Ne croyez pas que je hurle est le joyau tant attendu de l'année. Film expérimental et sentimental, audace narrative et visuelle, cette expérience signée Frank Beauvais est aussi délicate que mélancolique, curieuse que hypnotique.



Betty Marcusfeld
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Chambre 212
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Joker
La fameuse invasion des ours en Sicile
La grande cavale
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On va tout péter
Papicha
Pour Sama
Quelle folie
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Tout est possible



Parasite
Le Roi Lion
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Bacurau
Ne croyez surtout pas que je hurle
Alice et le Maire
Les mondes imaginaires de Jean-François Laguionie



L'œuvre sans auteur
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Fast and Furious: Hobbs and Shaw
Le Gangster, le Flic et l’Assassin
Once Upon a Time... in Hollywood
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Playmobil, le film
Une grande fille
Roubaix, une lumière
Thalasso
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Les hirondelles de Kaboul
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De sable et de feu
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Trois jours et une vie
Portrait de la jeune fille en feu
Au nom de la terre
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Gemini Man






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Raiponce (Tangled)


USA / 2010

01.12.2010
 



CHEVEUX LONGS, IDEES COURTES





« - je ne sais pas pourquoi mais en ce moment personne ne m’aime »

Le ciel se grise, le froid commence à souffler, la nuit tombe de plus en plus tôt et Noël approche à grands pas... Aucun doute l’année touche bientôt à sa fin et les fêtes de Noël ne seraient plus ce qu’elles sont sans leur traditionnel film d’animation Disney. C’est chose faite avec Raiponce, film librement inspiré du conte des frères Grimm, Rapunzel.

Il était une fois...

Comme bien souvent, Disney a choisi cette année de sortir de sa manche la carte magique de la belle princesse et de son prince charmant, enfin ici un brigand au charme irrésistible, venu (par hasard) à sa rescousse, recette qui fonctionne à tous les coups. On retrouve alors une multitude de clichés bien ancrés, jusqu'à la blondeur des cheveux, et en découlent des personnages bien souvent trop caricaturaux, ou déjà vus.
Raiponce, jeune fille aux cheveux magiques, a toujours vécu enfermée dans une tour ne connaissant absolument rien du monde extérieur. Cela donne alors l’occasion aux réalisateurs d’aborder le thème de l’émancipation, de la découverte d’un tout nouvel univers et des sensations qui l’accompagnent tout en gardant un pied bien posé dans le conte de fées où l’amour triomphe toujours. Ceci fait donc de Raiponce un personnage oscillant entre la figure de l’héroïne rebelle (Ariel, Jasmine, Mulan, Pocahontas) et celle de la princesse classique à la mode Disney (Belle, Aurore, Cendrillon ou bien encore Blanche-Neige) associant, plutôt bien cela dit, un aspect traditionnel auquel se mêle une petite touche de modenrité. Cependant, les personnages, notamment principaux, restent malheureusement trop dans la caricature et ne surprennent aucunement le spectateur.

Action et humour à la rescousse

Heureusement, le film s’appuie sur un scenario bien ficelé et des scènes d’action et de courses poursuites assez nombreuses et bien réalisées, et même punchy, qui donnent au film un rythme soutenu, maintenant le spectateur dans ce récit très classique.
À ces scènes d’action viennent s’ajouter une dose d’humour et un ton décalé bien trouvés, où la voix de Romain Duris fait merveille. Cet esprit décalé se retrouve notamment dans une scène superbe de drôlerie où plusieurs bandits de grand chemin se transforment en de véritables rêveurs au grand coeur, avec à leur tête une sorte de Cupidon quelque peu lubrique.
Disney joue également la carte de l’humour grâce aux personnages secondaires qui apparaissent, comme toujours ou presque, sous les traits d’animaux humanisés. On fait alors la rencontre ici de Pascal, tout petit caméléon (sorte de Jimmy Cricket) qui se prend pour le garde du corps de Raiponce, et de l’hilarant Maximus, cheval de la garde royale, grand justicier du royaume et qui prend son rôle très au sérieux. Clairement il vole la vedette. Avec la poêle. Accessoire important.

La musique qui fait flop

Mais la grande absente du film reste la musique. Là où Disney nous avait habitué à des univers musicaux riches et entraînants, il n’y a... rien. Tout est niais. Aucun thème ne nous emporte véritablement et aucun air ne nous trotte dans la tête les jours suivants comme ce pouvait être le cas avec Aladdin, Le livre de la jungle et la plupart des films Disney en général. Même La Princesse et la grenouille (film des fêtes de l’année dernière) qui n’était peut-être pas une grande réussite des studios Disney avait tout de même le mérite de plonger dans un univers musical swingant, berçant ainsi le spectateur aux sons enivrants du jazz de la Nouvelle-Orléans. Alan Menken, compositeur notamment des musiques de La petite sirène, Aladdin, Pocahontas ou encore La Belle et la Bête, nous avait en effet habitué à beaucoup mieux.

Raiponce n’est donc pas un grand coup de coeur Disney mais reste néanmoins un bon divertissement dans lequel l’action et l’émotion trouvent leur place dans des décors somptueux, bien que parfois un peu trop lisses, dont on gardera à l'esprit la très belle scène des lampions qui, par milliers, surplombent le lac où nos deux tourtereaux ne demandent qu’à s’embrasser...
Depuis La belle et la bête, on reste sur notre faim. Si Raiponce a une chevelure qui donne de nombreux gags et astuces de scénario, la méchante mère reste trop linéaire pour être machiavélique. C'est son emprise et sa folie qui font le travail. Bien sûr elle est taquine, narcissique, égoïste. Elle a de bons dialogues, là encore flirtant avec l'auto-dérision. "Tu ne partiras jamais de cette tour, tu m'entends?, jamais! ... Ah parfait, c'est encore moi qui vais passer pour la méchante." Mais sa fin reste très sage et presque douce, comparé aux morts atroces des grandes Reines maudites des classiques de Disney. C'est d'autant plus étonnant que la mise en scène joue énormément sur le vertige et la verticalité : on s'attendait à une chute plus spectaculaire.

Mais c'est suffisamment classique, drôle et vif, avec sa dose de passion, e romance, de cascades, de catastrophes et de méchants pour plaire à toutes les générations. Un film sans risque, dans un décor germanique, qui trouve sa magie dans une séquence : l'envol des lanternes, qui rappellent Là-haut et les Miyazaki.
 
Morgane

 
 
 
 

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