L'ile aux chiens, nouvelle fable (engagée) de Wes Anderson, Ours d'argent du meilleur réalisateur à Berlin, est artistiquement brillante, son récit entre dérision et aventures très foisonnant.



Allons enfants
Escobar
Eternity has no door for escape
Game Night
Jean Ziegler
Jersey Affair
Katie Says Goodbye
Larguées
Love Addict
Mes Provinciales
My Wonder Women
Nico, 1988
Notre enfant
Nous sommes l'himanité
Place publique
Sonate pour Roos
Strangers: Prey at Night



Black Panther
La forme de l'eau
Call Me By Your Name
Les garçons sauvages
Ghostland
Mektoub, My Love: Canto Uno
Les Destinées d'Asher
Ready Player One
The Rider
La révolte des jouets
L'île aux chiens



Le Labyrinthe: Le remède mortel
Le retour du héros
Phantom Thread
Moi, Tonya
Criminal Squad
Mary et la fleur de la sorcière
La Ch'tite Famille
La fête est finie
Lady Bird
Eva
La caméra de Claire
Le jour de mon retour
Les étoiles restantes
The Disaster Artist
L'Affaire Roman J.
Chien
La Belle et la Belle
Tomb Raider
Un raccourci dans le temps
Pacific Rim Uprising
La prière
Coby
Croc-Blanc
Madame Hyde
A l'heure des souvenirs
Don't worry he won't get far on foot
Pierre Lapin
La mort de Staline
Red Sparrow
Kings
Taxi 5






 (c) Ecran Noir 96 - 18


  



Donnez votre avis...


Nombre de votes : 4

 
Black Swan


USA / 2010

02.03.2011
 



UN AMOUR DE SWAN





Un film initiatique autour de la danse, quoi de plus classique ? Mais quand c'est Darren Aronofsky aux manettes, l'enjeu diffère. Les attentes aussi. Heureusement, le réalisateur assure, une fois de plus. S'il garde la trame traditionnelle de ce type d'intrigue (promotion soudaine, doutes, jalousies, passion, et même romance entre le prof et son élève...), il y brode un thriller psychologique de son cru, sombre et anxiogène, où tout est en permanence incroyablement juste. A commencer par Natalie Portman, surprenante en femme-enfant terrorisée, jouant sur toute la gamme des émotions allant de la rigidité à l'exubérance. Rarement on l'aura vue aussi habitée par un rôle, et aussi impressionnante.

Coté mise en scène, c'est aussi une réussite, tant le réalisateur parvient à installer une ambiance inquiétante, aussi crédible lorsqu'elle confine à la folie que dans une tonalité plus fantastique. Tantôt ce sont de gros plans sensuels sur le visage et le corps des acteurs, tantôt des plans plus larges dans lesquels on peut facilement lire la solitude affective de Nina, seule dans la salle de répétition ou dans sa chambre. Le trouble vient de l'absence de frontière entre fantasmes et réalité, qui plonge le spectateur dans le même état de paranoïa que l'héroïne. Les séquences hallucinatoires sont même suffisamment réalistes et brèves pour systématiquement planer le doute.

Mais au delà de ces qualités, impossible de ne pas être frappé par les similitudes scénaristiques et thématiques entre Black Swan et le précédent film de Darren Aronofsky, The wrestler. Il s'approprie en effet les rouages de la danse avec la même acuité que ceux du catch. A savoir discipline de fer, souffrances physiques, esprit de compétition et sens inné du sacrifice. Et c'est justement dans ces éléments que s'ancre la psychologie du personnage : c'est parce qu'elle est une danseuse, prête à tout pour son art, que tout vacille peu à peu autour d'elle. Car comment supporter cet explosif cocktail qui allie tout à la fois des exigences de contrôle et de lâcher prise, de technique et d'émotion, de perfection et de spontanéité ? Nina, comme Randy "the ram", refuse de renoncer à une passion dévorante qui est sa seule raison de vivre.

Et si cela fonctionne mieux que dans The wrestler, c'est que l'intrigue se concentre uniquement sur Nina et son obsession de perfection, donnant à l'ensemble une densité supérieure. D'autant que le film utilise avec habilité le ballet qui est au cœur de l'histoire, le Lac des cygnes, comme parallèle au parcours de son héroïne. La danse et la musique ne sont plus des prétextes mais au contraire matière brute qui a besoin de l'intrigue pour prendre sa véritable ampleur. Le cygne, sa symbolique et son histoire, ne sont évidemment pas là par hasard. On y lira même les métaphores que l'on veut sur l'adolescence et l'age adulte, ou le moi et le surmoi. On y trouvera surtout une véritable allégorie du film, majestueux, aérien et désespéré.
 
MpM (Venise)

 
 
 
 

haut