Hyena, Prix du jury à Beaune et prix d'interprétation masculine aux Arcs, est un polar très noir, aussi violent que désespéré. Une plongée dans l'enfer londonien filmée caméra à l'épaule comme pour mieux nous cogner.



A la poursuite de demain
Bien de chez nous
Certifiée Halal
Christina Noble
D'amour et de dettes
Girls Only
Goodnight Mommy
Irvin yalom, la théorie du bonheur
Jet lag
La cité muette
La loi du marché
La Tête haute
Les lettres portugaises
Mad Max: Fury Road
Naruto the Last
Refugiado
Trois souvenirs de ma jeunesse
Un voisin trop parfait
Une femme iranienne



Selma
Dear White People
A trois on y va
Sea Fog: Les clandestins
Taxi Téhéran
En route!
Jauja
Beyond Clueless
Un pigeon perché sur une branche philosophait sur l'existence
Hyena



Cinquante nuances de Grey
American Sniper
Birdman (ou la surprenante vertu de l'ignorance)
The Voices
Divergente 2: L'insurrection
Still Alice
Un homme idéal
Cendrillon
Diversion
Voyage en Chine
Indian Palace: Suite royale
Journal d’une femme de chambre
Fast & Furious 7
San Francisco 1985
Shaun le mouton
Les châteaux de sable
Suite française
Cake
Dark Places
Jamais de la vie
The Humbling
Lost River
Pourquoi j'ai pas mangé mon père
Une belle fin
Enfant 44
En équilibre
La promesse d'une vie
Good Kill
Every Thing Will Be Fine
Avengers: L'ère d'Ultron
10.000 km
Blind
Le tournoi
Connasse, princesse des coeurs
On est vivants
L'épreuve
Les jardins du Roi
Un peu, beaucoup, aveuglément






 (c) Ecran Noir 96 - 15


  



Donnez votre avis...


Nombre de votes : 465

 
Black Swan


USA / 2010

02.03.2011
 



UN AMOUR DE SWAN





Un film initiatique autour de la danse, quoi de plus classique ? Mais quand c'est Darren Aronofsky aux manettes, l'enjeu diffère. Les attentes aussi. Heureusement, le réalisateur assure, une fois de plus. S'il garde la trame traditionnelle de ce type d'intrigue (promotion soudaine, doutes, jalousies, passion, et même romance entre le prof et son élève...), il y brode un thriller psychologique de son cru, sombre et anxiogène, où tout est en permanence incroyablement juste. A commencer par Natalie Portman, surprenante en femme-enfant terrorisée, jouant sur toute la gamme des émotions allant de la rigidité à l'exubérance. Rarement on l'aura vue aussi habitée par un rôle, et aussi impressionnante.

Coté mise en scène, c'est aussi une réussite, tant le réalisateur parvient à installer une ambiance inquiétante, aussi crédible lorsqu'elle confine à la folie que dans une tonalité plus fantastique. Tantôt ce sont de gros plans sensuels sur le visage et le corps des acteurs, tantôt des plans plus larges dans lesquels on peut facilement lire la solitude affective de Nina, seule dans la salle de répétition ou dans sa chambre. Le trouble vient de l'absence de frontière entre fantasmes et réalité, qui plonge le spectateur dans le même état de paranoïa que l'héroïne. Les séquences hallucinatoires sont même suffisamment réalistes et brèves pour systématiquement planer le doute.

Mais au delà de ces qualités, impossible de ne pas être frappé par les similitudes scénaristiques et thématiques entre Black Swan et le précédent film de Darren Aronofsky, The wrestler. Il s'approprie en effet les rouages de la danse avec la même acuité que ceux du catch. A savoir discipline de fer, souffrances physiques, esprit de compétition et sens inné du sacrifice. Et c'est justement dans ces éléments que s'ancre la psychologie du personnage : c'est parce qu'elle est une danseuse, prête à tout pour son art, que tout vacille peu à peu autour d'elle. Car comment supporter cet explosif cocktail qui allie tout à la fois des exigences de contrôle et de lâcher prise, de technique et d'émotion, de perfection et de spontanéité ? Nina, comme Randy "the ram", refuse de renoncer à une passion dévorante qui est sa seule raison de vivre.

Et si cela fonctionne mieux que dans The wrestler, c'est que l'intrigue se concentre uniquement sur Nina et son obsession de perfection, donnant à l'ensemble une densité supérieure. D'autant que le film utilise avec habilité le ballet qui est au cœur de l'histoire, le Lac des cygnes, comme parallèle au parcours de son héroïne. La danse et la musique ne sont plus des prétextes mais au contraire matière brute qui a besoin de l'intrigue pour prendre sa véritable ampleur. Le cygne, sa symbolique et son histoire, ne sont évidemment pas là par hasard. On y lira même les métaphores que l'on veut sur l'adolescence et l'age adulte, ou le moi et le surmoi. On y trouvera surtout une véritable allégorie du film, majestueux, aérien et désespéré.
 
MpM (Venise)

 
 
 
 

haut