Avec Dark Waters, Todd Haynes s'invite dans le film engagé (côté écolo), le thriller légaliste et l'enquête d'un David contre Goliath. Le film est glaçant et dévoile une fois de plus les méfaits d'une industrialisation sans régulation et sans normes.

Best LawyersNewyork Lawyers




Be Natural
Bitero
Canción Sin Nombre
D'égal à égal
De Gaulle
Ducobu 3
Green Boys
Invisible Man
J'irai décrocher la lune
Kongo
L'esprit de famille
La bonne épouse
La communion
La petite taupe aime la nature
Le capital au XXIe siècle
Les visages de la victoire
Mickey and the Bear
Mon nom est clitoris
Mosquito
Nous les chiens
Pappi-sitter
Radioactive
Si c'était de l'amour
Sonic le film
The Demon Inside
The Great Green Wall
The Hunt
Trois étés
Une sirène à Paris
Visions chamaniques
Where is Jimi Hendrix?
Woman



J'ai perdu mon corps
Les misérables
The Irishman
Marriage Story
Les filles du Docteur March
L'extraordinaire voyage de Marona
1917
Jojo Rabbit
L'odyssée de Choum
La dernière vie de Simon
Notre-Dame du Nil
Uncut Gems
Un divan à Tunis
Le cas Richard Jewell
Dark Waters
La communion



Les deux papes
Les siffleurs
Les enfants du temps
Je ne rêve que de vous
La Llorana
Scandale
Bad Boys For Life
Cuban Network
La Voie de la justice
Les traducteurs
Revenir
Un jour si blanc
Birds of Prey et la fantabuleuse histoire de Harley Quinn
La fille au bracelet
Jinpa, un conte tibétain
L'appel de la forêt
Lettre à Franco
Wet Season
Judy
Lara Jenkins
En avant
De Gaulle






 (c) Ecran Noir 96 - 20


  



Donnez votre avis...


Nombre de votes : 27

 
Twilight - chapitre 3 : Hésitation


USA / 2010

07.07.2010
 



BELLA ENTRE BÊTE CHAUDE ET BEAU FRIGIDE





«- Je suis la Suisse, ok ?»

Le troisième épisode de Twilight n’a pas hésité à surdoser tous les ingrédients de la saga : l’amour abstinent, le dilemme de la tentation charnelle, les scènes de combat, et surtout les dialogues romantiques. Les producteurs ont voulu donner une dimension de blockbuster estival, loin du drame adolescent du premier épisode ou du mélo stagnant du deuxième.
Hélas, la saga continue de s’étirer inutilement, faisant évoluer les relations trop lentement. Desservie pas une mise en scène maladroite et faiblement inspirée (les champs/contre champs des séquences de dialogues sont même mal cadrées), le scénario ne prend jamais l’ampleur attendue. Le découpage est en grande partie responsable : l’émotion, l’explication et l’action s’alternent mécaniquement. Les dialogues n’aident pas. Outre l’aspect kitsch – et involontairement hilarant – de la plupart des scènes, les échanges verbaux ajoutent une dimension comique. Taylor Lautner toujours torse nu épilé, avec sa meute, tout ça pour allumer les midinettes (« Tu sens ça ? Chair, sang, chaleur », le diable quoi). En même temps, le peu qu’il a à jouer n’est pas très convainquant. Robert Pattinson, qu’on a connu en plus grande forme, ne semble pas à l’aise avec ses désirs enfouis et cette retenue qui le contraint. Mais comment le blâmer puisqu’on lui donne un champ de fleur où raconter des banalités sur les vertus de l’abstinence sexuelle et de la pureté des âmes. Entre bibliothèque verte et Harlequin, on hésite, Twilight a perdu sa singularité, passant de la métaphore des angoisses existentielles adolescentes à une leçon de morale assez binaire. Bref Bella et les garçons, avec des effets spéciaux basiques, sortent une litanie de platitudes sur l’amour qui feront bailler les plus vieux.

Sang ni chaud ni froid

On peut aussi le voir au second degré et se dire qu’il s’agit d’une comédie humaine. Bella, qu’elle soit « mordue » ou « imprégnée », a le choix entre un suceur et un frotteur. Si elle est clitoridienne, dans les deux cas, elle pourra prendre son pied.
Hélas, il est difficile de garder son sérieux quand les scénaristes, non content de dresser un portrait dramatique (ces gens là ne s’amusent jamais) d’une jeunesse américaine, ont décidé de ne faire que le strict minimum. Hormis un blondinet et novice, la méchante est la même depuis Twilight 1. Il était temps de s’en débarrasser. Mais le foutage de gueule intervient quand un ancêtre lui raconte une légende sur les origines de sa tribu avec une belle histoire de courage et de sacrifice. Ce retour dans le passé nous met alors une grosse puce à l’oreille : on sait comment elle sauvera son chéri. Cette facilité d’écriture anéantit toute surprise et tout intérêt. Ajoutons des flash-backs pour nous raconter les origines de nos amis et les vampires, et tout devient boursoufler, sans cohérence, pesant. Heureusement, les paysages somptueux nous hypnotisent. Il y a du Jan Kounen là dessous.

Un amour de Swan

Et puis il y a Kristen Stewart qui continue à rester crédible et torturée comme il faut. Ses hésitations, ses décisions, ses erreurs sont les seuls rebondissements du film. Elle n’est pas aidée en plus. « je suis vierge » à son père, faut le sortir. « Je te désire » à son mec, sans pouvoir même toucher l’élastique de son slip. Faut l'oser. L’Edward, très Old School, la désire mais ne veut rien faire avant le mariage. « C’est suranné ». Les filles ont du mouiller rien qu’en feuilletant le dico… Ne soyons pas léchant, c’est juste grotesque car simpliste car moraliste car véhiculant une image du sexe d’un autre temps et d’un schéma sociétal qui a pourtant fait beaucoup de dégâts. Le personnage de Lautner aussi fade soit-il a le mérite de faire monter la fièvre (« Je suis plus chaud que toi », ça c’est dit). Mais le film manque d’hormone comme de subtilité.
Gigantesque feuilleton monté comme une bande annonce où l’on sait tout d’avance, il faudra le punch de la séquence finale pour nous sentir un peu concerné par ses mièvreries.

Comme si le film hésitait à force de vouloir satisfaire tous ses fans, sans jamais faire le choix d’offrir une proposition cinématographique à des thèmes universels, plagiés même, qui reflètent notre époque.
 
vincy

 
 
 
 

haut