Felicidad est une comédie douce amère argentine sur les rapports amoureux et les liens amicaux autour d'un homme qui a disparu. Daniel Burman s'interroge ainsi sur la trahison et la fidélité dans une société qui refuse l'audace et le rêve.



Canailles connection
Chef
Chemin de croix
Et (beaucoup) plus si affinités
Felicidad
Felix et les loups
Fidai
Fièvres
Fils de
Gimme Shelter
John Wick
Les filles d'Eve et du serpent
Que ta joie demeure
The Giver - Le passeur
The November Man
Vie sauvage



Under the skin
Boyhood
Maestro
The Raid 2: Berandal
Les combattants
L'enlèvement de Michel Houellebecq
3 coeurs
Refroidis
Still the Water
Mommy
Le garçon et le monde
Gone girl



Qu'est-ce qu'on a fait au bon Dieu?
Lucy
Winter Sleep
Les Gardiens de la Galaxie
Party Girl
Hippocrate
Gemma Bovery
Shirley, un voyage dans la peinture d'Edward Hopper
Pride
Sin City: j'ai tué pour elle
Un homme très recherché
Avant d'aller dormir
Elle l’adore
I Origins
Leviathan
Saint Laurent
Bodybuilder
Equalizer
Tu veux ou tu veux pas
The Tribe
Casse
Lou! Journal infime
Le Labyrinthe
Samba
Les Boxtrolls
Lilting ou la délicatesse
White Bird
Bande de filles
Fury
Magic in the Moonlight






 (c) Ecran Noir 96 - 14


  



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Black Swan


USA / 2010

02.03.2011
 



UN AMOUR DE SWAN





Un film initiatique autour de la danse, quoi de plus classique ? Mais quand c'est Darren Aronofsky aux manettes, l'enjeu diffère. Les attentes aussi. Heureusement, le réalisateur assure, une fois de plus. S'il garde la trame traditionnelle de ce type d'intrigue (promotion soudaine, doutes, jalousies, passion, et même romance entre le prof et son élève...), il y brode un thriller psychologique de son cru, sombre et anxiogène, où tout est en permanence incroyablement juste. A commencer par Natalie Portman, surprenante en femme-enfant terrorisée, jouant sur toute la gamme des émotions allant de la rigidité à l'exubérance. Rarement on l'aura vue aussi habitée par un rôle, et aussi impressionnante.

Coté mise en scène, c'est aussi une réussite, tant le réalisateur parvient à installer une ambiance inquiétante, aussi crédible lorsqu'elle confine à la folie que dans une tonalité plus fantastique. Tantôt ce sont de gros plans sensuels sur le visage et le corps des acteurs, tantôt des plans plus larges dans lesquels on peut facilement lire la solitude affective de Nina, seule dans la salle de répétition ou dans sa chambre. Le trouble vient de l'absence de frontière entre fantasmes et réalité, qui plonge le spectateur dans le même état de paranoïa que l'héroïne. Les séquences hallucinatoires sont même suffisamment réalistes et brèves pour systématiquement planer le doute.

Mais au delà de ces qualités, impossible de ne pas être frappé par les similitudes scénaristiques et thématiques entre Black Swan et le précédent film de Darren Aronofsky, The wrestler. Il s'approprie en effet les rouages de la danse avec la même acuité que ceux du catch. A savoir discipline de fer, souffrances physiques, esprit de compétition et sens inné du sacrifice. Et c'est justement dans ces éléments que s'ancre la psychologie du personnage : c'est parce qu'elle est une danseuse, prête à tout pour son art, que tout vacille peu à peu autour d'elle. Car comment supporter cet explosif cocktail qui allie tout à la fois des exigences de contrôle et de lâcher prise, de technique et d'émotion, de perfection et de spontanéité ? Nina, comme Randy "the ram", refuse de renoncer à une passion dévorante qui est sa seule raison de vivre.

Et si cela fonctionne mieux que dans The wrestler, c'est que l'intrigue se concentre uniquement sur Nina et son obsession de perfection, donnant à l'ensemble une densité supérieure. D'autant que le film utilise avec habilité le ballet qui est au cœur de l'histoire, le Lac des cygnes, comme parallèle au parcours de son héroïne. La danse et la musique ne sont plus des prétextes mais au contraire matière brute qui a besoin de l'intrigue pour prendre sa véritable ampleur. Le cygne, sa symbolique et son histoire, ne sont évidemment pas là par hasard. On y lira même les métaphores que l'on veut sur l'adolescence et l'age adulte, ou le moi et le surmoi. On y trouvera surtout une véritable allégorie du film, majestueux, aérien et désespéré.
 
MpM (Venise)

 
 
 
 

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