Avec Dark Waters, Todd Haynes s'invite dans le film engagé (côté écolo), le thriller légaliste et l'enquête d'un David contre Goliath. Le film est glaçant et dévoile une fois de plus les méfaits d'une industrialisation sans régulation et sans normes.



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No et moi


France / 2010

17.11.2010
 



JE VAIS MAL, NE T’EN FAIS PAS





«- J’envie les autres. Je suis sûre qu’ils ont quelque chose que je n’ai pas. En tout cas, ils n’ont pas peur. Ils n’ont peur de rien.»

Depuis Se souvenir des belles choses, on sait que le cinéma de Zabou Breitman n’est pas avare en sensibilité. No et moi ne fait pas exception. Mais Zabou délaisse son exercice de style précédent (Je l’aimais) pour revenir à un sujet plus sociologique. Après la maladie d’alzheimer et l’homosexualité, elle aborde le tème des sans abris, et notamment chez les jeunes 70% des SDF de 16 à 18 ans sont des filles). Plus que louable intention, d’autant que la cinéaste n’hésite pas à livrer des éléments pédagogiques pour bien comprendre l’étendue de ce problème caché.

Mais aussi bonnes les intentions soient-elles, cela ne fait pas forcément un grand film. No et moi est un drame acceptable, parfois émouvant, vraiment pas inintéressant, mais, de manière regrettable, l’ensemble est brouillon, désarticulé.

La lycéenne bobo surdouée mais solitaire rencontre une fille de la rue, déjà adulte, vieillie, alcolique, méfiante. Opposition des genres, des classes. Le duo de comédiennes créé une alchimie particulière, entre complicité et singularité. De même, l’arrivée du copain de classe, bourgeois laissé à lui-même dans un vaste appartement déserté par la mère, pour former un trio amène des souffles de joie et l’énergie de la jeunesse.

A l’inverse, les parents sont mal traités : mère qui renie sa progéniture, une autre qui vit sa vie sans se soucier de son fils, et enfin les géniteurs de la jeune lycéenne de 13 ans, dépressifs, absents, dévastés par un drame et qui en oublient la survivante.

La première moitié du film nous emporte dans ce tourbillon de vie. Entre le monde dur, grossier, rude, violent, incertain, enragé et résigné des sans domiciles fixes et le confort endormant, poli, happé par les rituels ennuyeux, trop tracé de la classe moyenne parisienne, Breitman se sort bien de ce choc des contrastes. Elle pointe les absurdités d’un monde où chacun s’ignore et où l’entraide n’existe plus.

Elle conclut cette première moitié om chacun se jauge et s’apprivoise avec l’intégration de la jeune SDF dans l’appartement de la lycéenne. L’insertion est cathartique. La jeune lycéenne s’intègre à un groupe de sa classe, ses parents se remettent à vivre, la sans abri trouve un boulot et prend gout aux loisirs.

Mais parallèlement, la cinéaste surcharge son film de figures de styles qui nous dévient du drame. Une séquence animée rock, des digressions cocasses, comblent ce qui est en train de naître sous nos yeux : un scénario qui se vide, qui perd son rythme et son intérêt. Plus rien à dire, montrer, autre qu’une chronique sans intrigue d’une vie adolescente. Le film nous égare et nous mène dans une impasse. L’amitié entre les deux filles est le seul pilier de cette seconde partie qui les sort de leur mal être, et ne suffit pas à nous captiver, malgré le talent des uns et des autres.

Les scènes tournent à vide, les quelques rebondissement s’enchaînent avec difficulté. Le final furtif conclut presque trop sèchement un film qui n’a pas tenu toutes ses promesses et nous laisse un peu frustré par son manque de dramaturgie. On retrouve là les défauts de L’homme de sa vie


 
vincy

 
 
 
 

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