Ne croyez pas que je hurle est le joyau tant attendu de l'année. Film expérimental et sentimental, audace narrative et visuelle, cette expérience signée Frank Beauvais est aussi délicate que mélancolique, curieuse que hypnotique.



Betty Marcusfeld
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La fameuse invasion des ours en Sicile
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Papicha
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Parasite
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Un jour de pluie à New York
Bacurau
Ne croyez surtout pas que je hurle
Alice et le Maire
Les mondes imaginaires de Jean-François Laguionie



L'œuvre sans auteur
Comme des bêtes 2
Fast and Furious: Hobbs and Shaw
Le Gangster, le Flic et l’Assassin
Once Upon a Time... in Hollywood
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Playmobil, le film
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Roubaix, une lumière
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Les hirondelles de Kaboul
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The Bra
Tu mérites un amour
De sable et de feu
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Trois jours et une vie
Portrait de la jeune fille en feu
Au nom de la terre
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Gemini Man






 (c) Ecran Noir 96 - 19


  



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The Town


USA / 2010

15.09.2010
 



GONE MOVIE GONE




"- J'ai besoin de ton aide. Ne me pose aucune question, on doit aller faire du mal à quelqu'un.
- On prend quelle voiture ?
"

Prenez n'importe quel film de braquage, ajoutez-y une musique tonitruante et répétitive, imaginez Ben Afflek dans le rôle principal, saupoudrez de course-poursuites et de dialogues pseudo-romantiques, plongez dans un bain de morale bien pensante et vous tenez The Town, nouvelle incursion de l'acteur derrière la caméra. Tout sarcasme mis à part, le film donne effectivement l'impression de mettre en scène platement une histoire on ne peut plus conventionnelle. Rien n'y manque, du traumatisme d'enfance à l'espoir de rédemption, et même la construction s'avère on ne peut plus classique, enchaînant comme à la parade les étapes incontournables du genre : le premier hold-up est un succès, le deuxième manque d'échouer, le troisième est une catastrophe... et ainsi de suite.

L'ambition de Ben Afflek est apparemment de réaliser un thriller qui ait du coeur et une âme. Il fait donc la part belle à l'aspect psychologique de l'intrigue, ce qui se traduit par de nombreuses scènes à tonalité romantique et intimiste (avec la ravissante Rebecca Hall, entre autres). Le revers de la médaille, c'est que ces séquences sont systématiquement trop bavardes, cherchant à expliquer ou justifier le comportement de son personnage principal. Surtout, il ne faudrait pas que celui-ci soit perçu comme quelqu'un de "mauvais"... De ce fait, le cinéaste laisse relativement peu de marge de manoeuvre au spectateur à qui il dicte ce qu'il faut penser, en faisant de chaque personnage un stéréotype dénué de profondeur ou de personnalité. Dans les scènes d'action, c'est la même chose. Chaque séquence est si découpée, presque dynamitée, qu'elle ne requiert que passivité du regard. Ça mitraille dans tous les sens, les pneus crissent sur la chaussée, le sang coule... et à l'écran, tout est recraché sous la forme d'une succession d'images figées, banales, presque vidées de leur sens.

Comme on ne peut s'empêcher de comparer avec le précédent long métrage du réalisateur, Gone Baby Gone d'où il se dégageait de la tension et du malaise, on est déçu, peut-être injuste. Car dans le fond The Town répond à une certaine forme de cahier des charges du film de gangster. Un peu comme un pianiste fait ses gammes, se contentant du minimum syndical de la créativité.
 
MpM (Venise)

 
 
 
 

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