Ne croyez pas que je hurle est le joyau tant attendu de l'année. Film expérimental et sentimental, audace narrative et visuelle, cette expérience signée Frank Beauvais est aussi délicate que mélancolique, curieuse que hypnotique.



Betty Marcusfeld
Cervin, la montagne du monde
Chambre 212
Donne-moi des ailes
Jacob et les chiens qui parlent
Joker
La fameuse invasion des ours en Sicile
La grande cavale
Nos défaites
On va tout péter
Papicha
Pour Sama
Quelle folie
Soeurs d'armes
Tout est possible



Parasite
Le Roi Lion
Une Fille facile
Viendra le feu
Deux moi
Un jour de pluie à New York
Bacurau
Ne croyez surtout pas que je hurle
Alice et le Maire
Les mondes imaginaires de Jean-François Laguionie



L'œuvre sans auteur
Comme des bêtes 2
Fast and Furious: Hobbs and Shaw
Le Gangster, le Flic et l’Assassin
Once Upon a Time... in Hollywood
Perdrix
Playmobil, le film
Une grande fille
Roubaix, une lumière
Thalasso
Les Baronnes
Late Night
Hauts perchés
Frankie
La vie scolaire
Fête de famille
Les hirondelles de Kaboul
Liberté
Jeanne
Music of My Life
The Bra
Tu mérites un amour
De sable et de feu
Ad Astra
Trois jours et une vie
Portrait de la jeune fille en feu
Au nom de la terre
Downton Abbey
Port Authority
Atlantique
Gemini Man






 (c) Ecran Noir 96 - 19


  



Donnez votre avis...


Nombre de votes : 14

 
Les émotifs anonymes


France / 2010

22.12.2010
 



CENT PEURS ET SANS PROCHES





"- J’ai peur.
- de quoi ?
- d’à peu près tout.
"

Cinéphiles, anonymes ou non, précipitez-vous devant cette jolie comédie colorée et fine où les timides, les hyper-émotifs et les maladroits de la vie prennent enfin leur revanche après des siècles d’oubli ou de moqueries. Cette fois, ce sont eux les héros, et ils démontrent avec brio que ce trop plein d’émotions qui les encombre peut aussi se transformer en une formidable énergie.

D’un point de vue purement cinématographique, c’est bien sûr un excellent ressort comique et dramaturgique, dans la mesure où les personnages sont leurs propres ennemis, posant eux-mêmes les barrières qui les séparent du bonheur. C’est ainsi pour Jean-Pierre Améris l’occasion de détourner mille petites situations du quotidien (un entretien d’embauche, un premier rendez-vous, une conversation entre collègues…) qui, vécues avec la perception particulière des personnages, peuvent tourner au cauchemar. Et si l’on rit (souvent, et de bon cœur), c’est que leurs maladresses et leurs peurs font étrangement écho aux nôtres. Qui n’a jamais été à cours de sujet de conversation lors d’un calamiteux dîner en tête à tête ? Qui n’a jamais bredouillé des paroles incompréhensibles à un moment-clef de sa vie ?

La force du récit repose sur une grande simplicité dans la construction et le déroulement de l’intrigue. Chaque face à face entre les deux protagonistes permet ainsi de faire progresser l’histoire tandis que les réunions des émotifs anonymes et les séances chez le psy sont l’occasion de connaître l’évolution des sentiments de chacun. Ces deux types de séquences se répondent d’un bout à l’autre du film, montrant parfois l’adéquation et souvent l’opposition entre ce que les deux héros souhaitent ou éprouvent, et la manière dont ils agissent en réalité. Toute la tension des personnages (entre leur désir d’exister pleinement et leur peur de le faire) est de ce fait perceptible sans avoir besoin d’être clairement exprimée.

L’écriture subtile de Jean-Pierre Améris vient par ailleurs renforcer la légèreté pétillante des situations. On sent affleurer à maintes reprises l’amour que le réalisateur porte au cinéma en général et à la comédie romantique en particulier, notamment dans ses choix esthétiques quasi atemporels. Même ses personnages semblent un peu d’un autre temps, lunaires et désuets, incarnés à la perfection par Isabelle Carré (que l’on croirait tout droit sortie d’un film de Howard Hawks) et Benoit Poelvoerde, qui a brutalement un petit quelque chose de Cary Grant et James Stewart. Lorsqu’il dit avec une sincérité désarmante, "Je n’ai pas de problème avec les femmes. Elles me terrorisent, c’est tout.", on est tout simplement sous le charme. C’est là le meilleur atout du film : faire naître l’émotion derrière la fantaisie et la légèreté, ce qui est le secret des comédies réussies. Merci pour le chocolat.
 
MpM

 
 
 
 

haut