Avec Dark Waters, Todd Haynes s'invite dans le film engagé (côté écolo), le thriller légaliste et l'enquête d'un David contre Goliath. Le film est glaçant et dévoile une fois de plus les méfaits d'une industrialisation sans régulation et sans normes.



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Millénium 2 - La fille qui rêvait d'un bidon d'essence et d'une allumette


/ 2009

30.06.2010
 



ESPRITS CRIMINELS





«- Quitte à avoir de mauvaises habitudes, que ce soit avec classe. »

Millénium 2 et 3 ont été réalisés pour la télévision, par le même réalisateur. Cela fait une différence notable avec le premier opus, réalisé pour le grand écran, par un autre cinéaste. Si les trois épisodes se suivent chronologiquement, si on ne constate pas un contraste entre le premier opus et ses suites, le scénario nous rappelle qu’on est davantage dans une série TV (brillante) que dans un film dont la narration est proprement cinématographique. Millénium 1 flirtait avec les grandes enquêtes du 7e art, du type Le silence des agneaux. Millénium 2 et 3 rappelle davantage un feuilleton policier haut de gamme. Cette impression est accentuée par l’enchaînement des deux suites, construites assez similairement et liées par la même histoire. Si le premier film peut être vu indépendamment des autres, les deux suivants sont attachés plus fortement : Millénium 3 ne peut pas être vu sans Millénium 2.

Avec La fille qui rêvait d’un bidon d’essence et d’une allumette, la saga imaginée par Stieg Larsson opère des évolutions qui se rapprochent davantage des romans : la rédaction du magazine Millénium est plus présente, la ville de Stokholm prend davantage de place dans le cadre, et la relation ambivalente entre les deux alliés contre-nature, entre Mikael et Lisbeth, est mise à l’écart.

Il reste le portrait d’un pays aux élites décadentes et corrompues, fier de ses Volvo et de ses meubles Ikea. Lisbeth devient le personnage central, et non plus la partenaire, de l’investigation. Mais le schéma est le même : une caste qui cache des secrets, un final cruel et sanglant dans un lieu paumé, un arbre généalogique complexe associés à de nombreux complices. Ce coup-ci, ce n’est pas Mikael qui est en danger, mais Lisbeth, et c’est donc Mikael qui va sauver Lisbeth, et non l’inverse. Symétrie parfaite.

Pour le reste, cela reste un bon thriller, captivant, sans doute le plus intense des trois grâce à sa plus courte durée et une histoire qui nécessite moins d’explications didactiques que les autres. La multiplication des personnages, y crompris des salauds répulsifs et des gras quincas qui bavent quand ils baisent, n’empêche pas d’approfondir la dimension psychologique de ce duo improbable. Elle, égoïste, indestructible, incapable de remercier ceux qui l’aident. Lui, idéaliste, vulnérable, incapable de se protéger lui-même, ou ses proches. S’ils ne prennent contact qu’au bout d’une heure, et ne se croisent que vers la fin, leur traque des porcs sadiques et autres violeurs, se fait en parfaite communion. L’atmosphère est moins oppressante, mais ne manque pas de perversion.

La tragédie est bien glauque. Avec un final presqu’immoral dont la violence rappelle les films américains des années 70, sans se parer d’une esthétque hollywoodienne, Millénium 2 est une transition efficace, et relativement inhumaine. Il y a peu de place pour l’amour dans ce complot cynique.
 
vincy

 
 
 
 

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