New York Melody, ce n'est ni un mélo ni une romance. Plutôt un film enchanté où la musique sert de thérapie pour deux êtres largués. Touchant et joyeux, folk et vibrant.



Baby Balloon
Echo
Hasta Manana
Kumbh Mela, sur les rives du fleuve sacré
La Planète des singes : l'affrontement
Mister Babadook
Moonwalk one
New York Melody



Adieu au langage
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Les poings contre les murs
Palo Alto
Con la pata quebrada
Under the skin
Coldwater
Sunhi
Boyhood
Maestro
The Raid 2: Berandal



Qu'est-ce qu'on a fait au bon Dieu?
Godzilla
The Homesman
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Deux jours, une nuit
Amour sur place ou à emporter
La liste de mes envies
Le vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire
Maléfique
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Sous les jupes des filles
Black coal
Un amour sans fin
Jersey Boys
The Two Faces of January
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Xenia
Le coeur battant
Le conte de la princesse Kaguya
L’ex de ma vie
On a failli être amies
Transcendance
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Dragons 2
Albert à l'ouest
Circles
Everyone's going to die
Les hommes ! De quoi parlent-ils ?
Les vacances du Petit Nicolas
Fastlife
L'homme qu'on aimait trop
Tanta agua
Transformers : L'âge de l'extinction
Palma Real motel
Planes 2






 (c) Ecran Noir 96 - 14


  



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Black Swan


USA / 2010

02.03.2011
 



UN AMOUR DE SWAN





Un film initiatique autour de la danse, quoi de plus classique ? Mais quand c'est Darren Aronofsky aux manettes, l'enjeu diffère. Les attentes aussi. Heureusement, le réalisateur assure, une fois de plus. S'il garde la trame traditionnelle de ce type d'intrigue (promotion soudaine, doutes, jalousies, passion, et même romance entre le prof et son élève...), il y brode un thriller psychologique de son cru, sombre et anxiogène, où tout est en permanence incroyablement juste. A commencer par Natalie Portman, surprenante en femme-enfant terrorisée, jouant sur toute la gamme des émotions allant de la rigidité à l'exubérance. Rarement on l'aura vue aussi habitée par un rôle, et aussi impressionnante.

Coté mise en scène, c'est aussi une réussite, tant le réalisateur parvient à installer une ambiance inquiétante, aussi crédible lorsqu'elle confine à la folie que dans une tonalité plus fantastique. Tantôt ce sont de gros plans sensuels sur le visage et le corps des acteurs, tantôt des plans plus larges dans lesquels on peut facilement lire la solitude affective de Nina, seule dans la salle de répétition ou dans sa chambre. Le trouble vient de l'absence de frontière entre fantasmes et réalité, qui plonge le spectateur dans le même état de paranoïa que l'héroïne. Les séquences hallucinatoires sont même suffisamment réalistes et brèves pour systématiquement planer le doute.

Mais au delà de ces qualités, impossible de ne pas être frappé par les similitudes scénaristiques et thématiques entre Black Swan et le précédent film de Darren Aronofsky, The wrestler. Il s'approprie en effet les rouages de la danse avec la même acuité que ceux du catch. A savoir discipline de fer, souffrances physiques, esprit de compétition et sens inné du sacrifice. Et c'est justement dans ces éléments que s'ancre la psychologie du personnage : c'est parce qu'elle est une danseuse, prête à tout pour son art, que tout vacille peu à peu autour d'elle. Car comment supporter cet explosif cocktail qui allie tout à la fois des exigences de contrôle et de lâcher prise, de technique et d'émotion, de perfection et de spontanéité ? Nina, comme Randy "the ram", refuse de renoncer à une passion dévorante qui est sa seule raison de vivre.

Et si cela fonctionne mieux que dans The wrestler, c'est que l'intrigue se concentre uniquement sur Nina et son obsession de perfection, donnant à l'ensemble une densité supérieure. D'autant que le film utilise avec habilité le ballet qui est au cœur de l'histoire, le Lac des cygnes, comme parallèle au parcours de son héroïne. La danse et la musique ne sont plus des prétextes mais au contraire matière brute qui a besoin de l'intrigue pour prendre sa véritable ampleur. Le cygne, sa symbolique et son histoire, ne sont évidemment pas là par hasard. On y lira même les métaphores que l'on veut sur l'adolescence et l'age adulte, ou le moi et le surmoi. On y trouvera surtout une véritable allégorie du film, majestueux, aérien et désespéré.
 
MpM (Venise)

 
 
 
 

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