. On peut regarder les gratte-ciel, humer l’air, regarder les gens, et parfois on rencontre quelqu’un avec qui on a envie de parler». Il n’y a rien de plus à ajouter...
 
morgane

 
 
 
 

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