Inherent Vice ou l'ambition de Paul Thomas Pynchon d'adapter un roman de Thomas Pynchon. La fresque est audacieuse, parfois brillante, souvent molle. Reste de grands comédiens et un vrai sens du plan au cinéma.



Chappie
Chelli
Citizenfour
Inherent Vice
L'abri
L'Art de la fugue
L'ennemi de la classe
La vie des gens
Le cercle
Le grand musée
Retour à la vie
Snow in Paradise
Tokyo Fiancée



Mommy
Gone girl
Mr. Turner
Le chant de la mer
Timbuktu
Whiplash
L'affaire SK1
Bébé Tigre
Les nouveaux sauvages
Discount
Snow Therapy
It Follows
Kingsman: Services secrets



Paddington
Le Hobbit: La bataille des cinq armées
La famille Bélier
Invincible
Les souvenirs
Wild
Foxcatcher
Rendez-vous à Atlit
Tak3n (Taken 3)
Une merveilleuse histoire du temps
Into the Woods: Promenons-nous dans les bois
Phoenix
Toute première fois
Imitation game
Félix et Meira
Frank
Jupiter: Le destin de l'univers
La grande aventure de Maya l'abeille
Les jours venus
Les Moomins sur la Riviera
Papa ou Maman
L'enquête
Les merveilles
Les nouveaux héros
Mon fils
Cinquante nuances de Grey
Bob l'éponge: Un héros sort de l'eau
American Sniper
Max et Lenny
Things People Do
Vincent n'a pas d'écailles
Projet Almanac
Tracers
Loin de mon père
Les chevaliers du Zodiaque - la légende du Sanctuaire
Le dernier loup
Hungry Hearts
Birdman (ou la surprenante vertu de l'ignorance)






 (c) Ecran Noir 96 - 15


  



Donnez votre avis...


Nombre de votes : 462

 
Black Swan


USA / 2010

02.03.2011
 



UN AMOUR DE SWAN





Un film initiatique autour de la danse, quoi de plus classique ? Mais quand c'est Darren Aronofsky aux manettes, l'enjeu diffère. Les attentes aussi. Heureusement, le réalisateur assure, une fois de plus. S'il garde la trame traditionnelle de ce type d'intrigue (promotion soudaine, doutes, jalousies, passion, et même romance entre le prof et son élève...), il y brode un thriller psychologique de son cru, sombre et anxiogène, où tout est en permanence incroyablement juste. A commencer par Natalie Portman, surprenante en femme-enfant terrorisée, jouant sur toute la gamme des émotions allant de la rigidité à l'exubérance. Rarement on l'aura vue aussi habitée par un rôle, et aussi impressionnante.

Coté mise en scène, c'est aussi une réussite, tant le réalisateur parvient à installer une ambiance inquiétante, aussi crédible lorsqu'elle confine à la folie que dans une tonalité plus fantastique. Tantôt ce sont de gros plans sensuels sur le visage et le corps des acteurs, tantôt des plans plus larges dans lesquels on peut facilement lire la solitude affective de Nina, seule dans la salle de répétition ou dans sa chambre. Le trouble vient de l'absence de frontière entre fantasmes et réalité, qui plonge le spectateur dans le même état de paranoïa que l'héroïne. Les séquences hallucinatoires sont même suffisamment réalistes et brèves pour systématiquement planer le doute.

Mais au delà de ces qualités, impossible de ne pas être frappé par les similitudes scénaristiques et thématiques entre Black Swan et le précédent film de Darren Aronofsky, The wrestler. Il s'approprie en effet les rouages de la danse avec la même acuité que ceux du catch. A savoir discipline de fer, souffrances physiques, esprit de compétition et sens inné du sacrifice. Et c'est justement dans ces éléments que s'ancre la psychologie du personnage : c'est parce qu'elle est une danseuse, prête à tout pour son art, que tout vacille peu à peu autour d'elle. Car comment supporter cet explosif cocktail qui allie tout à la fois des exigences de contrôle et de lâcher prise, de technique et d'émotion, de perfection et de spontanéité ? Nina, comme Randy "the ram", refuse de renoncer à une passion dévorante qui est sa seule raison de vivre.

Et si cela fonctionne mieux que dans The wrestler, c'est que l'intrigue se concentre uniquement sur Nina et son obsession de perfection, donnant à l'ensemble une densité supérieure. D'autant que le film utilise avec habilité le ballet qui est au cœur de l'histoire, le Lac des cygnes, comme parallèle au parcours de son héroïne. La danse et la musique ne sont plus des prétextes mais au contraire matière brute qui a besoin de l'intrigue pour prendre sa véritable ampleur. Le cygne, sa symbolique et son histoire, ne sont évidemment pas là par hasard. On y lira même les métaphores que l'on veut sur l'adolescence et l'age adulte, ou le moi et le surmoi. On y trouvera surtout une véritable allégorie du film, majestueux, aérien et désespéré.
 
MpM (Venise)

 
 
 
 

haut