Avec Dark Waters, Todd Haynes s'invite dans le film engagé (côté écolo), le thriller légaliste et l'enquête d'un David contre Goliath. Le film est glaçant et dévoile une fois de plus les méfaits d'une industrialisation sans régulation et sans normes.

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Une vie de chat


France / 2010

15.12.2010
 



LA PATTE AU COLLET





« - tu veux pas me parler? t’as donné ta langue au chat? »

Depuis quinze ans chez Folimage, le duo Alain Gagnol et Jean-Loup Felicioli nous présente, après une quinzaine de courts, leur premier long métrage, Une vie de chat. Véritable polar animé, Une vie de chat est un vrai régal, tant au niveau du scenario que de la conception graphique ou encore de la musique. Le savant mélange des trois est tout simplement parfait !

Un vrai polar digne de ce nom

Alain Gagnol, réalisateur, scenariste et dialoguiste, plonge en profondeur dans l’univers du polar, à la fois sombre et drôle, s’inspirant des grands maîtres américains du film noir. Pour le plus grand plaisir du spectateur, Alain Gagnol a glissé quelques clins d’oeil au fil de son histoire. Une référence au Joe Pesci des Affranchis de Scorsese par-ci, une autre au Reservoir Dogs de Tarantino par-là, les Mr. Pink, Blonde, White, Orange, Brown and Blue devenant alors Messieurs Bébé, Grenouille, Patate et Hulot.
Le scenario, recherché et bien ficelé, tient le spectateur en haleine du début à la fin. S’y mêlent alors suspense et aventure qui savent aussi laisser la part belle à l’humour (principalement chez les gangsters qui sont plus bras cassés qu’ils ne font peur) et à l’émotion (dans le personnage de Zoé qui s’est murée dans le silence depuis que son papa a été assassiné). Chaque personnage est alors très travaillé et a son caractère bien à lui. Alain Gagnol a su également donner à Paris son propre rôle et son propre visage qui pourra en surprendre plus d’un par certains détails abracadabrants. Mais après tout, si le film d’animation ne peut pas déformer quelque peu Paname, à quoi bon ?

Un univers pas comme les autres

À un scenario très bien écrit s’ajoute un univers graphique très particulier et le mélange des deux est détonant.
Jean-Loup Felicioli marque de sa patte Une vie de chat. Chaque plan ressemble à un tableau (ce n’est pas pour rien si, à l’origine, Jean-Loup Felicioli rêvait d’être peintre) et ce n’est pas le spectaculaire qui prime. Ici, nous sommes très loin de la 3D, du grand spectacle et des effets spéciaux qui veulent en mettre plein la vue. Ce qui prévaut dans les studios Folimage c’est l’imaginaire, le fait-main et la poésie qui en découle. Le réalisme n’est pas nécessairement non plus l’effet recherché; les personnages, très ancrés dans la réalité peuvent au plan suivant se tordre et s’étirer comme de la pâte à modeler. Le graphisme époustouflant de Jean-Loup Felicioli a alors choisi ce parti pris de mettre en avant un dessin biscornu et des proportions disproportionnées qui font tout le charme de ce dessin animé pas comme les autres.

Le jazz colle aux pattes

Un autre acteur, et pas des moindres, vient s’ajouter à ce joli couple scenario/graphisme pour le rendre encore plus fort : la Musique. Le compositeur, Serge Besset, sait que le jazz et le polar s’accordent souvent à merveille. Pourquoi donc en serait-il autrement avec un polar animé ? Le jazz vient accompagner les personnages du film dans leurs virées nocturnes sur les toits de Paris, pour la plus grande joie du spectateur qui tantôt se laisse emporter les yeux fermés ou bien frissonne avec le jazz angoissant d’une course poursuite. Car doux et mystérieux comme sait l’être un chat, le jazz peut aussi sortir les griffes pour accompagner le suspense et la tension d’un polar digne de ce nom.

Une vie de chat est un de ces petits bijoux d’animation qui surprendra par son univers et envoûtera tous les spectateurs, sans limite d’âge. À voir sans modération pour se laisser emporter au coeur d’un univers peu ordinaire.

(Ne soyez pas en retard lors de votre séance car le film est précédé d’un court métrage tout en ombres chinoises qui saura vous mettre en appétit - La queue de la souris de Benjamin Renner).
 
morgane

 
 
 
 

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