Jamais contente, adaptation de la trilogie de Marie Desplechin (la sœur de) par Emilie Deleuze, affronte l'adolescence sans ménagement. Avec son héroïne réjouissance, un scénario ciselé, le film déjoue les attentes et rend plutôt content.



Born to be Blue
Dalida
Entre les frontières
Harmonium
Jamais contente
La Grande Muraille
La mécanique de l'ombre
La reine Garçon
Ouvert la nuit
Power to Change
The Birth of a Nation
The Fits
The Last face
Un jour mon prince
Wanderlust



Ma vie de Courgette
Mademoiselle
Tu ne tueras point
L'ornithologue
Papa ou maman 2
Premier contact
Go Home
La jeune fille sans mains
Manchester by the Sea
Rogue One : A Star Wars Story
Your name
Neruda



Doctor Strange
Moi, Daniel Blake
Le client
Les Animaux Fantastiques
Alliés
La fille de Brest
Louise en hiver
Ma' Rosa
Sausage Party
Sully
Vaiana, la légende du bout du monde
Wolf and sheep
À Jamais
Absolutely Fabulous: Le Film
Baccalaureat
Carole Matthieu
Demain tout commence
Personal Shopper
Louise en hiver
Assassin's Creed
Avant le déluge
Beauté cachée
Paterson
Souvenir
American Pastoral
Hedi, un vent de liberté
L'Ami (François d'Assises et ses frères)
Le Fondateur
Passengers
La vallée des loups
Nocturnal Animals
Quelques minutes après minuit






 (c) Ecran Noir 96 - 17


  



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Black Swan


USA / 2010

02.03.2011
 



UN AMOUR DE SWAN





Un film initiatique autour de la danse, quoi de plus classique ? Mais quand c'est Darren Aronofsky aux manettes, l'enjeu diffère. Les attentes aussi. Heureusement, le réalisateur assure, une fois de plus. S'il garde la trame traditionnelle de ce type d'intrigue (promotion soudaine, doutes, jalousies, passion, et même romance entre le prof et son élève...), il y brode un thriller psychologique de son cru, sombre et anxiogène, où tout est en permanence incroyablement juste. A commencer par Natalie Portman, surprenante en femme-enfant terrorisée, jouant sur toute la gamme des émotions allant de la rigidité à l'exubérance. Rarement on l'aura vue aussi habitée par un rôle, et aussi impressionnante.

Coté mise en scène, c'est aussi une réussite, tant le réalisateur parvient à installer une ambiance inquiétante, aussi crédible lorsqu'elle confine à la folie que dans une tonalité plus fantastique. Tantôt ce sont de gros plans sensuels sur le visage et le corps des acteurs, tantôt des plans plus larges dans lesquels on peut facilement lire la solitude affective de Nina, seule dans la salle de répétition ou dans sa chambre. Le trouble vient de l'absence de frontière entre fantasmes et réalité, qui plonge le spectateur dans le même état de paranoïa que l'héroïne. Les séquences hallucinatoires sont même suffisamment réalistes et brèves pour systématiquement planer le doute.

Mais au delà de ces qualités, impossible de ne pas être frappé par les similitudes scénaristiques et thématiques entre Black Swan et le précédent film de Darren Aronofsky, The wrestler. Il s'approprie en effet les rouages de la danse avec la même acuité que ceux du catch. A savoir discipline de fer, souffrances physiques, esprit de compétition et sens inné du sacrifice. Et c'est justement dans ces éléments que s'ancre la psychologie du personnage : c'est parce qu'elle est une danseuse, prête à tout pour son art, que tout vacille peu à peu autour d'elle. Car comment supporter cet explosif cocktail qui allie tout à la fois des exigences de contrôle et de lâcher prise, de technique et d'émotion, de perfection et de spontanéité ? Nina, comme Randy "the ram", refuse de renoncer à une passion dévorante qui est sa seule raison de vivre.

Et si cela fonctionne mieux que dans The wrestler, c'est que l'intrigue se concentre uniquement sur Nina et son obsession de perfection, donnant à l'ensemble une densité supérieure. D'autant que le film utilise avec habilité le ballet qui est au cœur de l'histoire, le Lac des cygnes, comme parallèle au parcours de son héroïne. La danse et la musique ne sont plus des prétextes mais au contraire matière brute qui a besoin de l'intrigue pour prendre sa véritable ampleur. Le cygne, sa symbolique et son histoire, ne sont évidemment pas là par hasard. On y lira même les métaphores que l'on veut sur l'adolescence et l'age adulte, ou le moi et le surmoi. On y trouvera surtout une véritable allégorie du film, majestueux, aérien et désespéré.
 
MpM (Venise)

 
 
 
 

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